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Clearview AI promet de ne vendre sa technologie de reconnaissance faciale qu'aux forces de l'ordre

Vu ailleurs Face à une action en justice lancée dans l'Illinois, la start-up controversée Clearview AI, éditrice d'une solution de reconnaissance faciale, promet de mettre fin aux contrats passés avec des organismes privés qui ne sont pas chargés de l'application de la loi.
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Clearview AI promet de ne vendre sa technologie de reconnaissance faciale qu'aux forces de l'ordre
Clearview AI promet de ne vendre sa technologie de reconnaissance faciale qu'aux forces de l'ordre © DR

La start-up américaine Clearview AI, spécialisée dans la reconnaissance faciale, promet de mettre fin aux contrats passés avec des entreprises et d'annuler les abonnements de toute personne non chargée de l'application de la loi. Cette promesse a été formulée dans un dossier déposée devant un tribunal fédéral de l'Illinois le 6 mai 2020, consulté par BuzzFeed News.

Lancement d'une action en justice

En février 2020, un groupe de citoyens de l'Illinois lance une action en justice arguant que la jeune pousse a violé la loi de l'Etat sur l'utilisation des données biométriques à des fins commerciales. Les requérants souhaitent obtenir une injonction temporaire pour empêcher l'entreprise de se servir des informations des personnes résidant dans l'Illinois pour alimenter ses algorithmes.

Face à ces accusations, Clearview promet de résilier "les comptes de chaque client qui n'était pas lié à l'application de la loi ou à un autre département, bureau ou organisme fédéral, d'État ou local", peut-on lire dans le dossier. "Clearview annule également tous les comptes appartenant à toute entité basée en Illinois", affirme par ailleurs l'entreprise. Elle espère que ces engagements suffiront à annuler l'injonction exigée par les requérants. Mais Scott Drury, l'un des avocats du groupe de citoyens, n'est pas de cet avis. Dans un communiqué, il écrit que "les mesures que le plaignant dit avoir prises ne répondent pas aux exigences de la requête en injonction préliminaire et portent toujours préjudice à la vie privée des résidents et résidentes de l’Illinois".

Ces promesses interviennent après plusieurs menaces de procès et de nombreuses enquêtes journalistiques dénonçant les pratiques de la jeune pousse. Dans un article publié en janvier 2020, le New York Times raconte que Clearview AI a développé un dispositif de reconnaissance faciale permettant d'identifier l'auteur d'une infraction à partir d'une simple photographie. Il suffit de prendre une photo et de la confrontée à une base de données regroupant trois milliards d'images aspirées depuis Facebook, Venmo et YouTube principalement. Le PDG de Clearview Hoan Ton-That justifie alors les pratiques de son entreprise en expliquant que les données utilisées étaient publiquement disponibles. D'après lui, aucune loi n'est violée.

Les clients utilisent la version gratuite

Un mois plus tard, BuzzFeed News publié la liste des clients de Clearview AI parmi lesquels Interpol, le FBI, des établissements scolaires américains mais également Macys', Best Buy, Kohl's, Walmart, Wells Fargo, Bank of America, Eventbrite, la National Basket Association, Coinbase, ou encore AT&T, Verizon et T-Mobile. Si certaines de ces entités ont des contrats formels avec Clearview AI, beaucoup n'en ont pas. La majorité des clients ont utilisé l'outil dans le cadre d'essais gratuits, dont la plupart durent 30 jours.

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