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Transactions entre objets, crowdfunding... : les utilisations inattendues du bitcoin

Le bitcoin n'est pas seulement un outil de spéculation financière. La monnaie virtuelle permet aussi d'effectuer de micro-transactions entre deux objets connectés, de transférer des sommes d'un pays à l'autre sans frais ou presque, de lever des fonds via une campagne de crowdfunding, et peut être même un jour de simplifier l'achat d'un bien immobilier...
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Transactions entre objets, crowdfunding... : les utilisations inattendues du bitcoin
Transactions entre objets, crowdfunding... : les utilisations inattendues du bitcoin © Rocío Lara

Les financiers suivent de près l'évolution du cours du bitcoin, devenu un véritable outil de spéculation. La bourse de New York publie une fois par jour à 11 heures la valeur de cette monnaie virtuelle par rapport au dollar (sous l'indice NYXBT), depuis le 20 mai 2015. Mais elle peut être utilisée de bien d'autres manières, explique au cours de son intervention au OuiShare Fest à Paris le 21 mai Caterina Rindi, community manager de la start-up californienne de crowdfunding Swarm, qui s'intéresse à cette devise numérique depuis sa création en 2009.

Mini-Transactions

Le bitcoin permet d'effectuer des transactions sur de très petites sommes : les montants échangés peuvent être calculés jusqu'à huit chiffres après la virgule (0,00000001) et les frais financiers payés sur ces transferts monétaires sont faibles. Cette monnaie virtuelle pourrait donc être utilisée par des fabricants d'objets connectés, qui souhaitent que leurs machines puissent échanger de l'argent entre elles.

"Imaginez par exemple un réfrigérateur capable de savoir que la brique de lait qu'il stocke est presque vide. Si son fabricant intégrait le programme correspondant dans son système, il pourrait commander une nouvelle bouteille à un objet connecté situé dans un supermarché et la régler directement grâce au bitcoin. Le système bancaire actuel ne s'intéresse pas à ce type de micro-transactions car les sommes échangées sont trop faibles et les frais bancaires trop élevés. Des problèmes qui ne se posent pas avec le bitcoin", explique Caterina Rindi.

Transferts de fonds

Cette crypto monnaie permet aussi de faire transiter de l'argent d'un pays à l'autre, sans avoir besoin de passer par des sociétés de transfert de fonds, comme Western Union, qui prélève 4,90 euros pour une transaction de 100 euros de la France vers l'Afrique. "Cette intermédiation coûte cher et peut être évitée grâce au bitcoin", affirme la jeune femme.

Financement participatif

Il peut aussi être utilisé par des entreprises pour lever des fonds, via une campagne de crowdfunding, notamment sur la plate-forme Swarm, pour laquelle travaille Caterina Rindi. Le fonctionnement est simple : une société collecte des bitcoins de la part de plusieurs donateurs. Chacun d'entre eux reçoit en échange des parts de la compagnie. Ces parts ne sont pas des actions : elles sont matérialisées en une monnaie virtuelle privée, créée par et pour la société.

"Nous avons financé Swarm, grâce à ce système. En juillet 2014, nous avons reçu l'équivalent d'un million de dollars en bitcoins [depuis, la monnaie numérique a perdu plus de la moitié de sa valeur, ndlr]. En échange, nous avons donné à chaque participant des Swarmcoin, proportionnellement au montant de leur don", indique Caterina Rindi. Ils peuvent revendre ces pièces virtuelles, dont la valeur évolue parallèlement à celle de l'entreprise. Elles leur permettent également de participer à la gouvernance de Swarm. "Le système de la blockchain, sur lequel repose le bitcoin, facilite cette gouvernance", ajoute la community manager.

mémoire infalsifiable

Cette blockchain est un registre virtuel, qui recense toutes les transactions effectuées en bitcoins depuis la création de la crypto monnaie. A chaque fois qu'un nouvel échange a lieu, il s'inscrit en direct sur le registre. Une trace numérique quasiment infalsifiable puisque ce document est présent sur les ordinateurs de tous les membres de la communauté bitcoin.

Chaque transaction est décrite par un code comprenant des chiffres et des lettres. Ce système, et ce code, peuvent aussi être utilisés pour transférer autre chose que des informations relatives à un échange monétaire : du texte, des photos, des vidéos...

"Chez Swarm, pour prendre nos décisions stratégiques, nous posons sur Internet une question à nos actionnaires. Ils répondent oui ou non. Cet échange est gravé dans le marbre numérique, sur un registre partagé par tous les membres de cette 'assemblée générale digitale'. Les décisions prises sont (presque) incontestables, et ce n'est pas un problème si les actionnaires sont nombreux. Le bitcoin permet donc d'innover dans la gouvernance d'entreprise !", s'exclame Caterina Rindi.

Révolution juridique et administrative

Si les structures légales qui régissent les transactions évoluent, le système de la blockchain pourrait ainsi accélérer les procédures juridiques et administratives. Le vendeur d'un appartement pourrait faire transiter via une blockchain des informations sur son identité, sur le métrage de son habitation…

L'acheteur enverrait, lui, des données prouvant qu'il est bien en mesure de payer le logement. Une fois les documents nécessaires fournis d'un côté et de l'autre, la transaction (en bitcoins) pourrait être effectuée. Reste le problème de la stabilité de cette monnaie virtuelle...

Lélia de Matharel

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