Tronics Microsystems veut entrer dans les mobiles et les objets connectés... en licenciant sa technologie

Cantonné aux Mems professionnels à hautes performances, le petit français Tronics Microsystems s’attaque aux applications grand public. Mais indirectement : il licencie sa technologie. De quoi mettre la pression sur STMicroelectronics et Bosch qui contrôlent ce marché.

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Tronics Microsystems veut entrer dans les mobiles et les objets connectés... en licenciant sa technologie

Fort du succès de son introduction en Bourse, Tronics Microsystems ne veut plus se cantonner aux applications professionnelles de Mems pour l’aéronautique, la Défense ou le médical. Il se lance à l’assaut du marché grand public. Mais pas question d’y aller directement. Il veut le faire via d’autres fabricants de micro-capteurs à qui il propose de licencier ses technologies.

Basé à Crolles, près de Grenoble (Isère), cette PME de 90 personnes et 11,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014 dispose de deux technologies de rupture capables de réduire le coût et la taille des puces, ce qui les rendrait particulièrement intéressantes pour les mobiles et les objets connectés. Ces technologies, fruit de quinze années de R&D et d’un investissement de 15 millions d’euros, sont protégées par 25 familles de brevets.

deux technologies de rupture

La première (baptisée Magelan) se destine à la réalisation de détecteurs de mouvement à 6 axes combinant les fonctions d’accéléromètre et de gyromètre. Une intégration qui conduit à une puce de seulement 1,36 x 1,25 mm, soit 1,7 mm2. La seconde (baptisée M&NEMS), développée en partenariat avec le CEA-Leti, rend possible la construction de capteurs jusqu’à 10 axes combinant les fonctions d’accéléromètre, de gyromètre, de magnétomètre, de capteurs de pression et à terme de microphone. Un détecteur à 10 axes tient dans une puce de 1,57 x 2,50 mm, soit 4 mm2. Elle est présentée comme la plus petite du genre sur le marché.

"Nous avons aujourd’hui un seul licencié pour le marché grand public : le japonais Asahi Kasei", confie Pascal Langlois, PDG et président du directoire de la société iséroise. D’autres pourraient suivre comme le chinois TU Mems Technologies ou l’allemand Pyreos (spin-off de Siemens). Ce modèle de licence devrait aider Tronics Mycrosystems à atteindre son objectif de quadrupler son chiffre d’affaires pour atteindre 40 millions d’euros en 2018. Il le fait également marcher sur les plates-bandes de Bosch et STMicroelectronics qui dominent aujourd’hui le marché des Mems grand public.

Les deux champions européens des Mems risquent de voir de nouveaux concurrents, notamment chinois, émerger avec une technologie d’origine française. L’impact serait particulièrement douloureux pour STMicroelectronics, déjà à la peine sur ce marché depuis deux ans.

Ridha Loukil

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