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WeWork, OneWeb, Vision Fund… Les mauvais investissements de Softbank vont lui coûter 24 milliards de dollars

Vu ailleurs Softbank s’attend à des pertes de 24 milliards de dollars suite à ses investissements infructueux dans des start-up comme WeWork ou OneWeb, ainsi que via son Vision Fund. Des erreurs stratégiques d'autant plus graves qu'elles se sont faites sur des emprunts, le groupe étant très endetté. Pour éponger ces pertes, il se retrouve contraint de vendre ses parts dans l'entreprise chinoise Alibaba.
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WeWork, OneWeb, Vision Fund… Les mauvais investissements de Softbank vont lui coûter 24 milliards de dollars
WeWork, OneWeb, Vision Fund… Les mauvais investissements de Softbank vont lui coûter 24 milliards de dollars © Flickr - MIKI Yoshihito

Le conglomérat japonais Softbank a indiqué lundi 13 avril 2020 s’attendre à perdre 24 milliards de dollars suite à une série d’investissements infructueux. Sont concernées les sommes dépensées pour son Vision Fund, dédié aux "technologies de rupture" et doté de près de 100 milliards de dollars, ainsi que ses paris sur des start-up comme WeWork, spécialiste de la location de bureaux partagés (coworking) ou OneWeb, qui ambitionnait de déployer une constellation de microsatellites.

Ses milliards de dollars n'ont pas suffit à faire réussir ces jeunes pousses. WeWork est dans la tourmente après des mois de chaos, et OneWeb vient de se placer en faillite en mars 2020, faute d’un nouvel apport financier de la part de Softbank.

TROMPERIE SUR LA MARCHANDISE

Softbank estime que ces 24 milliards de dollars de perte participeront à la création d’une dette globale d’environ 7 milliards de dollars sur l’année, après agrégation de toutes ses activités. Un constat qui a poussé le président-fondateur du conglomérat japonais, Masayoshi Son, à reconnaître en novembre 2019 que sa "décision d’investir était mauvaise de bien des façons". Avec son Vision Fund, un fonds d'investissement de 100 milliards de dollars, l’homme d’affaires s'était targué de placer son argent – et celui de nombreux partenaires – dans des entreprises spécialisées dans la robotique, le machine learning ainsi que les télécoms. Il disait pouvoir en retirer un bénéfice net de plusieurs centaines de milliards de dollars à terme.

Mais dans les faits, il ne s'est pas du tout focalisé sur les technologies de rupture, comme le pointe TechCrunch. Il a surtout réalisé des investissements colossaux dans l’immobilier (WeWork, OpenDoor ou Compass), l’e-commerce (Brandless), l’assistance pour les animaux domestiques (Wag) ou la livraison de nourriture (DoorDash). C’est donc un Vision Fund finalement assez peu visionnaire qu’a bâti le dirigeant japonais, qui paie aujourd’hui les pots cassés de cette stratégie.

Si la plupart de ces investissements ne se sont pas révélés fructueux, aucun n’a autant contre-performé que WeWork. La start-up a vu sa valorisation fondre de 40 à 8 milliards de dollars. Alors que le Japonais avait semblé, fin 2019, assumer son erreur de jugement en indiquant ne réinjecter trois milliards de dollars pour la renflouer, il a décidé au début du mois d’avril de se désengager en retirant son offre publique d’achat. La pandémie de Covid-19 a dû accélérer cette décision, puisqu’elle pourrait être de nature à porter le coup de grâce au spécialiste new-yorkais du coworking.

SOFTBANK SORT LA TÊTE DE L’EAU GRÂCE À ALIBABA

Softbank peut au moins se réjouir d’un de ses investissements. Lui qui a tardé à faire fructifier son investissement dans Slack, une plate-forme de discussion collaborative pour entreprises, se réjouit de l’adoption massive de cette dernière depuis que le télétravail est devenu la règle pour pallier le confinement de la population. Il faut noter malgré tout qu'il est désormais loin derrière Microsoft Teams sur son marché.

Si le conglomérat japonais continue de se tenir debout malgré ces nombreux revers, c’est parce qu’il repose sur des fondations solides dans le secteur des télécoms et qu’il possède des parts très précieuses dans le groupe chinois Alibaba. C'est cet ancien investissement qui avait d'ailleurs donné à Masayoshi Son sa réputation d'investisseur hors pair. Il se retrouve contraint aujourd'hui de se défaire de ces parts pour éponger ses dettes. Softbank entend ainsi récupérer 41 milliards de dollars dans l’année à venir.

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