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STMicroelectronics passe au vert mais peine à rebondir

Après deux ans de pertes, STMicoelectronics renoue avec les bénéfices en 2014. Mais le chiffre d’affaires du groupe franco-italien de semi-conducteurs baisse pour la troisième année consécutive, alors que le marché connaît une forte croissance. Va-t-il enfin rebondir ? L’année 2015 sera décisive.
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STMicroelectronics passe au vert mais peine à rebondir
STMicroelectronics passe au vert mais peine à rebondir © D.R.
C’est une année en demi-teinte pour STMicroelectronics.  Après deux années de lourdes pertes, le groupe franco-italien de semi-conducteurs renoue avec les bénéfices en enregistrant en 2014 un résultat net positif de 128 millions de dollars, contre une perte de 500 millions en 2013 et 1,2 milliard en 2012. Une amélioration à relativiser en tenant compte de la dépréciation de l’euro vis à vis du dollar et de l’encaissement d’une subvention publique de 96 millions de dollars, notamment au titre du promgramme de R&D Nano 2019. La situation reste fragile. Le chiffre d’affaires continue à baisser pour la troisième année consécutive. En 2014, il a dévissé de 8,4% à 7,4 milliards de dollars, alors que le marché mondial des semi-conducteurs a bondi de 9% la même année, selon le cabinet IC Insights.
 
Certes, ce plongeon est dû pour l’essentiel à l’arrêt des produits de ST-Ericsson, la coentreprise avec Ericsson spécialisée dans les puces, modems et circuits de connectivité pour mobiles, un marché dont le groupe, dirigé par Carlo Bozotti, a décidé fin 2012 de sortir. Hors cette activité, la baisse du chiffre d’affaires se limite à 1,8%.  Un résultat en contraste avec les performances exceptionnelles du marché en 2014. Selon le cabinet iHS Technology, le boom a bénéficié à tous les segments du secteur. En témoignent les bons résultats des deux autres champions européens des semi-conducteurs, Infineon et NXP, dont le chiffre d’affaires a bondi respectivement de 14 % et 17 %.
 
DEUX GRANDS MAUX
 
Si STMicroelectronics ne fait pas aussi bien, c’est qu’il souffre de deux grands maux. Le premier concerne l’activité de circuits numériques à destination des décodeurs, équipements télécoms et produits grand public. Elle est en perte de vitesse depuis plusieurs années. En 2014, la baisse des ventes atteint 43% (avec les produits issus de ST-Ericsson). En cause :  le vieillissement des produits. Le second problème concerne l’activité des dispositifs Mems, qui assurent les fonctions de capteurs ou d’actionneurs dans des produits comme les smartphones, les tablettes, les consoles de jeux ou encore les objets connectés. Cette activité était l’un des grands moteurs de développement du groupe. Elle subit une chute de 16% due principalement à la perte de gros marchés comme le Galaxy S5 de Samsung ou l’iPhone 6 d’Apple, au profit de deux concurrents : l’allemand Sensortec (filiale de Robert Bosch) et le californien InvenSense.
 
STMicroelectronics va-t-il enfin rebondir ? Carlo Bozotti le promet pour 2015. C’est possible. Surtout s’il regagne les faveurs d’Apple ou de Samsung pour l’équipement de leur prochaine génération de smartphone en Mems. "Nous sommes devenus plus petits, mais nous sommes devenus aussi plus efficaces, estime-t-il. Nous sommes maintenant en situation pour reprendre le chemin d’une croissance durable." Son objectitf :  atteindre un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards de dollars. L’enjeu est important. Le premier groupe européen de semi-conducteurs joue sa neuvième place dans le Top 10 mondial. Une position sérieusement menacée par le taïwanais MediaTek, qui affiche une croissance de 23% en 2014.
 
Le pari n’est pas gagné d’avance. Car STMicrœlectronics devra solder définitivement l’héritage de ST-Ericsson, qui représente encore un chiffre d’affaires résiduel de 50 millions de dollars par trimestre (avec les modules d’imagerie grand public, une autre activité arrêtée). Carlo Bozotti espère achever cette opération au troisième trimestre 2015. Le groupe devra également se serrer la ceinture pour ramener ses coûts trimestriels d’exploitation entre 550 et 600 millions de dollars, contre près de 900 millions il y a 2 ans. Sur l’année 2014, ces coûts se montent à 611 millions de dollars. Il devra aussi réussir à dégager une économie d’exploitation de 100 millions de dollars sur l’activité de circuits numériques, qui représente 15% du chiffre d’affaires global. Les 40 000 salariés que compte l’entreprise dans le monde n’ont pas fini de faire des sacrifices.
 
Ridha Loukil

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