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Renault déploie une blockchain pour tracer et certifier la conformité des pièces de ses voitures

Avec son projet XCEED, Renault veut mettre en place une blockchain pour assurer la traçabilité de la conformité réglementaire des milliers de pièces détachées qui composent ses véhicules. Un projet qui implique de nombreuses parties prenantes et doit lui permettre d'accéder rapidement à l'ensemble de ces informations de conformité.
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Renault déploie une blockchain pour tracer et certifier la conformité des pièces de ses voitures
Renault déploie une blockchain pour tracer et certifier la conformité des pièces de ses voitures © Renault

Renault déploie une blockchain pour tracer et certifier la conformité réglementaire des composants et sous-composants d’un véhicule de la conception à la production. Soit des milliers de pièces détachées répondant à différents critères de certification. Retour sur la genèse de ce projet baptisé XCEED pour eXtended Compliance End to End Distributed, dont le but est de faciliter la traçabilité de l'ensemble des composants d'un véhicule.

Simplification de l'accès aux données de conformité
Les véhicules sont composés de plusieurs milliers de pièces détachées devant répondre chacune à des certifications et des normes de sécurités différentes. Lorsque Renault doit accéder à l'état de conformité d'un véhicule à un instant donné, cela peut lui prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours, le temps de contacter directement toutes les parties impliquées. "La blockchain permet d'avoir des échanges plus directs et de passer au temps réel ou au quasi temps réel", affirme à L'Usine Digitale Odile Panciatici, vice-présidente blockchain chez Renault.

La technologie de blockchain Hyperledger Fabric a été sélectionnée par Renault et IBM, qui est l'intégrateur de la solution. Puis le constructeur a choisi son usine de Douai pour tester le projet. Cinq équipementiers et six sites industriels de partenaires ont rapidement été séduits malgré les changements quant aux outils à maîtriser et le partage de données parfois sensibles. De son côté, IBM a travaillé en amont avec les différents responsables d'équipes pour comprendre comment ils travaillent et adapter l'outil pour qu'il soit le moins intrusif possible.
 



Paramétrage des accès sur la blockchain
Concrètement, chaque fournisseur se connecte à une plateforme avec ses identifiants. Il peut entrer les données de certification dont il dispose et "faire des recherches par lot et par véhicule pour vérifier tous les tests effectués", résume Vincent Fournier, senior managing consultant Blockchain chez IBM. Les différents accès ont été paramétrés en amont pour bien définir qui peut télécharger quelles données et qui peut accéder aux différentes informations.

"Au-delà de la technologie, le point hyper important est celui de la gouvernance et la question de savoir qui peut accéder à quelles données", abonde Odile Panciatici. Quand différents acteurs, qui ne se connaissent pas forcément et proviennent de milieux différents, se retrouvent à télécharger des données sur une même plateforme, il faut pouvoir en gérer et contrôler ces accès. L'expérience menée à Douai a aussi permis de rassurer le constructeur sur ce point.

Renault Veut élargir les acteurs impliqués
Le déploiement de la blockchain a aussi permis de tester la volumétrie et la capacité de celle-ci. "En trois mois, un million de documents ont été téléchargés", déclare Odile Panciatici. Cette technologie doit être en capacité de répondre à des besoins en données extrêmement importants. C'est l'un des points fort de la blockchain Hyperledger Fabric, qui "est reconnue pour sa maturité et peut répondre à des cas d'usage en entreprise", ajoute Vincent Fournier.

Renault travaille sur la blockchain depuis 2015. Cette technologie "est un outil de compétitivité et un vecteur de transformation pour les industries qui montre pleinement sa valeur lorsqu'elle est utilisée sur une échelle transversale", explique Odile Panciatici. La certification des composants d’un véhicule répond à ce critère puisque de très nombreux acteurs sont impliqués. Renault ambitionne déjà de déployer son projet XCEED dans plusieurs usines et d'élargir le nombre d'acteurs impliqués dans le courant de l'année 2021. Si le constructeur semble s'est fixé un planning ambitieux, il ne donne pas encore de date précise sur les déploiements à venir.

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