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Thales parie sur Tronics Microsystems, discret champion français des capteurs pour applications professionnelles

A l’occasion de son entrée en bourse, le fabricant français de Mems professionnels Tronics Microsystems reçoit le soutien de l’un de ses grands clients : Thales. Pour l’accompagner dans son développement, l’équipementier d’électronique et de défense compte prendre 16,3% de son capital.
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Thales parie sur Tronics Microsystems, discret champion français des capteurs pour applications professionnelles
Thales parie sur Tronics Microsystems, discret champion français des capteurs pour applications professionnelles © A.M. Stern Architects & Sra- Architectes

Dans son plan de croissance, Tronics Microsystems a le soutien d’un industriel, et pas des moindres : Thales. A l’occasion de son entrée en bourse sur le marché de l’Euronext de Paris, il devrait recevoir de l’équipementier d’électronique et de défense 6 millions d’euros des 9,1 à 12 millions qu’il espère lever lors de cette opération. De quoi assurer à Thales 16,3% du capital du petit fabricant français de Mems professionnels, sur la base basse de la fourchette.

 

Notre dossier : Tiraillé entre Dassault et l'Etat, Thales traverse une zone de turbulences

 

Ce soutien conforte la stratégie de diversification de Tronics Microsystems. Créée en 1997, à Crolles, près de Grenoble, cette PME de 88 personnes réalise des Mems à la demande faisant office de capteurs (accéléromètre, gyromètre et magnétomètre) fabriqués en silicium comme des puces électroniques. Mais, contrairement à STMicroelectronics ou Bosch, focalisés, eux, sur le marché grand public, elle s’adresse aux applications professionnelles à hautes performances. "Nous sommes le seul acteur en Europe avec ce positionnement, revendique son CEO, Pascal Langlois. Dans le monde, nous affrontons des concurrents américains comme Honeywell ou Analog Devices."

Sortir de la dépendance de Sercel

Depuis 2012, Tronics Microsystems cherche à sortir de sa dépense vis-à-vis de Sercel. Ce client, spécialisé dans les systèmes de détection sismiques, représentait près de 64% du son chiffre d’affaires en 2012 (13,6 millions d'euros). Sa part est tombée à 15% du chiffre d’affaires en 2014 (11,6 millions d’euros). Un résultat obtenu grâce à une diversification de l’industrie vers l’aéronautique, la défense et le médical, et le gain de 14 nouveaux clients en 2014. La petite entreprise iséroise veut poursuivre cette diversification en doublant son effort commercial d’ici 3 ans.

Thales constitue une pièce maitresse de cette stratégie. Pascal Langlois reste discret sur l’importance que le groupe, dirigé depuis le 23 décembre par le duo Henri Proglio-Patrice Caine, va prendre dans ses revenus. "Thales est un client potentiel important, note-t-il. Il a besoin de s’appuyer sur un fournisseur européen de Mems au top niveau pour ses systèmes inertiels dans ses équipements avioniques et de défense."

Après avoir connu un trou d’air, avec une chute de 25% de son chiffre d’affaires en 2013 (10,2 millions d'euros), due à la baisse des commandes de Sercel, Tronics Microsystems estime être aujourd’hui en bonne position pour tirer parti d’un marché potentiel qui devrait passer de 1,2 milliard de dollars en 2014 à 2,6 milliards en 2019, selon le cabinet Yole Developpement. Objectif : atteindre un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2018, soit près de quatre fois celui en 2014.

Ridha Loukil

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