Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Uber or not Uber, that is (not) the question

mis à jour le 13 juin 2015 à 08H36
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Uber or not Uber, that is (not) the question
Uber or not Uber, that is (not) the question © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Autant le dire et l’affirmer tout de go : cet édito n’en est pas vraiment un. Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous livrer ici une analyse fouillée des tendances qui transforment l’économie ou tenter d’apporter un peu de raisons dans des débats comme les 35 heures ou le coût du travail. Non, rien de tout cela dans les lignes qui suivent mais le simple récit de deux expériences vécues par votre serviteur ces derniers jours et qui en disent beaucoup plus longs sur la guerre que se livrent Uber et les taxis.

Ce récit, vous l’avez sans doute deviné, compare mon expérience des services rendus par les deux protagonistes.

 

Côté taxi, l’expérience commence déjà mal. Il faut les chercher. On se penche sur le boulevard. On marche jusqu’à une station de taxis (déserte), on tente d’appeler mais le temps d’attente est rédhibitoire… Puis, finalement, un taxi apparait avec l’enseigne au vert. Il s’arrête et on peut (enfin) monter dans le taxi parisien. A mon compteur, déjà 15 minutes !

 

Côté Uber, le même service rendu ne prend que six minutes. 1 minute pour télécharger l’appli et rentrer ses coordonnées, notamment bancaires (en 4G) puis 1 minute pour commander un Uber à proximité. Pas besoin de courir : il suffit juste de regarder le géotracking sur l’appli, embarquant Google Maps, et d’indiquer sa destination. En prime, Uber vous dit le temps d’attente, dans mon cas, 4 minutes seulement.

 

Revenons au taxi, je suis à bord. Je lui demande s’il prend la carte bleue. Il me dit que non. J’ai du cash sur moi, je décide de poursuivre avec ce chauffeur. Je n’ai plus vraiment de temps à perdre : j’ai déjà perdu un quart d’heure à le trouver. Je lui donne mon adresse mais –ô surprise- le chauffeur me demande si je connais la route. Je lui signifie que non : il branche alors son GPS et s’élance sans vraiment savoir quel itinéraire emprunter.

 

Pendant ce temps, chez Uber, le chauffeur connecté à l’appli Uber ne me demande pas ma destination. Précisée dès la commande du véhicule sur l’appli, il l’a automatiquement dans son smartphone embarquant un GPS et celui-ci lui indique le chemin le plus rapide. Il se soucie juste de savoir si je veux changer de radio (il écoutait RMC) et m’indique que je peux me servir en eau si j’en ai envie. Sympa !

 

Côté taxi à nouveau, c’est l’incertitude qui domine. Je vois le compteur monter, le chauffeur se perdre dans les méandres de son GPS, louper une sortie (son GPS n’est visiblement pas bien synchronisé) et mon heure de rendez-vous filer… Bref, je sens que je ne suis pas rendu.

 

Côté Uber, je suis presque arrivé à destination. Le chauffeur me remercie et un email m’indique le prix de ma course. Plutôt une bonne surprise puisqu’elle correspond à la fourchette basse de l’estimation que l’appli avait faite lors de ma commande.

Pendant ce temps-là, je suis toujours dans le taxi. Il a réussi à retrouver le bon chemin, sans GPS mais en ressortant son bon vieux plan. De guerre lasse, je lui demande de m’arrêter dans une rue parallèle. Je finirai à pied ! Ça ira plus vite…

 

Bilan des courses : Uber 1 – Taxi 0. Vous trouverez peut-être que ce billet est partisan. Et vous aurez raison : il l'est puisqu’il a pris le parti du client. Il s’attache à montrer qui des taxis ou des Uber apporte la meilleure expérience. Si je remettais ma casquette de directeur de la rédaction, je prendrais le temps de resituer ce témoignage dans son contexte, de rappeler notamment les règlementations et les coûts qui pèsent sur les taxis et pas sur les chauffeurs Uber. Autant d'arguments que j'entendrais et que j'accepterais de lister si… si et seulement si les taxis faisaient l’effort de nous proposer un service de qualité. Qu’il soit numérique ou pas étant secondaire.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

6 commentaires

Guigui
12/06/2015 09h21 - Guigui

La nomination de Grégoire Kopp, un ancien conseiller du Ministère des Transports, à la tête de la communication d'Uber France vient étayer votre excellent billet.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Bertrand
12/06/2015 09h03 - Bertrand

Une autre histoire : Je sors du resto et je regarde alentours, je vois une lumière verte et j'arrête le taxi. Depuis quelques années (et l'arrivée des VTCs :)), il y a beaucoup plus de taxis disponibles. Temps d'attente : 0 min et je n'ai pas eu besoin de laisser la moitié de ma vie (nom, adresse, email, numéro de carte bleue) juste pour me déplacer. Dans le même temps, j'ai commandé un Uber qui n'arrive pas : au bout de 10 min finalement le voilà après avoir vu trois taxis me passer sous le nez. C'est son premier jour il n'avait pas compris que la rue était en sens unique. Le taxi prend la carte bleue : ce n'est pas toujours mais de plus en plus fréquent. Il connaît bien la ville et évite les bouchons. Nous sommes deux et il fait un itinéraire pour poser l'un puis l'autre. Dans le même temps, il y a un bug sur l'appli Uber du chauffeur, le GPS se coupe, il s'arrête sur le côté pour reparamétrer. Il est visiblement strictemebt incapable de savoir où il est. De plus, comme on doit faire un stop pour déposer quelqu'un, ce n'est pas optimal. Le taxi me dépose, je paye un prix, toujours plus ou moins le même pour ce trajet. Uber me dépose, le prix est plus élevé que d'habitude car il y avait affluence paraît-il. J'ai beaucoup de mal à comprendre cette histoire de surge pricing.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Zeyesnidzeno
12/06/2015 06h54 - Zeyesnidzeno

Même en se limitant à la stricte expérience client, il me semble que le récit n'est pas tout à fait objectif. L'appli Gratuite G7 déployée depuis plus d'un an offre exactement le même service de réservation, de suivi geolocalisé et de paiement par CB (le chauffeur dispose systématiquement de ce mode de paiement , l'appli propose même la possibilité (pas l'obligation) de payer en ligne) Par ailleurs, présenter le chauffeur de taxi comme moins à l'aise qu'un chauffeur UBER pour trouver sa route dans Paris (ou pour utiliser un simple GPS) ça ne me semble pas refléter une réalité. Bref, l'expérience client et le respect du cadre réglementaire ne me semblent pas contradictoires, pourvu qu'on ait tenté de vivre à fond toutes les expériences clients.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Gilles
11/06/2015 13h45 - Gilles

Comme tous les services, les taxis doivent suivre le progrès ( géolocalisation, réservation à distance) . Par contre, je suis pour que les taxis soit au même niveau technologique que Uber. ( lancement raté de l'application de la Mairie de Paris "Paris Taxis"). Après effectivement la qualité du service fera la différence.

Répondre au commentaire | Signaler un abus

Annie
11/06/2015 12h14 - Annie

Uber est une bonne alternative aux taxis classiques, vraiment pratique, le compteur démarre à zéro contrairement aux taxis… C’est une bonne chose un peu de concurrence, cela poussera peut être les taxis à améliorer leurs services!

Répondre au commentaire | Signaler un abus

marc bosvieux
11/06/2015 11h45 - marc bosvieux

Bravo pour cet éclairage sur le sujet Uber Le métier qui consiste à transporter une personne d'un point A à un point B n'est pas prêt de disparaître Le sujet de fonds est effectivement le service rendu au client et la qualité de ce service. Un voyage ne se résume pas à une équation théorique... Marc Bosvieux

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media