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Air France teste le 100% Wi-Fi en vol sur deux Airbus A320... pour se différencier

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Cas d'école Les passagers de certains vols français et européens d’Air France pourront se connecter au Wi-Fi et même regarder la télévision en direct. Ce test d’une solution par satellite que la compagnie aérienne réalise avec Orange et l’américain Global Eagle Entertainment, s’étend durant trois mois, jusqu'à mi avril.

Air France teste le 100% Wi-Fi en vol sur deux Airbus A320... pour se différencier
Air France teste le 100% Wi-Fi en vol sur deux Airbus A320... pour se différencier © Emmanuelle Delsol

Entre mi-janvier et mi-avril, certains passagers d’Air France pourront naviguer sur le web, twitter, chatter, vider leurs mails… en Wi-Fi sur leurs équipements mobiles, durant tout le vol, sans limite, décollage et atterrissage compris. Mais il leur faudra s’acquitter de 5 euros par vol intérieur et 10 euros vers l'Europe... et avoir un peu de chance.

 

Car la compagnie aérienne ne mène à bien ce test pour l’instant que sur deux Airbus A320 en court et moyen-courrier. Ces appareils volent principalement en France sur les trajets "navettes" et vers quelques villes d’Europe.

 

test payant

Pour 5 euros de plus, il sera également possible d’accéder à un catalogue de films, séries et jeux en streaming, ainsi qu’à 6 chaînes de télévision en direct. Un service accessible en plus ou en parallèle du premier service.

Avec cet essai temporaire sur deux appareils, Air France veut évaluer le bon fonctionnement technique et la qualité du service, le réglage de la bande passante, les usages, l’ergonomie, l’offre commerciale… Selon l’entreprise, le service pourrait être lancé dans les semaines qui suivront les tests en cas de résultats satisfaisants. 

 

UN SEUL SATELLITE NÉCESSAIRE POUR L’INSTANT

Air France a fait appel à Orange Business Service (OBS) pour intégrer la solution technique créée par l’Américain Global Eagle Entertainment, concepteur de systèmes multimédia pour l’aviation. Six antennes Wi-Fi sont réparties dans la cabine de façon à obtenir la plus grande homogénéité de signal possible. Elles sont reliées à une antenne satellite installée au-dessus de l’appareil, à l’extérieur. Pour le test sur des trajets français et européens, l’accès à un seul satellite connecté à Internet, suffit. Des trajets transcontinentaux – qui ne sont pas envisagés à ce stade par Air France – en exigeraient six ou sept. Un serveur à bord héberge par ailleurs les catalogues multimédias.

 

 

 

 

Décollage et atterrissage compris

De nombreuses compagnies aériennes, en particulier aux Etats-Unis, proposent déjà du Wi-Fi en vol. Air France a donc souhaité se différencier, et ce de plusieurs façons. D’abord en proposant une connexion à ses passagers dès qu’ils sont installés dans l’avion et jusqu’à ce qu’ils débarquent, y compris durant le décollage et l’atterrissage. Jusqu’ici, les dispositifs de connexion en dessous de 10000 pieds (3000m) d’altitude n’étaient pas autorisés. Air France a peaufiné une demande de certification de la mise en place d’un tel système de Wi-Fi à bord et de son utilisation par les passagers, auprès de l’EASA (European Aviation Safety Agency) et l’a obtenue.

 

Des antennes dans le fuselage

Parmi les critères qui ont pu convaincre l’agence, Global Eagle Entertainment précise que ses antennes sont installées dans le fuselage et non dans le radar comme chez ses concurrents. Une méthode qui entraîne une surchauffe en particulier au décollage et à l’atterrissage. Air France et Orange s’assurent aussi que le niveau d’ondes générées en cabine ne dépasse pas les seuils sanitaires autorisés, et bien sûr, n’interfère pas avec l’électronique de bord. Les deux systèmes sont isolés l’un de l’autre, à l’exception près néanmoins, des informations de vols fournies au passager par Wi-Fi.

 

Une expérience convaincante

Sans connaitre le débit, l’expérience est plutôt convaincante, même si elle présente des petits défauts de démarrage qu’il faudra corriger pour séduire un internaute payant. L’accès au service, le paiement (par carte, Paypal ou sur la facture mobile Orange) et la connexion sont assez simples, rapides et efficaces. Il est possible de regarder un match de tennis en direct sur Eurosport presque sans problème. Le gel de l’écran, par exemple, pouvant aussi être attribué au streaming. Reste qu’un "pass wifi" payé par le client ne lui permet de connecter qu’un seul de ses appareils mobiles. Et que pour acheter un autre pass, l’ergonomie du service qui sort alors de sa zone de confort, laisse un peu à désirer.

 

L’envie d’une connexion sans couture

Des questions plus complexes pourraient se poser à Air France. A moyen terme, les utilisateurs pourraient souhaiter disposer d’une connexion "sans couture". De chez eux jusqu'à à leur destination, ils auront de moins en moins envie de zapper entre la 4G, le Wi-Fi du taxi, celui de l’aéroport et désormais celui de l’avion. Avec reconnexion manuelle à chaque étape. La future 5G, en phase de normalisation, intègre une disposition pour opérer les bascules d’un réseau à l’autre sans action du mobinaute. Air France, comme Orange, jugent le sujet encore trop complexe. Tout comme Hub One, l’opérateur télécoms d’ADP (Aéroports de Paris) qui équipe les aéroports en wifi.

 

Un équipement lourd et cher

Enfin, la rentabilité du service reste à prouver et dépend d’un grand nombre de facteurs. Même si Air France ne souhaitent pas dévoiler le coût d’équipement d’un appareil, il admet qu’il faut immobiliser chaque aéronef durant une dizaine de jours pour une installation. Au-delà des 10 euros potentiels par passager, il lui faudra peut-être s’assurer qu’un tel service conduit certains passagers à préférer Air France à d’autres compagnies. Pas simple. Mais c’est tout l’objet de cet essai de trois mois.

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