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Seul un tiers des investissements de grands groupes dans des start-up sont des succès

Étude Si les grands groupes mettent la main au portefeuille pour investir dans les start-up, seulement un tiers de ces rapprochements capitalistiques sont des succès, selon une étude publiée par le BCG et RaiseLab. Au global, les investissements directs par des entreprises françaises dans des start-up ont été multipliés par 10 depuis 2012. Les fonds de Corporate Venture Capital (CVC) se sont fait une place au sein de l'écosystème français aux côtés des fonds plus traditionnels.
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Seul un tiers des investissements de grands groupes dans des start-up sont des succès
Seul un tiers des investissements de grands groupes dans des start-up sont des succès © pexels

Les entreprises regardent de très près ce que font les start-up. En France, de nombreux fonds d'investissements ont été créés par des entreprises ces dernières années. Ces Corporate Venture Capital (CVC) complètent le paysage des fonds de VC classiques avec un positionnement  différents puisque souvent les CVC investissent dans une start-up en vue d'un partenariat approfondi avec cette dernière. Le BCG et RaiseLab ont publié une étude* début juin 2022 sur les investissements des grandes entreprises dans les start-up.
 

Multiplication des investissements

L'étude note une multiplication par dix des investissements directs par des entreprises françaises dans des start-up depuis 2012, même si la croissance de ces investissements ralentis depuis 2016. 480 opérations ont été financées par des CVC en 2021 contre 46 en 2012. Preuve de cet engouement : 70% des 40 fonds de CVC français ont été créés au cours de la dernière décennie et ils représentent 30% du capital risque en France en 2021.

Le portefeuille moyen d'un CVC comporte 13 start-up et réalise 7,5 transactions par an en 2021 (contre 2 start-up et 3,5 transactions par an en 2016). Le BCG note une certaine stabilité depuis 2018 au niveau du nombre d'investissement moyen. Les CVC restent tout particulièrement intéressés par les levées de fonds en série A puisque 43% des investissements sont faits à cette occasion, 30% en amorçage, 23% en série B et 3% en série C et plus.

Un mode d'investissement complémentaire

"Les grandes entreprises jouent un rôle de structuration de plus en plus important dans l’écosystème entrepreneurial, note Lionel Aré, directeur associé senior au BCG, dans un communiqué. Le positionnement et les attentes de ces dernières sont différents de celles des investisseurs classiques. Au-delà des logiques de financement, l'investissement des corporates dans les start-up répond aussi à des objectifs d'accélération de l'innovation et de partenariats industriels."

Le BCG dégage trois modèles d'investissements pour CVC : l'actionnariat pur et sans collaboration, le partenariat pur et sans investissement, le modèle explorateur de la prise de participation dans le cadre d'une collaboration. De manière globale, les grands groupes ont des attentes différentes des fonds classiques. Les synergies commerciales sont les principales attentes de cette collaboration devant le retour sur investissement et l'innovation. Seulement 4% mettent en avant cette participation comme étant une possible préacquisition.

Un succès limité

Si les investissements de grands groupes dans des start-up sont important dans le paysage français, un tiers seulement (35%) sont des succès et un tiers (36%) des échecs. "La question n'est pas tant de savoir le nombre de succès ou d'échecs mais leur ampleur, temporise Constance Maillard de la Morandais, chef de projet des 'New Businesses' chez Accor. Pour nous, au global, nos succès ont largement compensé nos échecs."

Pour le BCG il convient de préciser clairement en amont la stratégie d'investissement du CVC, mettre en place des critères de sélection des start-up, définir les contours du rapprochement de la start-up avec le groupe et comment l'intégrer au jour le jour pour optimiser la collaboration. "L'objectif pour nous est d'identifier les métiers de demain et de sécuriser des start-up avec lesquelles on collabore pour leur permettre de se développer, explique Julien Bourcerie, directeur de l'open-innovation & du Corporate Venture chez Bouygues Construction, dans un communiqué. Ce que l'on constate, c'est que lorsque l'acquisition ou l'investissement minoritaire dans une start-up est uniquement le fait du prince, pour des raisons momentanées, c"est décevant sur le long terme."

Le suivi de la collaboration est également essentiel tout comme la capacité d'adaptation du CVC aux priorités fixées par le groupe. "Bien exécutés, ces rapprochements doivent permettre une création de valeur importante pour le groupe comme pour la start-up", glisse Lionel Aré. Une stratégie qui se retrouve parfois prise en tenaille entre trois objectifs incompatibles : le développement de la valorisation du portefeuille, les synergies commerciales l'exploration (innovation). D'où la nécessité d'être clair sur la stratégie du CVC et les objectifs du rapprochement avec la start-up.


*Méthodologie : L’étude se concentre sur les rapprochements capitalistiques partiels de la part des grandes entreprises dans une startup. Cela inclut les prises de participation minoritaires et majoritaires, mais pas les acquisitions. Les entretiens ont été réalisés auprès d’une trentaine d’interlocuteurs corporates – représentant plus de 250 investissements (Corporate Venture Capital, M&A, Métiers, Direction de l’innovation) et sept fondateurs de startups. Les données sont issues de la base Crunchbase & Dealroom ou des bases internes des CVC et Corporate interrogées.

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