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Worldline veut se mesurer aux géants américains de l’e-paiement

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En introduisant sa filiale de paiements électroniques Worldline en bourse, Atos lui donne les moyens de financer sa croissance sur un marché porteur. Au programme: des acquisitions pour créer un leader européen capable de rivaliser en taille avec les géants américains du secteur comme First Data.

Worldline veut se mesurer aux géants américains de l’e-paiement
Worldline veut se mesurer aux géants américains de l’e-paiement

Le projet d’introduction en bourse de Worldline, la filiale de paiements électroniques d’Atos, se concrétise avec la réception du visa de l’AMF, l'Autorité des marchés financiers. Le placement des 255 millions d’euros de nouvelles actions auprès des institutionnels (aux Etats-Unis et en Europe) et des particuliers (en France) débute le 16 juin 2014. L’opération, qui sera clôturée le 26 juin 2014, devrait rapporter 150 millions d’euros net à l‘entreprise.

"Nous entrons en bourse au bon moment, se félicite Gilles Grapinet, directeur général de la société. Le marché européen des paiements électroniques est en passe d’être unifié avec la création en juillet 2014 du Sepa, l’espace unique européen de paiements en euros. Le contexte règlementaire est aussi en train de changer. Et la transformation numérique crée de nouvelles opportunités de business. Jamais nous n’avons bénéficié d’autant de facteurs favorables."

Le patron de Worldline se frotte les mains. Le marché des paiements électroniques reste structurellement porteur, tiré par la substitution des paiements électroniques aux paiements traditionnels en liquide ou par chèque. "Le phénomène s’amplifie avec la digitalisation de l’économie et le développement des paiements sur Internet et mobiles, constate Gilles Grapinet. Et les pespectives des objets connectés et du machine-to-machine vont accentuer le mouvement en ouvrant le paiement à de nouvelles plate-formes comme la voiture connectée."

177 milliards d'euros en 2020

Selon le cabinet AT Kearney, le montant total des transactions électroniques en Europe devrait croitre de 7 à 8% par an pour atteindre les 177 milliards d’euros en 2020. Worldline, qui compte 7200 personnes et un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros en 2013, veut bénéficier d’une croissance organique de 5 à 7% an d’ici à 2017. Mais Gilles Grapinet mise sur les acquisitions pour se développer plus vite que le marché. Il compte ainsi doubler la taille de l’entreprise d’ici à 2020 en franchissant les 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. "Contrairement aux Etats-Unis, le marché européen reste encore fortement fragmenté, explique-t-il, avec plusieurs dizaines d’acteurs. Nous voulons participer à sa consolidation et favoriser l’émergence d’acteurs de référence comparables à ce qui existe outre-Atlantique."

Natixis positionne déjà Worldline comme le leader européen des services de paiements, avec un chiffres d’affaires de 1 milliard d’euros en 2013. La filiale d’Atos veut conforter son leadership afin de pouvoir se mesurer à des géants américains comme First Data (10,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013) ou Tsys (2,1 milliards de dollars de chiffres d’affaires en 2013). Après l’introduction en bourse, la société disposera d’une enveloppe d’environ 1 milliard d’euros sur la période 2014-2017 pour procéder à des acquisitions en Europe, mais aussi à des opérations ciblées en Inde et en Asie.

3 milliards de transactions en 2013

Pour suivre son développement, Worldline prévoit d’investir 50 millions d’euros dans sa plate-forme de traitement des paiements électroniques WIPE (Worldwide integrated processing engine). Basée sur quatre datacenters (deux en France, un en Belgique et un en Allemagne), cette plate-forme comporte pas moins de 15 000 serveurs. En 2013, elle a traité 3 milliards de transactions bancaires, dont 500 millions relatives à des paiements sur Internet. "L’objectif est surtout d’en étendre les fonctionnalités par du développement logiciel, plus que de rajouter des serveurs", note Marc-Henri Desportes, directeur général délégué.

A l’issue de l’opération, Atos devrait garder le contrôle de 70 à 75% du capital de Worldline. "Nous continuerons à faire jouer les synergies du groupe en nous appuyant notamment sur le réseaux de 1500 vendeurs d‘Atos dans le monde", précise Gilles Grapinet.

Ridha Loukil

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