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Semi-conducteurs : les raisons de l'échec de la fusion entre Applied Materials et Tokyo Electron

L’américain Applied Materials et le japonais Tokyo Electron abandonnent leur projet de fusion. En cause : les difficultés d’obtention des autorisations nécessaires. Le Japon évite ainsi de perdre un autre fleuron de son industrie microélectronique.
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Semi-conducteurs : les raisons de l'échec de la fusion entre Applied Materials et Tokyo Electron
Semi-conducteurs : les raisons de l'échec de la fusion entre Applied Materials et Tokyo Electron © DR

Ce devait être la plus grande opération de consolidation dans les équipements de production de semi-conducteurs. La mégafusion entre l’américain Applied Materials et le japonais Tokyo Electron, annoncée en septembre 2013, n’aura finalement pas lieu. Devant les difficultés à obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités américaines de la concurrence, les deux équipementiers des semi-conducteurs préfèrent renoncer à leur projet.

Cette fusion aurait créé la société Eteris, leader mondial des équipements de semi-conducteurs avec un effectif de 26000 personnes, un chiffre d’affaires d’environ 8,5 milliards de dollars en 2013 et une valorisation boursière de 29 milliards de dollars, loin devant le numéro deux du secteur, le néerlandais ASML (chiffre d’affaires de 5,3 milliards de dollars en 2013). Elle devait aider le nouvel ensemble à optimiser ses investissements R&D, améliorer sa compétitivité et reprendre la voie de la croissance.

Une conjoncture défavorable

Après une chute de 16% en 2012, le marché des équipements de production de semi-conducteurs a reculé de 8% en 2013 à 28,8 milliards de dollars, selon Gartner. Applied Materials et Tokyo Electron subissent de plein fouet cette conjoncture défavorable. Après un plongeon de 17% de ses revenus en 2012, le groupe américain a reculé de 1% en 2013 à 5,5 milliards de dollars. La situation est pire pour le japonais. Présent sur des marchés à 77% en déclin selon le cabinet Berenberg, il a vu son chiffre d’affaires fondre de plus de moitié depuis 2007 pour tomber à 3 milliards de dollars en 2013.

"Les deux groupes disposent de réelles synergies à faire jouer, estime Tammy Qiu, analyste au cabinet Beremberg, à Londres. Ils ont peu de recouvrement dans leurs portefeuilles produits. En fusionnant, ils auraient pu optimiser leur R&D et réduire les coûts de distribution." A la clé, une économie escomptée de 250 millions de dollars par an dès la première année et 500 millions de dollars par an à partir de la troisième année.

Les Japonais freinaient des quatre fers

Mais les opérations de fusion-acquisitions entre japonais et occidentaux ne sont pas simples. La fusion entre Applied Materials et Tokyo Electron devait être finalisée en septembre 2014. Elle a été reportée deux fois, d’abord à décembre 2014 puis à mars 2015. "C’est le signe de sérieuses difficultés, analyse Jean-Christophe Eloy. Car lorsqu’il s’agit de consolidation, les Japonais préfèrent jouer la carte nationale."

Depuis son annonce, le projet a fait couler beaucoup d’encre au Japon. Le pays du soleil levant, qui a perdu son dernier fabricant de mémoires vives Elpida Memory, racheté en 2013 par l’américain Micron Technoloy, voyait d’un mauvais œil la perte d’un autre fleuron de son industrie microélectronique. Applied Materials et Tokyo Electron ne le disent pas. Mais c’est peut-être une raison de plus qui explique l’échec de leur projet de fusion.

Ridha Loukil

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