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Toulouse, porte-drapeau de la communauté internationale des fablabs

La rencontre mondiale des fablabs organisée cette semaine à Toulouse est une nouvelle occasion de mettre en lumière de nouveaux modes de travail plus collaboratifs et d'innovation plus ouverts. Des méthodes qui font chaque jour de plus en plus d'adaptes, jusqu'au cœur de grands groupes industriels.

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Toulouse, porte-drapeau de la communauté internationale des fablabs
Nicolas Lassabe, co-fondateur et président du fablab toulousain Artilect donne le coup d'envoi au grand rassemblement international du Fab14 © Marina Angel

Toulouse accueille le Fab14, la 14ème édition du sommet international des fablabs. Pendant une semaine, un millier de makers, membres du réseau mondial des fablabs et leurs partenaires, venus du monde entier, sont présents à Toulouse (du 16 au 22 juillet 2018) pour partager leurs expériences et faire vivre cette culture communautaire initiée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Alimentation du futur, mobilité et transports, machines qui créent des machines, nouveaux modes d'échanges et monnaies alternatives, nouveaux accès à la formation et à la connaissance... Tous ces thèmes sont revisités tout au long de cette semaine, à la lumière des nouveaux modes de travail, de production et d'innovation que prônent ces ateliers mutualisés de proximité, qui se multiplient un peu partout en France comme à l'international.

Dans ces fameux fablabs, chacun peut venir réaliser ses idées, prototyper, essayer ou apprendre, quel que soit son niveau initial de connaissance. "C'est le plus important événement international dédié à la fabrication numérique et aux fablabs et il se tient à Toulouse", se félicite Nicolas Lassabe, co-fondateur et président du fablab toulousain Artilect, qui organise cette 14ème édition, aux côtés de la Fab Fondation et du Center for Bits and Atoms du MIT, à l'origine de cette manifestation. Une belle reconnaissance pour le fablab toulousain, le premier fablab français officiellement reconnu par le réseau mondial fondé par le MIT. Très largement ouvert en direction de tous les publics (ingénieurs, chercheurs, designers, startupers, mais aussi étudiants, ou particuliers intéressés par la démarche) Artilect, créé sous forme associative dès 2009, est de loin, avec plus d'un millier de membres, le plus important fablab de France et une référence en la matière.
 

L'Occitanie, première Fab Région

Forte de l'expérience reconnue de ce premier fablab toulousain et d'un éco-système numérique et d'innovation qui conjugue un réseau de recherche publique de tout premier rang, des grands groupes leaders dans leurs domaines et un tissu très dense de PME et startups, l'Occitanie s'est engagée à soutenir la création et le développement de fablabs sur l'ensemble de ses territoires. Elle a déjà accompagné 27 structures depuis 2016, pour un budget total de 3,9 millions d'euros. "Il faut encourager ces initiatives, aussi bien en zones urbaines qu'en zones rurales et les amener à se structurer pour mutualiser des projets et échanger les bonnes pratiques", précise Nadia Pellefigue, vice-présidente du conseil régional, en charge du développement économique, de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur.

Labellisée Fab Région (la seule en France) par la Fab Fondation, la région Occitanie soutient cette structuration au sein d'une fédération régionale, la FedLab, qui compte déjà plus d'une trentaine de membres. Une démarche régionale qui vient conforter celle de Toulouse Métropole, labellisée de son côté FabCity, grâce à sa démarche Smart City. Un label partagé par moins d'une trentaine de métropoles internationales, parmi lesquelles Paris, Barcelone, Amsterdam ou Boston.
 

Un mode collaboratif qui intéresse de plus en plus d'industriels

En s'associant au Fab14, plusieurs grands industriels présents à Toulouse, dont Airbus, Thales, Renault ou encore Continental, cherchent à s'inscrire dans ce mouvement des "makers". "Nous sommes venus ici pour préparer le futur et relever les défis de l'avion plus électrique et des nouveaux modes de mobilité sur lesquels nous travaillons", insiste Denis Descheemaeker, directeur des technologies et concepts émergents chez Airbus Resarch & Technology.

S'inspirant du mouvement des fablabs, l'avionneur a ouvert à Toulouse son premier "ProtoSpace" en 2013. Cet espace d'innovation, doté d'une plateforme de prototypage rapide, permet de promouvoir et d'accélérer l'innovation auprès de l'ensemble des salariés du groupe. Le concept a très vite été dupliqué sur d'autres sites de l'avionneur, en France, mais aussi à Hambourg, aux USA ou à Bengalore. Principalement dédié aux technologies aérospatiales, le ProtoSpace cherche à dynamiser la co-innovation avec ses partenaires. Il initie aussi des actions dans le domaine de la diversité et du handicap. Des "makers" d'Airbus ont ainsi développé au sein du ProtoSpace des prothèses en open source.

Même démarche chez Thales, où des fablabs maisons ont été créés à Toulouse, Bordeaux et Châtellerault, pour accompagner l'innovation dans les systèmes spatiaux et avioniques. "Il faut veiller à maintenir et encourager une certaine porosité entre ces structures d'innovation internes aux entreprises et la dynamique plus ouverte des fablabs", souligne pour sa part Michael Desmoulins responsable de la mise en oeuvre de dispositifs d'open innovation au sein du groupe Renault. Il préside par ailleurs l'association Fab&Co, qui regroupe une trentaine d'initiatives de type fablab créées ces dernières années au sein de groupes industriels.

Le constructeur automobile, qui a inauguré à Toulouse en septembre 2017 son nouveau centre de recherche, Renault Software Labs, sur la base de la reprise d'activités de R&D d'Intel, est en train d'installer au cœur même de ce site toulousain un Open Creativ Lab, inspiré du mode fablab, spécialisé sur les aspects logiciels. "Nous comptons associer certains de nos partenaires, des écoles d'ingénieurs et des startups à cette nouvelle dynamique de créativité", précise Gaëtan Prin, en charge du projet toulousain.

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