La start-up la plus en vogue dans le domaine de l'intelligence artificielle fait parler d'elle régulièrement et cette semaine n'échappe pas à la règle. D'après nos confrères de L'Informé, le créateur de ChatGPT ouvre des bureaux à Paris placés sous la direction de la vice-présidente financière du groupe, Janine Korovesis, et sous la présidence de Robert Wu. Cette annonce fait suite à la création d'une première filiale au Royaume-Uni il y a un peu plus d'un an.
D'après le site Pappers, la société – implantée dans le 8e arrondissement de la capitale – sous le nom d'OpenAI France depuis fin août a déclaré des "activités de commercialisation, de vente et de distribution de produits logiciels et de services connexes". Il est par ailleurs précisé qu'"elle pourra également exercer toutes activités directement ou indirectement liées à ses objectifs commerciaux principaux, y compris la recherche et le développement de produits logiciels. Toutes opérations industrielles, commerciales ou financières, mobilières ou immobilières".
Un changement de structure pour s'assurer un financement majeur
En parallèle de cette annonce explosive d'une filiale parisienne, la start-up pourrait procéder à un changement de structure. En effet, OpenAI cherche de nouveau à lever des fonds – 6,5 milliards de dollars – pour une valorisation de 150 milliards de dollars. Seul hic : ce financement repose sur une condition de taille. Il s'agit de la suppression du plafond de bénéfices imposé aux investisseurs dans sa structure actuelle. Un changement de taille qui nécessiterait l’approbation du conseil d’administration de l'organisation à but non lucratif, composé de son directeur général Sam Altman, de Bret Taylor et de sept autres membres.
Si OpenAI se prépare effectivement à céder à cette demande de la part des investisseurs, c'est pour une simple et bonne raison : rester en tête du marché de l'IA. Le tour de table pourrait être bouclé dans les deux prochaines semaines. Des investisseurs existants tels que Thrive Capital, Khosla Ventures, ainsi que Microsoft devraient participer, apprend-on. De nouveaux investisseurs, dont Nvidia, Apple ou encore Sequoia Capital envisagent également d'investir.
S'éloigner de sa mission initiale et se concentrer sur le profit
L'annonce d'un tel changement de structure fait écho aux accusations d'Elon Musk lancées en mars dernier. Ce dernier avait alors déposé plainte contre l'entreprise et son dirigeant pour violation d'accords contractuels initiaux. Il affirmait que Sam Altman et Greg Brockman l'ont convaincu en 2015 d'aider à créer et à financer l'entreprise. La promesse porterait sur le développement d'une organisation à but non lucratif axée sur la lutte contre la menace concurrentielle de Google. L’accord exigeait qu’OpenAI mette sa technologie "gratuitement à la disposition du public", selon la plainte déposée par Elon Musk.
Seulement voilà : le profit semble avoir pris le dessus sur le reste. OpenAI a déclaré que le plafond a été mis en place initialement pour "les inciter à rechercher, développer et déployer l'AGI (intelligence artificielle générale, Ndlr) d'une manière qui équilibre la commercialité avec la sécurité et la durabilité, plutôt que de se concentrer sur la pure maximisation du profit". Avec plus d'un million d'utilisateurs payants pour ses produits professionnels, ChatGPT Enterprise, Team et Edu au compteur, la start-up a effet parcouru du chemin depuis son lancement en 2015 et un retour en arrière ne semble pas à l'ordre du jour, son chatbot continuant de connaître une forte adoption.
Sam Altman renonce à son siège au sein du comité de sécurité
En parallèle de ces annonces, l'entreprise a fait part d'un remaniement au sein de son comité de sécurité créé en mai dernier. "Nous avons créé le Comité de sûreté et de sécurité pour faire des recommandations sur les décisions critiques en matière de sûreté et de sécurité alors que les modèles OpenAI atteignent chaque nouveau niveau de capacité et continuent à résoudre des problèmes difficiles". Résultat : le comité annonce devenir un comité de surveillance indépendant du board et par conséquent procéder à un remaniement interne.
Il sera donc présidé par Zico Kolter, directeur du département ML de l'école de computer science de l'université Carnegie Mellon, et comprendra Adam D'Angelo, cofondateur et CEO de Quora, Paul Nakasone, général de l'armée américaine à la retraite, et Nicole Seligman, ancienne vice-présidente exécutive de Sony. Sam Altman et Bret Taylor rendent donc les clés du comité, preuve que le mot indépendance a finalement un sens au sein de l'entreprise.
A noter que dans son travail mené ces derniers mois, le comité de sûreté et de sécurité a notamment examiné à la loupe la famille de modèles o1 lancée récemment.


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