Robotique : Hyundai investit 5,3 milliards d’euros dans un pôle d’innovation en Corée du Sud

Le constructeur automobile met les bouchées doubles dans l’IA avec la création d’un pôle d’innovation à 5,3 milliards d’euros en Corée du Sud. Près de deux tiers du montant sera consacré à la construction d’un centre de calcul dédié à la conduite autonome et la robotique, qui sera équipé de 50 000 GPU.
Hyundai

Hyundai entend bien s’imposer comme l’un des principaux acteurs mondiaux de la conduite autonome et de la robotique. Le constructeur automobile a signé ce 27 février un accord avec le gouvernement sud-coréen et des autorités régionales pour la création d’un pôle d’innovation à Gunsan, sur la côte Est du pays. Montant total de l’investissement : 9000 milliards de wons, soit 5,3 milliards d’euros. Les travaux débuteront en 2027 et s’achèveront deux ans plus tard.

Un pôle de fabrication capable de produire 30 000 robots par an

La majorité de cette somme (3,4 milliards d’euros) sera dédiée à la création d’un centre de calcul pour l’IA, qui sera destiné au stockage et traitement des données pour le développement de véhicules autonomes et l’entraînement des robots. Il sera équipé de 50 000 GPU. En octobre dernier, Hyundai avait annoncé la création d’une “usine d’IA” avec Nvidia pour l’entraînement et le déploiement de modèles dans la conduite autonome et la robotique, comprenant 50 000 GPU basés sur l’architecture Blackwell. Hyundai n’a cependant pas précisé s’il s’agissait de la même installation, le projet étant à l’époque doté d’une enveloppe de 2,5 milliards d’euros.

400 milliards de wons (277 millions d’euros) seront en outre consacrés à l’installation d’un “pôle de fabrication robotisée”. Il sera capable de produire 30 000 systèmes par an et devrait comprendre à la fois une fonderie et une zone d’approvisionnement de composants. Hyundai reste bien peu précis sur le type de robots produits, mentionnant simplement des robots de transport de type AMR (qui évitent les obstacles en recalculant leur trajectoire) et AGV (sans intervention humaine mais qui suivent des trajets fixes). Les robots seront entraînés et validés dans un centre dédié, installé en Corée.

71 000 emplois possiblement créés

À travers ce pôle, Hyundai espère aussi “soutenir la transition des fournisseurs de composants automobiles vers la fabrication de composants robotiques”. Enfin, près de 600 millions d’euros serviront à financer des installations d’hydrogène à grande échelle, 760 millions d’euros iront à des infrastructures solaires, plus 230 millions d’euros pour des projets de smart city. Le constructeur s’attend à ce que ce pôle génère 16 000 milliards de wons (11,1 milliards d’euros) pour l’économie et crée 71 000 emplois directs et indirects.

Cette annonce s’inscrit dans le cadre des efforts menés par Hyundai dans la robotique. Sa filiale Boston Dynamics a présenté à l’occasion du CES 2026 la dernière version du robot humanoïde Atlas, qui seront équipés des modèles d’IA Gemini Robotics, et prévoit de construire une usine capable de produire jusqu’à 30 000 robots par an d’ici à 2028.

Dans la conduite autonome, Hyundai dispose de sérieux atouts. Son modèle Ioniq 5 est parfaitement adapté pour intégrer des solutions de conduite autonome partenaires : d’après le Korea Economic Daily, il devrait fournir 50 000 exemplaires à Waymo pour agrandir sa flotte. Le constructeur possède également avec l’équipementier Aptiv la coentreprise Motional, qui prévoit de lancer un service de taxis autonomes à Las Vegas avant la fin d’année.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Cherche talents numériques
Témoignage : faire carrière dans le nucléaire, une mauvaise idée ?

Le nucléaire suscite souvent des idées reçues : secteur réservé aux ingénieurs, journées confinées en centrales, missions où tout se passe sur papier... Pourtant, de nombreuses entreprises, comme Assystem, première entreprise d’ingénierie nucléaire en Europe, démontrent que la réalité est tout autre, comme en témoignent Adeline, Victor et Gaëlle.

Le témoignage
Les webinars