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Rémunération des médias : En Australie, Microsoft propose de remplacer Google qui menace de se retirer

Vu ailleurs Microsoft voit le conflit entre Google et Canberra comme une opportunité d'imposer son moteur de recherche Bing, deuxième sur le marché, comme alternative. En effet, Google a menacé de rendre son moteur indisponible si l'Australie ne retirait pas son projet de loi qui lui impose de verser une somme aux éditeurs de presse pour la reprise de leurs contenus.
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Rémunération des médias : En Australie, Microsoft propose de remplacer Google qui menace de se retirer
Rémunération des médias : En Australie, Microsoft propose de remplacer Google qui menace de se retirer © Microsoft

Microsoft propose son moteur Bing, rebaptisé Microsoft Bing en octobre dernier, comme alternative à Google qui pourrait bientôt disparaitre en Australie. En effet, face à un projet de loi visant à la contraindre de rémunérer les éditeurs de presse pour la reprise de leurs contenus, la firme de Mountain View a menacé de suspendre son moteur de recherche en guise de protestation.

A noter que bien que Bing Microsoft soit le deuxième moteur de recherche le plus populaire d'Australie, il n'occupe que 3,7% de parts de marché sur ce territoire, contre 95 % pour Google, d'après L'Australian.

Un échange entre Satya Nadella et Scott Morisson
Le CEO de Microsoft, Satya Nadella, s'est entretenu avec le Premier ministre australien Scott Morisson, qui est bien décidé à ne pas se laisser intimider par les menaces de Google, d'après Reuters. "Quand je lui ai parlé, Satya Nadella était assez confiant", a déclaré le Premier ministre, refusant d'en dire davantage. "Nous voulons simplement que les règles du monde numérique soient les mêmes que celles qui existent dans le monde réel", a ajouté le haut fonctionnaire.

De son côté, Microsoft a refusé de commenter cet échange.  "En ce qui concerne la controverse actuelle sur un éventuel code de conduite régissant Google et Facebook, Microsoft n’est pas directement impliqué et nous ne souhaitons pas faire de commentaires sur le processus en cours", a simplement expliqué un porte-parole de la société américaine dans un communiqué. En effet, le code de conduite australien ne vise pas spécifiquement Bing mais se réserve le droit d'imposer ses nouvelles règles à d'autres moteurs de recherche et agrégateurs d'information, en dehors de Google et Facebook. 

Facebook veut convaincre Canberra de reculer
Facebook, qui est visé dans le code de conduite, est également entré en discussion avec Canberra. "Nous nous engageons activement avec le gouvernement australien dans le but de trouver un cadre viable pour soutenir l'écosystème des médias", a déclaré un porte-parole de Facebook. Mais ces échanges n'ont pas l'air d'avoir encore porté leurs fruits. "Non, Mark Zuckerberg ne m'a pas convaincu de reculer, si c'est ce que vous vous demandez", a déclaré Josh Frydenberg, ministre des Finances à l'Australian Broadcasting Corp (ABC), le diffuseur public national. 

Cette nouvelle réglementation ne plaît pas non plus du tout à Washington. Le Bureau du représentant américain chargé du commerce regrette un projet de loi "lourd" qui ciblera "exclusivement" deux entreprises américaines "sans avoir au préalable établi de violation du droit australien ou de défaillance du marché".

Google trouve un compromis avec les médias français
En France, des questions similaires se posent depuis l'entrée en vigueur d'un texte européen qui a instauré un droit voisin au droit d'auteur obligeant les agrégateurs d'information et les moteurs de recherche de payer les éditeurs pour la reprise des contenus. Pour contourner cette règle, Google avait modifié l'affichage de ses actualités.

Les éditeurs avaient alors décidé de déposer un recours devant l'Autorité de la concurrence. Après plusieurs mois de conflits, l'Alliance de la Presse d'Information Générale (Agip), qui regroupe plus de 300 journaux français, a finalement trouvé un terrain d'entente avec Google il y a quelques jours. 

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