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Un microscope à gouttelettes

Avec quelques gouttes de polymère transparent, deux Leds, une batterie et un smartphone, des chercheurs australiens ont réalisé un dermatoscope : un microscope pour voir les détails de la peau (x60), à un prix imbattable.
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Un microscope à gouttelettes
Un microscope à gouttelettes © D.R.

Une gouttelette de liquide transparent, chacun l’a observé, peut jouer le rôle d’une lentille optique. Mais encore faut-il contrôler sa forme pour obtenir l’image voulue. C’est ce qu’on fait des chercheurs australiens qui, en déposant des gouttes de polymère (PDMS) sur une plaque de verre, ont transformé un smartphone standard en microscope pour… 2 dollars?!

Le petit dispositif fabriqué par une imprimante 3D se fixe sur le smartphone, qui devient ainsi un microscope dermatologique ou "dermatoscope". Il grossit des images de la peau 60 fois. Le dispositif contient 2 Leds, une petite batterie, et une plaque de verre sur laquelle une gouttelette de polymère sert de lentille grossissante. Très peu cher et facile à fabriquer (sans moule), ce type de microscope pourrait rendre de grands services pour des télédiagnostics, car l’image prise sur le terrain peut être immédiatement envoyée par le smartphone.

Les chercheurs ont eu cette idée un peu par hasard, en observant des gouttes de PDMS répandues par accident sur une plaquette de verre. Mais ils ont ensuite mis au point un procédé simple pour contrôler la forme de la gouttelette, et donc sa focale.

Pour mettre en forme la goutte, ils ont utilisé la force la plus universellement répandue?: la gravité. La plaquette sur laquelle la goutte est déposée (100 microlitres) est immédiatement retournée, et c’est la compétition entre la force de gravité et la tension de surface qui donne sa courbure à la goutte. Celle-ci, en suspension, est alors placée 15 minutes dans un four à 70 °C pour cuire le polymère. L’opération est répétée - en superposant des gouttes - jusqu’à obtenir la focale voulue. Avec ce procédé, l’équipe australienne est parvenue à obtenir un grossissement maximal de x160, pour une résolution de 4 microns. L’étape suivante sera de paralléliser le procédé de fabrication, afin de l’accélérer. Un groupe allemand s’est montré intéressé, affirment les chercheurs.

Thierry Lucas

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