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AT&T prend la tête du mobile aux USA avec l'achat de T-Mobile

Actus Reuters par Sinead Carew et Nicola Leske
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NEW YORK/FRANCFORT (Reuters) - L'américain AT&T va débourser 39 milliards de dollars (27,5 milliards d'euros), dont 25 milliards en cash et le reste en titres, pour racheter à l'allemand Deutsche Telekom sa filiale T-Mobile USA.

Cette opération de grande ampleur, qui va donner naissance au leader du marché américain de la téléphonie mobile, devrait être scrutée de près par les instances de régulation qui pourraient craindre une forte hausse des tarifs

AT&T, actuel numéro deux sur le marché américain, y fait fréquemment l'objet de critiques sur la qualité de son réseau, et notamment sur sa capacité à gérer les flux de données importants transitant par les smartphones.

Pour Deutsche Telekom, l'accord représente une occasion de se débarrasser d'une activité de moins en moins rentable et de financer le remboursement de sa dette, en y consacrant 13 milliards d'euros, et des rachats d'actions à hauteur de cinq milliards d'euros, selon une source au fait du dossier.

La transaction devant s'effectuer en numéraire et en titres, l'opérateur allemand recevra en outre une part de 8% au capital d'AT&T, qui fera de lui son premier actionnaire et lui permettra de garder un pied aux Etats-Unis.

AT&T pour sa part paye son acquisition au prix fort. Elle représente 1.147 dollars par abonné. A ce tarif, le concurrent Sprint Nextel serait valorisé 57 milliards, près du quadruple de sa valorisation actuelle.

DEUTSCHE TELEKOM EN FORTE HAUSSE EN AVANT-BOURSE

Les autres opérateurs mobiles américains sont désormais sous pression pour réagir à cette transaction, et notamment Sprint Nextel, qui avait lui aussi pris part à des discussions dans l'espoir de fusionner avec T-Mobile.

Sprint Nextel a critiqué l'accord passé entre AT&T et Deutsche Telekom, qui selon lui va profondément altérer le secteur de la téléphonie mobile aux Etats-Unis en plaçant près de 80% des contrats entre les mains de deux groupes.

L'accord va apporter 34 millions de clients à AT&T, qui avait déjà 96 millions d'abonnés. Sa part de marché devrait passer de 32% à 43%, loin devant celle de l'actuel leader du marché, Verizon Wireless, qui est de 34,5%.

"C'est totalement fou", a commenté David Balto, avocat spécialisé dans le droit de la concurrence. "Si l'on compare les marchés sains et les marchés malsains, celui-ci est en tête des marchés malsains."

Le sénateur américain Herb Kohl, qui préside la sous-commission parlementaire de la politique antitrust et des droits du consommateur, a prévenu que ses services examineraient de près ce qu'une "baisse de la concurrence signifiera pour ceux qui dépendent de plus des réseaux sans fil pour contacter leurs amis et leurs familles et se connecter à internet".

"La concentration accrue du marché des services de téléphonie mobile pèse essentiellement sur les consommateurs", a estimé l'élu démocrate du Wisconsin.

AT&T parie toutefois sur le feu vert des autorités. Il a accepté de payer une indemnité de trois milliards de dollars, exceptionnellement élevée, en cas de rupture de l'accord avec Deutsche Telekom pour une cause réglementaire.

At&T s'est de plus engagé à céder des fréquences sans-fil à T-Mobile USA si jamais les autorités refusaient leur fusion.

Il pense que les autorités exigeront qu'il cède des actifs en échange de leur feu vert pour cette opération qu'il espère boucler dans les 12 mois et dont il attend, suivant les propos de son directeur général Randall Stephenson, plus de 40 milliards de dollars d'économie.

Le titre Deutsche Telekom est attendu en forte hausse à Francfort et bondissait de plus de 11% en avant-Bourse.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

 
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