Un robot peut-il monter un meuble Ikea ?

Des chercheurs de Singapour (Nanyang Technological University) ont relevé le défi : confier à un robot à deux bras la tâche délicate d’assembler un meuble en kit.

Quelques questions restent en suspens, mais les poser fait progresser la science.

Partager

Quiconque a passé un dimanche après-midi à monter un meuble en kit le sait, l’opération est parfaitement réalisable par un être humain calme, patient et endurant. Ces trois caractéristiques existent en standard chez les robots, qui ont d’autres défauts. C’est ce qu’ont pu constater des chercheurs de l’université technologique de Nanyang (Singapour), en tentant de relever un défi un peu fou : faire assembler une chaise Ikea par un robot.

Autant le dire tout de suite, ils n’y sont pas parvenus. Mais une première étape a été franchie. Leur robot s’est montré capable d’insérer une cheville (1A) dans l’orifice prévu (2A) de la planche (1B). Opération réalisée sans trucage (voir la vidéo), et dans des conditions réalistes. Ou presque : les pièces à monter étaient clairement disposées sur une surface bien éclairée, et le robot reste insensible au bruit ambiant, comme aux conseils plus ou moins avisés.

Le robot repère la cheville sur le plan de travail, la saisit, puis s’empare de la planche de bois, et finalement insère – après quelques tâtonnements - la cheville dans un trou de la planche. Cette simple tâche a demandé les grands moyens. Un robot à deux bras (6 axes chacun), équipés de préhenseurs (des pinces), eux-mêmes dotés de capteurs de force, qui permettent au robot d’ajuster sa préhension d’un objet, et de contrôler le contact entre objets (entre une cheville et la planche, par exemple). Indispensable, pour compléter les informations données par le système de vision à six caméras.

Au passage, les chercheurs estiment qu’ils ont fait progresser la recherche en robotique. En effet, pour que leur système fonctionne, ils ont d’abord décomposé cette tâche d’assemblage de précision en une liste d’actions élémentaires, qui pourra servir de guide lors de la conception d’autres systèmes robotisés.

Pour la suite, l’équipe de Singapour envisage d’ajouter la vision 3D au système, et de travailler sur la fusion entre les informations de vision et celles venues des capteurs de force. Le tout dans le but d’accélérer les phases d’exploration : quand le robot, cheville en main, cherche un peu laborieusement le trou pour l’insérer... Et les chercheurs n’oublient pas leur but à long terme : achever de monter cette £@¥Üð? de chaise !

Sujets associés

NEWSLETTER L'Usine Digitale

Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes...

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

ARTICLES LES PLUS LUS