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Une partie de la presse française continue son offensive et porte plainte contre Google

L'Alliance de la presse d'information générale, qui regroupe 305 journaux français, a déposé une plainte contre Google devant l'Autorité de la concurrence. Pour ne pas payer une redevance, la firme américaine a décidé de modifier l'affichage des actualités sur son moteur de recherche en France. Une annonce qui a fait l'effet d'une bombe.  
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Une partie de la presse française continue son offensive et porte plainte contre Google
Une partie de la presse française continue son offensive et porte plainte contre Google © Pixabay/Digitalpfade

Ce jeudi 24 octobre 2019 marque l'entrée en vigueur du fameux article 15 de la directive européenne sur le droit d'auteur. Mais pas que. L'Alliance de la presse d'information générale, qui regroupe 305 journaux français, a profité de cette date symbolique pour déposer plainte contre Google devant l'Autorité de la concurrence pour abus de position dominante. Une information confirmée par Reuters

 

En vertu de cette directive, un droit voisin du droit d'auteur a été créé. Ainsi, les éditeurs et agences de presse peuvent demander à Google une rémunération lorsqu'il y a reprise partielle ou totale de leurs contenus. Ce droit est valable deux ans après la publication de l'article de presse. Le géant du numérique a trouvé la parade : arrêter tout simplement d'afficher des extraits d'articles ou vignette photo pour les recherches liées à l'actualité. Concrètement, il ne reste qu'une URL. 

 

La politique s'en mêle

Cette annonce fin septembre 2019 avait fait l'effet d'une bombe. "Cette position est inacceptable", avait lancé le Premier ministre Edouard Philippe pendant les questions au gouvernement le 1er octobre 2019. Désormais, les 305 journaux attendent du gendarme français de la concurrence qu'il contraigne Google à se soumettre à la loi. Le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O soutient cette initiative. "L'attitude de Google pourrait s'apparenter à un abus de position dominante. Dans une période où des questions légitimes se posent dans le monde entier sur l'empreinte de cette entreprise, c'est un élément à charge", a-t-il tweeté. 

 

"Google ne fait qu'appliquer a loi telle qu'elle"

Une tribune signée par plus de 800 professionnels des médias a été publiée le 23 octobre 2019. Ils appellent à "une contre-attaque des décideurs publics" qui "doivent muscler les textes pour que Google ne puisse plus les détourner (…)". Pourtant, L'Usine Digitale avait interrogé Audrey Lebois, maître de conférences en droit privé, et sa réponse était limpide : "Google ne fait qu'appliquer la loi telle qu'elle".

 

Concrètement, les éditeurs de presse peuvent-ils se passer de Google aujourd'hui ? Ont-ils vraiment le choix ? "Peut-être et je dis bien peut-être que si tous les Etats membres avaient décidé de transposer ensemble (la directive sur le droit d'auteur, ndlr) au même moment il y aurait eu un rapport de force différent, expliquait alors Audrey Lebois, avant d'ajouter : mais ce n'est même pas sûr... et je pense que Google peut lui se passer de tout ça".

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