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Trois exemples de l'impact du numérique sur les métiers

La numérisation entraîne une évolution des métiers qui se traduit différemment selon les secteurs d’activité. La preuve en trois exemples.

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Trois exemples de l'impact du numérique sur les métiers
Trois exemples de l'impact du numérique sur les métiers

CPI Bussière : l’imprimerie digitalise ses métiers pour résister

À Bussière, dans le Cher, ils ne seront plus que 60 salariés à travailler dans l’imprimerie CPI, soit quatre fois moins qu’il y a cinq ans. Le responsable de cette réduction de l’effectif n’est pas l’explosion de l’e-book, mais le changement des méthodes de production. Avec le numérique, il n’est plus nécessaire de réaliser une forme imprimante pour que l’encre marque la page. "Désormais, on passe directement du fichier au livre, sans étape intermédiaire", explique le directeur général du site, Pascal Choloux. Les nouvelles techniques – jet d’encre, toner – s’avèrent rentables pour des tirages allant jusqu’à 3 000-4 000 exemplaires. Au-delà, le surcoût des encres ne compense plus l’économie réalisée sur la forme.

La digitalisation a ainsi fait passer l’édition dans l’univers des flux tendus. Les tirages sont davantage ajustés aux ventes et le volume global de livres imprimés a diminué. De plus, avec la disparition de la forme imprimante, la réimpression peut être confiée à un imprimeur qui n’a pas réalisé le premier tirage. Résultat : le numérique intensifie la concurrence, d’autant que des imprimeurs venus de secteurs où la demande décline (imprimés publicitaires, magazines…) se positionnent sur le marché du livre.

Outre la réduction de l’effectif, ces évolutions ont eu un impact sur les savoir-faire du personnel. "Nous avons fait évoluer les compétences des salariés en place", indique Pascal Choloux. Des formations sur les nouvelles techniques de production (jet d’encre, computer to place ou CtP) ont été dispensées. "Les métiers ont évolué : désormais, les personnes pilotent les opérations là où auparavant elles étaient sur de strictes tâches de fabrication." L’imprimerie a investi dans deux nouvelles lignes de production numérique, et la baisse de la masse salariale n’a pas été proportionnelle à la réduction des effectifs, compte tenu de l’évolution des qualifications des salariés.

ERDF place à l’opérateur de données

C’est l’emblème de la numérisation d’ERDF, la filiale d’EDF chargée du réseau de distribution d’électricité. Linky, le compteur communicant, démarrera son déploiement dans quelques mois. En ligne de mire : le remplacement de 35 millions de compteurs d’ici à 2020… Et la fin du porteà- porte pour relever les compteurs. Linky, c’est d’abord l’automatisation de certains processus très consommateurs de main-d’oeuvre. Cela se traduit donc par des postes en moins chez les opérateurs locaux auxquels ERDF soustraite la relève, mais aussi du côté des agents d’ERDF. Ces derniers effectuent lors de leurs tournées quotidiennes des interventions (changement de puissance, résiliation, mise en service…) que Linky pourra réaliser à distance. ERDF ne chiffre pas le nombre de ses salariés concernés, mais met en avant sa pyramide des âges : un tiers de l’effectif partira à la retraite d’ici à 2020. "C’est une formidable opportunité de renouvellement des compétences", avance Christian Buchel, le directeur général adjoint d’ERDF.

Il ne s’agit pas seulement de positiver. Christian Buchel vient d’être chargé par le nouveau patron d’ERDF, Philippe Monloubou, de mettre en place un programme stratégique sur la numérisation des métiers d’ERDF. Il sera finalisé d’ici à cet été. "Il s’appuiera sur une transformation déjà engagée", souligne Christian Buchel. Le numérique a gagné le réseau d’ERDF à travers des capteurs et autres automates d’exploitation du réseau. À la clé, une masse croissante de données qui s’ajoutent à celles générées par les 300 000 centrales d’électricité renouvelable connectées aux lignes d’ERDF. En ajoutant les données techniques (tension, intensité…) et les index de consommation de Linky, ERDF basculera dans le big data. "Il se dessine une évolution de nos métiers autour de la notion d’opérateur de données, remarque Christian Buchel. ERDF aura un rôle de plate-forme de traitement et de transmission de données à tous les acteurs du système électrique." Statisticiens et informaticiens seront dès lors les bienvenus.

CGI : la croissance de l’emploi n’est pas un long fleuve tranquille

La numérisation de l’économie est au coeur du business de CGI. "Nous construisons des systèmes d’information et en assurons la maintenance opérationnelle", résume Gilles Le Franc, le responsable Grand Ouest de l’entreprise. Côté emplois, la SSII revendique l’embauche de 8 000 personnes en cinq ans pour suivre la digitalisation de ses clients. "En net, le numérique a créé de l’emploi", confirme le DRH de l’entreprise, Didier Baichère. Mais cette croissance n’est pas un long fleuve tranquille. "Certains de nos salariés nous reprochent un manque de visibilité sur l’évolution de nos métiers", précise le DRH. Car les demandes adressées à l’entreprise changent vite. Ainsi, un tiers des recrutements actuels concerne le data management et la sécurité-mobilité, des enjeux qui n’existaient pas il y a trois ans !

Si certaines activités émergent et se développent, d’autres déclinent et disparaissent. Pour accompagner ces évolutions, le DRH et les syndicats ont signé, au début de l’année 2013, un accord sur la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) qui comporte notamment un plan de formation et un plan de recrutement. Ensemble, ils ont identifié les métiers en développement, ceux qui sont stables et ceux qui sont en voie de disparition. Parmi ces derniers, le DRH cite les testeurs ou les métiers liés à la surveillance des réseaux. En un mot, "tous les métiers qui comportent des tâches répétitives ou automatisables", indique Didier Baichère. À l’inverse, les architectes réseaux sont appelés à se développer. La demande croissante des clients pour des offres sur mesure va accélérer le besoin d’avoir des salariés de plus en plus qualifiés. C’est pourquoi CGI compte embaucher des professionnels du code qui auront une expertise métier (marketing, RH...).

Christophe Bys et Manuel Moragues

 
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