Salesforce va-t-il rester le leader du cloud ?

A l’occasion de son évènement Dreamforce, Salesforce affiche sa réussite dans le cloud computing et se pose en leader du marché. Une position âprement contestée par Amazon et IBM.

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Salesforce va-t-il rester le leader du cloud ?

Jusqu’où ira Salesforce ? Non content d’être le spécialiste incontesté de la gestion de la relation client en ligne, l’américain se pose en leader du cloud computing, tous services confondus. Il a profité de Dreamforce, son évènement organisé à San Francisco, aux Etats-Unis, du 18 au 21 novembre, pour afficher ses forces dans le domaine. Ses résultats financiers ont de quoi faire pâlir d’envie les géants traditionnels de l’informatique, que sont HP, IBM, Microsoft ou Oracle. "La vieille garde de la high-tech", comme les appelle Andy Jassy, le patron d’Amazon Web Services.

Salesforce leader des logiciels à la demande (SAAS)

Au dernier trimestre 2013, Salesforce affiche un chiffre d’affaires de 1,08 milliard de dollars, en progression de 36,5% par rapport au troisième trimestre 2012. Une surprise pour les analystes qui s’attendaient au mieux à 1,05 milliard de dollars. Une partie de ce résultat (81 millions de dollars) provient de l’acquisition en juillet 2013 d’ExactTarget, une société de marketing par mail, pour 2,5 milliards de dollars. "Nous sommes la première entreprise à dépasser le milliard de chiffre d’affaires par trimestre sur le marché du cloud computing", affirme Marc Bénioff, PDG de Salesforce. Un beau succès. D’autant que Salesforce se cantonne aux services en ligne de gestion de la relation client (CRM pour Customer relation management), qui appartiennent à l’un des trois grands segments du cloud computing, celui des logiciels à la demande connu sous le sigle SAAS (Software as a service). Selon les analystes, Salesforce devrait terminer l’année avec 4 milliards de dollars de chiffre d’affaires, puis passer à 5,2 milliards de dollars en 2014 et 6,2 milliards de dollars en 2015.

Amazon se cantonne à l’infrastructure (IAAS)

Deux concurrents lui disputent le leadership sur le marché. Le premier est Amazon Web Services (AWS), présent, lui, uniquement sur le segment de l’infrastructure de traitement, stockage et communication du cloud, connu sous le sigle IAAS (Infrastructure as a service). La filiale d’Amazon dans le cloud computing ne dévoile pas ses chiffres. Mais selon Jeffrey Hammond, analyste au cabinet Forrester Research, elle a franchi la barre d’1 milliard de chiffre d’affaires au dernier trimestre 2013. D’après les prévisions de MacQuarie Capital, elle devrait atteindre 3,8 milliards de dollars cette année et 8,8 milliards de dollars en 2015, ce qui la propulserait en tête du marché.

IBM seul sur les trois segments : IAAS, PAAS, SAAS

L’autre acteur du podium est IBM. Big Blue a l’avantage d’être présent dans les trois segments du cloud : l’IAAS, le SAAS et le PAAS (Plateform as a service, services pour les développeurs de logiciels et d’applications). Selon les analystes, il devrait réaliser 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le cloud cette année. Mais l’objectif stratégique d’IBM est d’atteindre 7 milliards de dollars en 2015.

Donc à l’horizon 2015, AWS, IBM et Salesforce devraient représenter le trio de tête du marché du cloud computing. A moins que Google et Microsoft viennent jouer les trouble-fête. Ce qui est probable selon Romain Chaumais, cofondateur et directeur associé d’Ysance, un cabinet de conseil dans les technologies numériques. "Ils sont les seuls à pourvoir se mesurer à Amazon Web Services."

La profitabilité des leaders en question

En plus de l’introduction de nouveaux services destinés à étendre ses services marketing aux mobiles et réseaux sociaux, Salesforces a annoncé, lors de Dreamforce 2013, un partenariat stratégique avec HP visant à supporter l’infrastructure cloud "convergée" de ce dernier. Ainsi, les grandes entreprises, qui disposent de cloud privés construits avec les solutions "convergées" de HP, pourront utiliser des services CRM de Salesforce s’appuyant sur le même type d’infrastructure.

La bataille pour le leadership dans le cloud se fait au détriment de la profitabilité. Ni AWS, ni Salesforce n’est aujourd’hui rentable. Il se pourrait même qu’AWS ne le soit jamais, prévient Jeffrey Hammond, de Forrester Research. Dur, dur d’être un acteur du cloud !

Ridha Loukil

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