Actualité web & High tech sur Usine Digitale

Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Taylor Swift : 1 - Apple : 0

Si tu ne paies pas, tu n'auras pas mon dernier album. C'est la menace qu'a brandi Taylor Swift, la chanteuse de 25 ans aux 7 Grammy Awards, quand elle a appris que le nouveau service de musique en ligne d'Apple prévoyait de ne pas payer les interprètres pendant la période d'essai de trois mois, gratuite. Une menace reçue cinq sur cinq par la direction d'Apple qui a fait machine arrière en moins de temps qu'il n'en faut pour télécharger une nouvelle appli. Avec une trésorerie de 170 milliards, Apple devrait pouvoir passer l'hiver malgré ce geste "généreux".
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Taylor Swift : 1 - Apple : 0
Quand elle n'est pas contente, la chanteuse Taylor Swift dégaine son Tumblr. © commons.wikimedia.org

Taylor Swift : 1 – Apple : 0, tel est le résumé du match qui a opposé ce week-end l’entreprise créée par Steve Jobs et la chanteuse aux sept Grammy Awards. La bataille menée par cette dernière a été éclair et a utilisé les armes du web. Retour sur le combat du siècle de la semaine. Dimanche, sur Tumblr, la blonde chanteuse prend son clavier pour se plaindre des conditions de rémunération proposé par le nouveau service de musique en ligne, Apple Music.

 

Sa colère vient de la décision d’Apple de ne pas rémunérer les artistes et les producteurs pendant la période gratuite de trois mois d’essai, que l’entreprise propose à ses nouveaux abonnés. Pour Taylor Swift, c’est trop injuste "de demander à quiconque de travailler gratuitement." Elle indique que, dans ces conditions, elle retirera du site contesté son dernier album enregistré, intitulé 1989. Pas folle, elle n’indiquait pas vouloir retirer les quatre précédents !

 

La fayotte !

 

Dans son argumentation, elle flattait astucieusement la firme à la pomme : "Je le dis avec amour, respect et admiration pour tout ce qu’a fait Apple", ajoute-t-elle légèrement fayotte. Et cela a payé, puisque le vice-président responsable des services et des logiciels d’Apple a annoncé sur Twitter lundi 22 juin qu’il accédait à la demande de la chanteuse. Cette dernière a été prévenue par un Tweet et un coup de téléphone alors qu’elle était à Amsterdam pour un concert.

Au-delà de l’anecdote, ce nouvel épisode révèle les tensions qui existent entre les professionnels de la musique et les plates-formes de diffusion. Les premiers estiment qu’ils ne sont pas suffisamment payés par des opérateurs qui font du chiffre d’affaires sur leur dos. Fin mars, les stars de la pop américaine, Madonna, Jay Z ou encore Beyoncé avaient lancé leur propre service de diffusion en streaming : Tidal. Là aussi, il s’agissait d’obtenir une répartition des revenus qui soit plus favorable aux artistes.

 

Les temps sont durs pour certains artistes

 

Une étude réalisée par le cabinet Kurt Salmon donne une idée des transferts à l’œuvre dans le secteur de la musique enregistrée. Entre de 2000 et 2013, la part de valeur captée par les artistes est passée de 14 à 17%... une proportion croissante, certes, mais d’un gâteau qui s’est considérablement contracté. Il était de 3,83 milliards de dollars en 2000. 13 ans plus tard, un milliard s’est purement et simplement volatilisé. Pour ne rien arrangé, la concentration s’est accentuée, puisque désormais 1% des artistes capte 77% des revenus contre 70% en 2000.

 

C’est dire que, comme elle l’écrit fort honnêtement, Taylor Swift n’est pas à plaindre, et qu’elle a habilement convoqué les malheurs de ses jeunes consoeurs et confrères. Dans ce climat tendu, Apple ne pouvait pas se permettre un précédent qui risquait d’être fâcheux et d’abîmer son image auprès des artistes et du public.

 

Alors que la lutte entre les plates-formes de diffusion en streaming débute, Apple Music ne pouvait surtout pas se permettre de proposer un catalogue faisant l’impasse sur des artistes populaires comme Taylor Swift... sans compter que d'autres auraient pu prendre exemple sur elle. Sachant que selon les estimations de la société de gestion collective Adami, la part revenant aux artistes serait de 0,11 centimes d’euros pour un abonnement familial (14,99 dollars pour six personnes) le sacrifice consenti par Apple devrait rester tout à fait supportable pour une entreprise dont la trésorerie était estimée fin 2014 entre 170 et 180 milliards de dollars.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media
Suivez-nous Suivre l'Usine Digitale sur twitter Suivre l'Usine Digitale sur facebook Suivre l'Usine Digitale sur Linked In RSS Usine Digitale