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[Weedtech] Aux États-Unis, la planète tech s’enflamme pour le "cannabiz"

Ce 1er janvier 2018 marque la mise en application de la dépénalisation de l’usage récréatif de la marijuana en Californie. Logiciel Saas, plateforme de livraison, réseau social… Ces derniers mois, la planète tech a vu des dizaines de start-up se lancer dans le secteur florissant du cannabis : le cannabusiness. Qui sont-elles ?
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[Weedtech] Aux États-Unis, la planète tech s’enflamme pour le cannabiz
[Weedtech] Aux États-Unis, la planète tech s’enflamme pour le "cannabiz" © Flickr/cc Brett Levin

Le 9 novembre 2016, vingt ans après la légalisation du cannabis médical, 56% des Californiens ont dit “oui” à la marijuana récréative par voie de référendum, en même temps qu’ils choisissaient leur nouveau président. Outre-Atlantique, sept États ainsi que le district de Columbia où se trouve la capitale américaine, ont dépénalisé l’usage récréatif de la marijuana. Et au total, douze Etats l’autorisent à des fins médicales.

Selon Arcview Market Research, le marché s'élevait à 6,7 milliards de dollars en 2016 et devrait atteindre 22,6 milliards de dollars en 2021.  Le passage à la nouvelle année a donné le coup d’envoi de la ruée vers l’or vert en Californie. En 2017, le Golden State a généré 27 % du chiffre d’affaires du secteur simplement avec les ventes à usage thérapeutique. Une douce odeur de profit flairée par la planète tech. Plus de 130 entreprises ont levé des fonds dans le secteur émergent de la “weedtech”.

 

Les softwares du canabusiness
Sa plateforme CRM d’automatisation marketing est utilisée par 250 dispensaires à travers pas moins de dix États américains. Basée à Denver dans le Colorado - pionnier de la légalisation du cannabis -, Baker Technologies a une position de leader sur ce pan de la weedtech. 
“Le Salesforce de la marijuana”, comme le dit Techcrunch, a réalisé un tour de table de 3,5 millions de dollars l’été dernier et vient d’acquérir la start-up Grassworks Digitals, spécialisée dans le marketing digital à destination des retailers du cannabis. Passée par le prestigieux accélérateur 500Startups, Baker Technologies aurait signé une augmentation de capital de 8 millions de dollars le mois dernier.

Sa technologie est utilisée par les agences de régulation pour suivre les ventes de graines de cannabis et éviter qu’elles ne soient écoulées au marché noir. Fondée en 2013 à Los Angeles, Kind Financial a été la première start-up de la weedtech a tapé dans l’oeil de l’un des géants du numérique : Microsoft. Grâce à ce partenariat signé en juin 2016, Kind Financial peut proposer son logiciel dans le cloud, en exploitant Azure Government. Ce qui lui permet d’être en conformité avec les exigences des administrations américaines.

Ce partenariat a eu le mérite de faire baisser la garde de certains investisseurs traditionnels, plutôt méfiants à l’idée d’injecter des fonds dans ce secteur très connoté et encore instable. Zack Bogue, de Data Collective, expliquait au Washington Post que son fonds restait à distance de la weedtech car “investir dans le secteur du cannabis car c’est comme investir dans l’industrie du porno”.

 

Les Uber de la marijuana
GreenRush, EAZE, Meadow, Grassp, Nugg, SpeedWeed… Les start-up sont nombreuses à se lancer dans la course à la livraison. Dans la Silicon Valley, EAZE pourrait bien devenir une des premières licornes de la weedtech. Son pitch ? Livrer les consommateurs à domicile en moins de dix minutes. La start-up met en relation les utilisateurs avec un ensemble de producteurs et de chauffeurs livreurs.

Fondée en 2014, EAZE a commencé à faire parler d’elle en se faisant financer par le fonds de capital risque de Snoop Dog, Casa Verde Capital, en avril 2015. Portée par la mise en application de la légalisation de la marijuana en Californie, la jeune pousse a levé 27 millions de dollars en septembre dernier. Et en matière de campagne marketing, l’entreprise met le paquet. Dans les rues de San Francisco, d’immenses panneaux publicitaires affiche un slogan très évocateur : "Salut la marijuana, au revoir la gueule de bois".
 

 


Les accélérateurs pour "ganja entrepreneurs"
On connaissait les accélérateurs de start-up dédiés à la Fintech ou bien au cloud computing, désormais, certains programmes se consacrent entièrement à la weedtech. C’est le cas d’un accélérateur fondé à Oakland en 2015. Gateway investit 50 000 dollars par start-up, en échange de 6 % de capital, à raison de deux promos composées d’une dizaine de jeunes pousses par an.

À Oakland, un autre accélérateur officie pour le développement de la weedtech. The Hood Accelerator aide les opérateurs du marché noir à transiter vers un business légal. Les entrepreneurs en herbe y sont formés au béaba du cannabusiness. Et du côté de Boston, dans le Massachusetts, la société de conseil Green Lion Partners a organisé le premier Cannabis Start-Up Challenge en novembre dernier.
 

Le réseau social du cannabis
Il est surnommé le "Facebook du cannabis". Fondé en 2013 à Denver, MassRoots est un réseau social très actif qui réunit une communauté autour de la thématique du cannabis. Près d’un million de membres y échangent des informations sur leur consommation, leurs dispensaires favoris ou encore sur les dernières nouvelles en matière de régulation dans les États américains.

La start-up de la weedtech veille à entretenir son image. En avril 2017, elle a signé un partenariat avec Lyft afin de mener une campagne de sensibilisation sur les risques encourus par la conduite sous l'emprise du cannabis. MassRoots tend également à diversifier ses activités, avec le récent rachat d’Odava (Compliance Technology Platform) mais elle a connu quelques turbulences en interne ces trois derniers mois. Son fondateur, Isaac Dietrich, a été évincé par le conseil d’administration avant de finalement reprendre son poste.


La fintech de la weedtech
Avec les start-up du cannabusiness, les banques jouent la carte de l’attentisme. Aux Etats-Unis, seules 301 banques (3 % des organismes financiers du pays) étaient autorisées à travailler avec des entreprises de la weedtech en 2016. Même son de cloche du côté de Wall Street qui a refusé une première fois l’entrée en bourse de MassRoots en mai 2016.

Certaines start-up s’affairent pour contourner le blocage des banques à leur égard et proposer une alternative au paiement en espèces. C'est le cas de Tokken, un service de paiement sécurisé qui fait office de tiers de confiance entre l’acheteur et le vendeur légal de marijuana. Fondée par Lamine Zarrad - un ancien Marine et ex-inspecteur de l’Office of the Comptroller of the Currency - l’application mobile est une sorte de portefeuille électronique pour les utilisateurs en convertissant les dollars des transactions en jetons (token). Tokken utilise la technologie blockchain pour certifier les transactions et aider les dispensaires à rester en conformité avec les réglementations strictes entourant le secteur.

 

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