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Valls/Hamon : le match des propositions numériques

Tribune Suite aux résultats du premier tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, ce sont deux conceptions de la gauche qui s'affrontent. Y compris en matière de numérique. Manuel Valls et Benoit Hamon empruntent incontestablement deux voies divergentes sur ce sujet, constate le think tank Renaissance numérique dans son analyse hebdomadaire.
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Valls/Hamon : le match des propositions numériques
Valls/Hamon : le match des propositions numériques © Renaissance Numérique

Avec 18 propositions relatives au numérique chacun, Benoit Hamon et Manuel Valls comptaient parmi les candidats les mieux outillés de la Primaire, sur les sujets numériques. Mais leurs priorités divergent : la modernisation de l’État et de la démocratie, la régulation des plateformes et l’émergence de nouvelles formes de travail figurent parmi leurs sujets-clés.

 

Hamon mise sur la démocratie numérique

Pour Benoît Hamon, la modernisation des institutions et de la démocratie est un des axes principaux de son programme numérique, avec 6 propositions sur cette thématique. Il propose d’instaurer de nouveaux dispositifs institutionnels numériques pour rapprocher le citoyen des pouvoirs publics, avec comme mesure phare le 49.3 citoyen, mais aussi les "amendements citoyens" lors de l’écriture de la loi ou le budget participatif au niveau national. Avec une seule proposition, vague, sur la construction de la loi, Manuel Valls est beaucoup moins prolixe sur le sujet.

 

Deux moyens différents de taxer les GAFA

Les deux candidats s’accordent le principe de réguler l’activité des plateformes en s’appuyant sur la régulation européenne, notamment par l’harmonisation de la fiscalité.

 

Mais la méthode déployée par les deux candidats diverge. L’ancien Premier Ministre tient à redéfinir la législation européenne en revenant sur le statut d’hébergeur (directive e-commerce de 2000) et propose "une mesure spécifique pour taxer l’activité des multinationales du numérique, là où leur chiffre d’affaires est réalisé".

 

Benoît Hamon, lui, souhaite négocier "la création d’un nouvel impôt européen sur les GAFA et les multinationales". Il entend par la même occasion "mettre en place un reporting public pays par pays pour toutes les entreprises afin d’identifier les activités de leur filiale et repérer les sociétés "boîtes aux lettres".

 

Ubérisation du travail et ses conséquences légales

Alors que Benoit Hamon serait prêt à "requalifier des 'collaborateurs' (Uber) en salariés', Manuel Valls fait part d’une vision moins interventionniste où l’État serait en mesure de 'faciliter le recrutement de chauffeurs français par les plateformes offrant des engagements de loyauté et les meilleures conditions de travail'. On reconnaît là finalement certaines actions déjà entreprises par son gouvernement dans la gestion de la crise Taxis contre VTC.

 

Sur le sujet de l’économie collaborative et de son corollaire, la montée du travail indépendant, Benoit Hamon suggère la création d’un "statut unique pour tous les actifs" afin de dépasser la distinction entre salariat et travail indépendant.

 

Sur le plan social, tous deux prévoient que les employeurs des nouvelles formes de travail contribuent à la protection sociale de leurs salariés. Benoit Hamon souhaite "que l’employeur/euse paye ses cotisations sociales, et que ces salariés/ées bénéficient de leurs droits", et Manuel Valls souligne que "lorsqu’il y a dépendance économique par rapport au donneur d’ordre, celui-ci devra contribuer à cette protection".

 

La cerise sur le robot

C’est sur l’avenir du travail que les candidats se distinguent le plus clairement.


Manuel Valls semble plus optimiste sur le futur du travail grâce aux technologies numériques, prévoyant l’essor "de la robotisation et des technologies de l’intelligence artificielle" un vecteur d’amélioration des conditions de travail. Il va même jusqu’à dire dans son programme que "nous avons besoin de plus de robots".

À contrario, Benoit Hamon voit ces évolutions comme de véritables menaces pour l’emploi, et propose de "créer une taxe sur la richesse créée par les robots afin de financer notre protection sociale." C’est cette taxe qui, notamment, prévoira de financer sa mesure la plus débattue des Primaires certainement : le revenu universel.

 

Le numérique reflète donc la cohérence des deux programmes, qui par essence, incarnent deux projets politiques bien différents. Mais leur vision du numérique a en commun qu’elle mesure encore peu les enjeux pourtant considérables, relatifs à la culture, à la santé et à l’agriculture.

 

Analyse complète des programmes des deux candidats par Renaissance Numérique

 

 

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