"Cela fait plusieurs années que La Poste se positionne sur la santé. Il s'agit d'associer l'humain et le numérique pour améliorer le système de santé en France, libérer du temps pour les professionnels de la santé, etc", fait remarquer Olivier Vallet, PDG de Docaposte, la filiale numérique du groupe La Poste, lorsqu'on l'interroge sur les liens entre cet opérateur historique des services postaux et le domaine de la santé. En octobre dernier, le groupe a donc lancé La Poste Santé & Autonomie avec un double objectif : proposer des services qui au service de l'humain tout en exploitant le potentiel de la donnée liée.
Pour Olivier Vallet, il s'agit de "pouvoir répondre aux enjeux de vieillissement de la population, notamment de maintenir des personnes âgées à domicile le plus longtemps possible" à travers le développement de services dédiés. Dans ce contexte, Docaposte s'est donc lancé le défi de développer une solution "éthique et souveraine" à destination des professionnels et des établissements de santé. "On dit maintenant qu'environ tous les 70 jours, le nombre de données est multiplié par deux. On voit bien qu'il y a un tsunami de données", indique le PDG de Docaposte. Et ces données sont justement exploitées au sein de la solution Dalvia Santé.
Une application mobile, deux usages concrets
Au départ, il y a une plateforme qui s'intègre au système d'information de l'hôpital. Ensuite, cela se présente sous forme d'application mobile pour les professionnels qui l'utilisent. Deux usages concrets sont présentés. Le premier permet à un professionnel de santé de sélectionner l'ensemble des documents disponibles pour un patient avec un gain de temps estimé à 10 minutes par patient.
Le second s'apparente à une fiche de liaison – un document que le médecin ou un professionnel de santé rédige à propos d'un patient. "Cela peut se faire automatiquement grâce à l'intelligence artificielle. De plus, c'est facile à utiliser", précise Olivier Vallet. Ici encore, le gain de temps estimé est de l'ordre de cinq minutes pour le professionnel. In fine, les deux usages poursuivent le même objectif, à savoir celui de la coordination des soins.
L'IA en arrière-plan dans un cadre sécurisé
Derrière cette solution, l'intelligence artificielle n'est pas loin. Docaposte s'est basé sur le grand modèle de langage ouvert Mixtral 8x7B de Mistral AI puis a effectué un travail de fine-tuning à l'aide de données fournies par l'hôpital Foch, basé à Suresnes en région Île-de-France. Ces données ont permis de passer à la phase industrielle, nous explique Olivier Vallet.
Pour ce qui est de l'aspect sécurité des données, celles-ci sont reçues par les professionnels la veille du rendez-vous avec le patient puis effacées une fois celui-ci passé. Les informations sont stockées sur le cloud de Numspot - société lancée conjointement par Docaposte (La Poste), la Banque des Territoires, Dassault Systèmes et Bouygues Telecom. L'hébergeur assurera dans le même temps l'hébergement des projets d'IA, précise Docaposte.
Des essais avec ChatGPT
A la question de savoir pourquoi la solution n'est pas basée sur l'un des modèles d'OpenAI, le dirigeant nous précise qu'il y a une logique de souveraineté qui s'est imposée, assortie d'une volonté d'appliquer la solution à tous les hôpitaux. Au mois de juin 2023, un POC (proof of concept) a cependant été réalisé avec ChatGPT pour automatiser la synthèse médicale des données qui arrivent de part et d'autre.
Résultat : la start-up française a été préférée. "Nous avons choisi Mistral AI car nous voulons une solution agnostique aux LLM, avec une notion de souveraineté et un cadre de confiance".
Un modèle économique à définir
"Nous envisageons de déployer cette solution en fin d'année avec un modèle économique dédié", affirme Olivier Vallet. Toutefois, les contours de ce dernier ne sont pas encore bien définis. Il pourrait s'agir d'un abonnement annuel avec un nombre d'utilisateurs (médecins et autres professionnels de santé) qui l'utilisent, le tout sans limite de requêtes, nous précise-t-on. La cible ? Le secteur public en priorité – via le portefeuille clients de Maincare, éditeur de logiciels de santé pour les hôpitaux acquis en février 2023 par Docaposte - suivi du secteur privé. Pour mémoire, Maincare détient à date 30% du système numérique hospitalier.
Et lorsqu'on l'interroge sur la priorité du secteur public pour ce type de service, Olivier Vallet est confiant. "Je pense que c'est une priorité, au vu de la tension qui existe dans le monde médical, de la difficulté que l'on a à prendre rendez-vous avec un médecin,… Le numérique peut aider à dégager du temps. Je suis convaincu que la puissance des données disponibles aujourd'hui peut être un accélérateur pour le secteur".
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