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Repoussée par la Chine, la Silicon Valley fait les yeux doux au Japon

En quelques jours, Twitter, Google et Netflix ont annoncé des développements de leur activité au pays du Soleil-Levant. Alors que la Chine refuse les américains du numérique sur son territoire, le Japon, amoureux de technologie, pourrait devenir un nouveau pôle d’attraction.
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Repoussée par la Chine, la Silicon Valley fait les yeux doux au Japon
Repoussée par la Chine, la Silicon Valley fait les yeux doux au Japon © Site Twitter

Coïncidence ou signal faible ? En ce début septembre, plusieurs grands du numérique ont annoncé des développements au Japon. Un pays d’Asie pourtant moins souvent dans la ligne de mire de la Silicon Valley que la Chine, la Corée, l'Inde ou l'Indonésie, par exemple. Google a ainsi lancé son streaming musical, Google Play Music, quelques jours à peine après que Netflix annonce que son déploiement en Asie commence par l’archipel. Twitter, lui, a annoncé l’ouverture d’un centre de développement qui devrait accueillir une dizaine d'ingénieurs pour commencer.

 

Il faut avouer que le marché chinois avec son 1,4 milliard d’habitants a beau être séduisant pour ces géants américains, il reste très complexe à aborder aussi bien politiquement que commercialement. Le Japon pourrait-il constituer une solution de repli, ou une plate-forme de déploiement vers toute l’Asie ?

 

Le pays qui aimait Twitter
Si l’on en croit Twitter, l’archipel est un des cinq pays les plus férus de son service. 90% des grandes entreprises japonaises l’utiliseraient, selon Shailesh Rao, VP des opérations internationales, cité par l’AFP. Et ses recettes publicitaires y auraient triplé en 2014. Alors que Twitter peine à faire croître son nombre d'utilisateurs et ses revenus, l’archipel pourrait constituer un terreau de développement favorable.


Pour Jean de Chambure, directeur conseil de L’Atelier Asie, la maturité locale des usages compte sans doute pour beaucoup dans les décisions des géants californiens de s’intéresser au Japon. Le pays est indéniablement féru de numérique depuis longtemps. Qu’il s’agisse des robots domestiques pour les plus anciens ou des échanges vidéo ou des jeux pour les plus jeunes, sans compter des habitudes de commerce en ligne qui passent aussi par les réseaux sociaux. "Twitter essaiera sûrement de développer de la publicité basée sur la recommandation, par exemple," précise Jean de Chambure. L’Américain s'y installe effectivement pour observer les habitudes asiatiques, et pas seulement japonaises, et adapter son service en fonction. Il avait déjà procédé de même en ouvrant un site de développement à Londres pour adapter Twitter aux spécificités européennes.


Se libérer de la Chine
Quant à Google, pour Jean de Chambure, il ouvrirait son streaming musical au Japon plutôt pour profiter d'une fenêtre d'intérêt dans le pays. De plus, comme le rappelle Étienne Roché, strategy analyst pour L’Atelier, "les intérêts du numérique sont toujours alignés sur des logiques géostratégiques. Et l’an dernier, Google a justement investi avec d’autres dans le futur câble de fibre optique sous-marine qui reliera Japon et USA". Histoire de se libérer peut-être de l’autre liaison entre les deux continents. Celle qui passe par la Chine.


Il n’est un secret pour personne que les acteurs du numérique américains sont persona non grata dans l’Empire du Milieu. Censure politique, mais aussi volonté de protéger les intérêts économiques locaux, puisque la Chine dispose de ses propres moteurs de recherche, sites de e-commerce, media sociaux (le trio Baidu, Alibaba, Tencent)... Sans doute une autre raison pour que les géants de la Silicon Valley fassent les yeux doux aux accueillants Japonais.

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