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[Tech For Good] Après le PIB, le "PIB+", un indice de bien-être social lié aux nouvelles technologies et ce qu'il faut en retenir

Étude Infographie Quel est l’apport de la technologie à l’intérêt général ? Et quel sera son impact d'ici à 2030 ? C'est ce qu'a souhaité mettre en lumière McKinsey dans un rapport publié ce mercredi 15 mai 2019 à l’occasion du Sommet Tech For Good et de Viva Technology. Au-delà du PIB, le McKinsey Global Institute a donc créé un indice qui mesure l’apport des nouvelles technologies sur le bien-être social. Voici ce qu'il faut en retenir.
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Après le PIB, le PIB+, un indice de bien-être social lié aux nouvelles technologies et ce qu'il faut en retenir
[Tech For Good] Après le PIB, le "PIB+", un indice de bien-être social lié aux nouvelles technologies et ce qu'il faut en retenir © Rawpixel/Pixabay

"La tech est un facteur de productivité et de croissance mais on sait aussi qu’il y a une transition à gérer, notamment au niveau de l’emploi. On constate une montée de l’inquiétude et on dispose d'une quinzaine d'années pour accompagner cette transition", exprime à L’Usine Digitale Eric Hazan, directeur associé senior de McKinsey en France. Face à ce constat et à la demande du gouvernement, McKinsey a publié un rapport sur la Tech For Good. Ce document, qui servira de base aux débats de ce mercredi 15 mai 2019 entre les chefs d'Etat et de gouvernement et les patrons des géants du numérique, fait suite au rapport "The Future of Workplace", publié en mai 2018, sur la manière dont l'IA et le digital bouleversent les besoins en compétences.


"La technologie est partout. Est-ce qu’on peut en faire un outil pour améliorer notre santé, notre éducation, la sécurité dans notre travail, l’environnement… ? Nous nous sommes appuyés sur des partenariats avec des économistes de renom pour quantifier la valeur du bien-être dans l’économie", explique Eric Hazan, également co-auteur du rapport.

 

Le poids de la technologie et ses potentiels apports sur le bien-etre social

 

 

 


 

Le PIB+, l'indice du bien-être socio-économique

Après le PIB, place donc au "PIB+", l’indice de bien-être social lié à l’apport de nouvelles technologies. C’est le modèle global d’évaluation lié à ces nouvelles technologies créé par le McKinsey Global Institute pour mesurer l’apport des nouvelles technologies à l’intérêt général. Pour cela, le cabinet s’est appuyé sur 600 cas d’usages technologiques, en intégrant des critères tels que les inégalités, les loisirs, la santé, l’environnement, l’espérance de vie, l’éducation, les risques de chômage…


Quatre scénarios permettant d’évaluer leur plus-value d’ici à 2030 en Europe et aux Etats-Unis en ressortent (cf. graphiques ci-dessous). Résultats : "Dans un scénario où on se focalise sur la technologie, où on a une gestion proactive de son utilisation, le PIB augmente de 1,3 point  par an et le bien-être social de 0,3 à 0,5 point", indique Eric Hazan. Soit, en additionnant croissance du PIB et indice de bien-être, une croissance qui pourrait atteindre 2% par an d’ici 2030. A l’inverse, analyse-t-il :"Dans un scénario où la technologie est pour se substituer à l'emploie et de manière réactive, cela crée une augmentation annuelle du PIB de seulement 0,8 point, mais pas de bien-être social supplémentaire". Avant d’ajouter : "Autrement dit, dans un scénario 'Tech for a better life', nous pouvons avoir le beurre et l’argent du beurre".

 

 

 

 

Le temps de l'action

"Après la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises, Ndlr), il y a une opportunité de créer une responsabilité sociale technologique (RST)", insiste Eric Hazan. On va gagner encore plus en se transformant et en mettant les technologies au service du bien-être des salariés et de l’intérêt général". Et de citer des exemples : "Dans l’industrie, la productivité des travailleurs augmente de 25% quand on leur propose des lunettes de la réalité augmentée qui leur donnent des insights sur les process, et quand on utilise l’impression 3D, on fait baisser la consommation d’énergie de 40 à 65 %".

 

"La technologie est un outil, il s’agit de lui donner du sens, sinon elle peut avoir des effets négatifs. Il est nécessaire d’identifier les zones de risques et d’opportunités de la tech au niveau de l’économie et des entreprises. Par exemle, il peut-être nécessaire de 'dé-biaiser' un processus de recrutement en appliquant un algorithme d’intelligence artificielle qui identifie les biais inconscients dans un processus de sélection ou d'évaluation", exprime Eric Hazan. Avant d’ajouter : "C’est le moment d’un 'call for action' auprès des entreprises, du gouvernement et des institutions".


Devant un tel constat, McKinsey émet ainsi ses recommandations aux pouvoirs publics et aux entreprises : (cf. encadré ci-dessous). "Il y a un vrai intérêt de travailler de manière collaborative entre l’Etat et les entreprises", conclut Eric Hazan. Pour l’expert, le rôle de l’Etat est double : "Il peut mettre de l’argent pour s’appliquer lui-même la même médecine, et facilitant la réflexion au travers des branches mêmes de ses ministères. En nouant des partenariats avec les entreprises elles-mêmes, il peut améliorer l’accès aux infrastructures publiques et gérer les usages des données".


Reste à savoir si cet indice du bien-être sera normalisé…
 

Les recommandations de McKinsey

4 recommandations aux décideurs publics, :
1. Améliorer l’accès aux infrastructures en favorisant les politiques publiques et les investissements qui visent à développer la couverture et la qualité des réseaux, notamment au travers de la généralisation de l’accès au très haut débit et la multiplication des réseaux wifi publics.
2. S’assurer que les franges les plus vulnérables de la population ne restent pas en marge du développement des technologies et des services associés. Les politiques d’éducation et de formation professionnelles jouent ici un rôle déterminant.
3. Réduire le coût marginal de l’innovation, grâce aux leviers de la commande publique et de l’accès aux marchés publics.
4. Gérer de manière proactive les usages des données, notamment à travers leur rôle de régulateurs en matière d’open data.

… et  3 autres aux entreprises :
1. Orienter aussi fortement que possible le déploiement des technologies vers le développement de nouveaux produits, services et marchés.
2. Accroître et adapter les compétences de leurs salariés afin de s’assurer qu’elles soient en phase avec les besoins émergents qu’impose l’ère technologique.
3. Faciliter la mobilité de leurs collaborateurs en renouvelant et en enrichissant les parcours professionnels qui leur sont proposés.

 

 

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1 commentaire

AB
16/05/2019 14h55 - AB

Mon dieu le charabia et les termes jargonneux... ça brasse beaucoup d'air...

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