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Un sixième sens au creux de la main

Avec un petit ruban ultra-mince dans la paume de la main ou au bout des doigts - un capteur magnétorésistif - l’être humain peut enfin faire aussi bien qu’un oiseau, un requin, un insecte ou une bactérie : détecter un champ magnétique. Les applications visent aussi la robotique.
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Un sixième sens au creux de la main
Un sixième sens au creux de la main © IFW

L’homme augmenté qu’on nous promet, à coup de manipulations génétiques et d’électronique implantée dans le corps, fait peur. Mais pour "augmenter" l’homme, on peut déjà accroître ses facultés de perception. C’est ce qu’ont fait des chercheurs allemands (IFW, Dresde), en collaboration avec des équipes japonaises, en créant des capteurs de champs magnétiques suffisamment souples et extensibles pour s’adapter de manière imperceptible à n’importe quelle surface, y compris la peau d’un être humain. Et le doter ainsi d’un "sixième sens", réservé jusqu’ici à d’autres espèces, comme les oiseaux qui l’utilisent pour s’orienter.

Ces capteurs ultra-minces (moins de deux microns) reposent sur l’effet magnétorésistif géant (GMR) : la baisse sensible de la résistance électrique dans des matériaux en couches minces en présence d’un champ magnétique. Le phénomène, découvert par le physicien français Albert Fert (co-prix Nobel 2007 pour ces recherches), est exploité notamment dans les têtes de lecture des disques durs.

Capteur GMR sur feuille de PET

L’innovation des chercheurs de l’IFW est d’avoir créé des capteurs GMR - des multicouches de cobalt et de cuivre, par exemple - sur des feuilles de plastique (PET) minces. Le résultat pèse trois grammes au mètre carré, est ultra-flexible et extensible, et peut donc suivre les mouvements d’une main, par exemple, en restant parfaitement fonctionnel. Avec un petit morceau de ruban GMR au creux de la main, ou au bout des doigts, connecté électriquement vers l’extérieur par un fil de cuivre, un expérimentateur volontaire a pu ainsi détecter la présence d’un aimant et évaluer sa distance suivant l’effet mesuré.

Les chercheurs estiment que ce type de peau électronique pourrait équiper des robots, et créer de nouvelles interfaces sans contact avec des équipements électroniques. Ils veulent maintenant travailler sur des versions sans-fil de leur dispositif.

Thierry Lucas

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