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Self emploi, multi-activité, production collaborative : la Fing ausculte les nouvelles formes de travail

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Dans son étude Digiwork entamée début 2013, la Fing a identifié des impacts lourds du numérique sur la place de l’individu au travail. Comme le self emploi, ou la rémunération par les pairs. Le think tank en a dévoilé certains éléments à l’occasion de son événement "Lift TR:availler", les 21 et 22 octobre à Marseille.

Self emploi, multi-activité, production collaborative : la Fing ausculte les nouvelles formes de travail
Self emploi, multi-activité, production collaborative : la Fing ausculte les nouvelles formes de travail © Emmanuelle Delsol

Depuis février 2013, la Fondation Internet Nouvelle Génération (Fing) a entrepris une exploration des façons de "repenser la place de l’individu au travail dans la société numérique". L’étude Digiwork part de ce que le think tank considère comme des usages en marge des pratiques habituelles de travail : la collaboration avec l’extérieur de l’entreprise, la multi-activité, le nomadisme, la mobilité, etc.

Première interrogation : "Nous dirigeons-nous vers un monde du self emploi ?" Certains signes le laissent penser. Ainsi la fondation évoque un nouveau modèle de travailleurs émergeant depuis quelques années, les "slashers". Ils combinent trois types d’activités plus ou moins rémunératrices : un gagne-pain, une passion et une activité dans l’économie collaborative. On aura par exemple un comptable / musicien / chauffeur Uber. Le terme slasher vient justement du terme anglais slash qui désigne cette barre oblique. 

Loin de l’épiphénomène, ils seraient nombreux et représentés au sein de toutes les générations. Même s’ils ne sont pas stricto sensu des slashers, on compterait en France selon la Fing plus de 2,5 millions de personnes cumulant plusieurs activités et plus d’un million et demi d’autoentreprises. Et 40% de la force de travail aux États-Unis pourrait ne plus avoir d’employeur dès 2050.

L’entreprise ouverte à la foule

En regardant la transformation de l’individu au travail, la Fing observe aussi celle des organisations. Et elle fait entre autres le constat du développement d’entreprises étendues jusqu’à la "foule", aux indépendants, aux start-up, et bien au-delà des seuls fournisseurs et sous-traitants. Une entreprise plate-forme, en quelque sorte. Au-delà de l’inévitable exemple des magasins d’apps inventés par Apple, la fondation pointe l’existence de collectifs productifs. Dans le logiciel, dans le monde culturel, mais aussi dans la production de biens physiques. 

C’est le cas de Wikispeed fondé par un ingénieur qui souhaitait concevoir une voiture moins consommatrice d’énergie et moins polluante. Il a simplement, un jour, partagé le déroulement de son projet sur son blog et a très vite reçu de nombreuses propositions de collaboration. À partir de là, trois mois lui ont suffi pour produire son premier prototype avec une quarantaine de bénévoles en réseau, et à la transposition des méthodes agiles de l’informatique à la conception de sa voiture.

Démocratie salariale

Wikispeed compte aujourd’hui 180 bénévoles dans une vingtaine de pays. Des organisations comme celle-ci, à l'image du Canadien Sensorica, concepteur collaboratif de capteurs, ou de la plate-forme de création multimédia américaine Hitrecord appellent aussi de nouvelles formes de répartition de la valeur et donc de rémunération. Comme l’a noté la Fing, la plupart s’appuient sur la valorisation par les pairs.

Ce sont les participants au projet, issus de la foule, qui décident de la répartition de la valeur entre les participants ! Ce que la Fing appelle une forme de démocratie salariale. Plus globalement, conséquence des nouvelles formes de travail et d’organisations, la fondation a observé l’émergence de nouvelles formes de valorisation et par conséquent de rémunération. C’est le cas du paiement d’un ouvrage par la publication d’un tweet, par exemple.

L’ensemble des constats de Digiwork "mettent aujourd’hui en tension les organisations traditionnelles", selon la Fing. Un mouvement qui s’accélère, posant des questions d’organisation, de rémunération, de dialogue social, dont les entreprises mais aussi les organisations syndicales doivent s’emparer dès aujourd’hui, si l’on en croit l’étude.

Emmanuelle Delsol, à Marseille

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