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Rémunération des médias : Facebook lève son blocage sur le partage d'articles en Australie

Facebook a finalement décidé de lever le blocage de partage d'articles à la suite d'un compromis avec Canberra. Depuis quelques jours, les utilisateurs australiens du réseau ne pouvaient plus consulter les liens d'informations provenant de médias locaux ou internationaux. A l'international, les internautes n'avaient plus accès aux informations australiennes. C'était la réponse de l'entreprise américaine à un projet de loi qui exigeait de Google et Facebook de rémunérer les éditeurs de presse pour la reprise de contenus sur leurs plateformes.  
mis à jour le 23 février 2021 à 08H54
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Rémunération des médias : Facebook lève son blocage sur le partage d'articles en Australie
Rémunération des médias : Facebook lève son blocage sur le partage d'articles en Australie © Thought Catalog/Unsplash

Mise à jour (23/02/2021) : Facebook vient d'annoncer qu'il lèverait "dans les prochains jours" le blocage de partage d'articles, en vigueur depuis quelques jours en Australie. Il a réussi à trouver un compromis avec le gouvernement sur une nouvelle version du "code de conduite" visant à contraindre les agrégateurs d'information à rémunérer les éditeurs de presse pour la reprise de leurs articles. Le contenu des amendements n'est pas connu.

Article original : 

Facebook a mis ses menaces à exécution. Il a annoncé dans un billet de blog qu'il restreignait le partage de contenu d'actualités en Australie sur son réseau social.

En pratique, cela signifie que les éditeurs de presse australiens ne peuvent plus partager ou publier du contenu sur leurs pages Facebook. Les internautes australiens ne peuvent pas afficher ou partager du contenu d'actualités, qu'elles soient australiennes ou internationales. A l'international, les utilisateurs du réseau social ne peuvent plus non plus afficher ou partager des actualités de médias australiens. 

Certains services étatiques sont bloqués
Mais cette mesure a également des conséquences sur les pages officiels de certains services étatiques. Ainsi, plusieurs services de secours australiens se disent affectés par ce blocage. La page du service de météorologie gouvernemental est également concernée, d'après un tweet de la ministre de l'Environnement, Sussan Levy. Les départements de santé d'au moins trois Etats, qui publient régulièrement des mises à jour sur la situation pandémique, sont eux aussi touchés.

Ce blocage est une réponse au nouveau code de conduite, initié par le gouvernement australien, qui obligera Facebook et Google, en tant qu'agrégateurs d'informations, à payer les éditeurs de presse pour la reprise de leurs articles l'un sur son réseau social l'autre sur son moteur de recherche.

"Le projet de loi ne comprend absolument pas la relation entre notre plateforme et les éditeurs qu'ils l'utilisent pour partager du contenu", critique William Easton, le directeur général de Facebook Australie et Nouvelle-Zélande, signataire du billet de blog.

Le projet a été adopté par la chambre des représentants
Depuis quelques jours, le calendrier s'est accéléré puisque vendredi dernier, la chambre des représentants a adopté le texte sans réserve estimant qu'il "fournit les bases d'une relation plus équitable entre les médias et Google et Facebook". Le projet est désormais devant le Sénat.

Il était donc urgent d'agir, d'après Facebook. "Nous étions face à un choix difficile : tenter de se conformer à une loi qui ignore les réalités de cette relation (entre le réseau social et les éditeurs, ndlr) ou interdire le contenu d'actualité sur nos services en Australie. Le cœur lourd, nous choisissons cette dernière option", tranche William Easton.

L'entreprise américaine estime que la relation qu'elle entretient avec les éditeurs leur est déjà très favorable. En effet, "Facebook a généré environ 5,1 milliards de références gratuites à des éditeurs australiens d'une valeur estimée à 407 millions de dollars australiens", détaille William Easton. Or, pour le réseau social, "le gain commercial" est minime car les actualités représentent "moins de 4 %" du contenu que les internautes voient dans leur fil d'actualité.

Facebook veut se différencier de Google
Facebook trouve donc que la législation australienne est injustifiée puisqu'elle lui demande de payer pour des contenus qui ne lui apportent aucune valeur ajoutée, poursuit le directeur général de Facebook Australie. C'est ce qui le différencie de Google, ajoute-t-il. En effet, "Google Search est inextricablement liée aux actualités et les éditeurs ne fournissent pas volontairement leur contenu", écrit-il dans son billet de blog.

Alors qu'il avait menacé de bloquer son moteur de recherche, Google s'est finalement accordé avec le groupe de presse News Corp qui détient une grande partie des médias australiens. Dans le cadre de cet accord, dont le montant n'est pas connu, des articles et des vidéos seront également partagés sur News Showcase, la plateforme de Google dédiée aux éditeurs de presse. 

Le gouvernement refuse de reculer
La décision de Facebook a été très mal reçue par Canberra qui reste résolue à mettre en œuvre ce texte. "Facebook a eu tort. Les mesures prises par Facebook sont inutiles, autoritaires et vont nuire à sa réputation ici en Australie", a déclaré le ministre australien des finances, Josh Frydenberg.

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