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Une coalition d'acteurs dépose une plainte contre Microsoft pour abus de position dominante avec OneDrive

Une trentaine d'entreprises et d'associations représentatives du secteur a formé une coalition contre la position de Microsoft dans le secteur des outils collaboratifs (stockage en ligne, visioconférence...). Nextcloud, à la tête de ce groupement, estime que l'installation par défaut des logiciels OneDrive et Teams réduit la liberté de choix du consommateur. Une plainte antitrust a été déposée devant la Commission européenne et l'autorité allemande de la concurrence. Des poursuites en France sont également envisagées.
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Une coalition d'acteurs dépose une plainte contre Microsoft pour abus de position dominante avec OneDrive
Une coalition d'acteurs dépose une plainte contre Microsoft pour abus de position dominante avec OneDrive © Microsoft

Une coalition d'une trentaine d'entreprises et d'organisations, baptisée "Coalition for a Level Playing Field", a déposé une plainte antitrust contre Microsoft devant la Commission européenne et l'autorité allemande de la concurrence (Le Bundeskartellamt). Une troisième plainte pourrait également être lancée en France, d'après les membres.

C'est la société allemande Nextcloud qui propose une solution de partage et de stockage de fichiers qui mène cette procédure, a-t-elle expliqué dans un communiqué publié le 26 novembre 2021.D'après les plaignants, parmi lesquels se trouvent la start-up française Talkspirit éditrice de solutions collaboratives, Microsoft abuse de sa position dominante avec OneDrive, l'outil de stockage en ligne concurrent de Google Drive ou de Dropbox par exemple, et sa solution de discussion en groupe Teams.

Une installation par défaut
Plus précisément, Nextcloud estime que l'entreprise favorise OneDrive et Teams en les "préinstallant par défaut" dans Windows. Ce qui "rend presque impossible la concurrence avec [ces] services SaaS". D'où la plainte antitrust car ces entreprises proposent des services concurrents.

Bien que la procédure le vise spécifiquement, Microsoft n'est pas un cas isolé, d'après la coalition. Les grandes entreprises technologiques ont des comportements similaires qui empêcheraient les plus petits acteurs de croître en Europe, peut-on lire dans le communiqué. "Microsoft, Google et Amazon ont augmenté leur part de marché de 66% sur le marché européen, les fournisseurs locaux passant de 26% à 16%", d'après le regroupement qui ne cite pas la source de ces chiffres.

Faire tomber "les barrières"
Pour mettre fin à ces "nuisances", la coalition demande à l'Union européenne de s'assurer qu'il n'existe plus de "barrières" à l'entrée pour les plus petites acteurs. Elle plaide également pour la mise en place de "normes ouvertes et une interopérabilité qui rendent possible une migration facile".

Microsoft fait face à des accusations similaires de la part de Slack, entreprise éditrice d'un logiciel de discussion éponyme rachetée par Salesforce en décembre 2020. Elle a déposé une plainte en juillet 2020 devant la Commission européenne. "Microsoft a illégalement associé son produit Teams à la suite bureautique Office qui a une position dominante sur le marché", arguait Slack à cette époque dans un communiqué. Ce faisant, il "oblige des millions de clients à installer Teams, bloquer sa suppression et cache le coût réel pour les entreprises" utilisatrices d'Office.

Slack attend donc de l'Union européenne qu'elle oblige Microsoft à commercialiser Teams comme un produit à part de sa suite bureautique. La procédure est toujours en cours. A noter qu'en réalité, Microsoft n'est pas le seul à suivre cette stratégie d'intégration. Ainsi, Google a intégré son logiciel Meet dans sa suite, Google Workspace, comme Salesforce avec Slack. Seul Zoom y échappe pour l'instant car il n'a rien dans lequel intégrer sa solution. 

En 2013, Microsoft a également été condamné par Bruxelles à une amende de 560 millions d'euros pour avoir favorisé son navigateur web, au détriment de ceux de ses concurrents.

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