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Si la réalité virtuelle vous donne la nausée, un nez virtuel pourrait vous aider

La réalité virtuelle semble de plus en plus accessible à mesure que les contraintes technologiques qui lui sont inhérentes trouvent des solutions. Miniaturisation des composants, meilleure résolution d'affichage, suivi des mouvements de la tête, meilleure latence... Mais reste un frein majeur à l'adoption de ce nouveau média : le fait que toute une frange de la population ait la nausée en l'utilisant. Des chercheurs se sont penchés sur le problème, et ont testé une solution insolite pour tenter d'y remédier : l'intégration d'un nez virtuel.
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Si la réalité virtuelle vous donne la nausée, un nez virtuel pourrait vous aider
Si la réalité virtuelle vous donne la nausée, un nez virtuel pourrait vous aider © David Whittinghill - Purdue University

L'Université Purdue, située à West Lafayette aux Etats-Unis, a publié le 24 mars le résultat de ses recherches sur l'effet de vertige ou de nausée que peut induire la réalité virtuelle chez certaines personnes. Ces désagréments, connus sous le nom de "mal du simulateur", sont dûs à la désynchronisation entre le sens de la vue d'une personne (les muscles qui contrôlent les mouvements des yeux), son sens du toucher et du positionnement dans l'espace, et son oreille interne, qui régit le sens de l'équilibre. En gros, le cerveau n'aime pas qu'on lui donne l'impression qu'on bouge alors que ce n'est pas le cas.

Ce problème est bien connu, et on sait qu'il est moins fréquent lorsque l'utilisateur possède un repère visuel fixe, par exemple un cockpit d'avion ou un tableau de bord de voiture. Alors, pour bénéficier de ce même effet dans les simulations ne mettant pas en oeuvre de poste de pilotage, les chercheurs ont eu l'idée d'insérer l'image d'un nez virtuel (baptisé "nasum virtualis") au centre du champ de vision. Une solution toute naturelle, le nez étant visible en permanence dans la vie réelle, même si on ne s'en rend pas toujours compte.

Mieux comprendre les mécanismes en cause

Les chercheurs ont effectué des tests sur 41 personnes à l'aide de plusieurs applications de réalité virtuelle à l'intensité variable, du tangage léger d'une promenade dans une villa en Toscane aux vrilles et loopings d'un tour de montagnes russes. Une partie des testeurs a utilisé ce nez virtuel, l'autre non. Les résultats de l'étude montrent qu'en moyenne les utilisateurs disposant du nez ont tenu 94,2 secondes de plus que les autres avant de se sentir mal lors de la simulation de visite de villa et 2,2 secondes de plus pour les montagnes russes, une simulation particulièrement intense. Une amélioration légère mais constatée sur l'ensemble des sujets du test.

Autre fait notable : les utilisateurs ne se sont pas rendus compte que le nez virtuel était présent dans les simulations, car leur cerveau en a fait abstraction, comme il le fait dans la vraie vie. Il est encore trop tôt pour établir avec certitude que ce procédé de nez virtuel pourrait suffire à lui seul à réduire durablement les symptômes, et les chercheurs continuent leurs travaux. Ils espèrent réussir à terme à établir un modèle prédictif qui leur permettrait de déterminer avec précision quand le mal du simulateur survient et avec quelle intensité, pour mieux le prévenir.

Julien Bergounhoux

 
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