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Comment Blue Valet, le service de voiturier digital, pose ses pions en France et à l’international

Levée de fonds Créée en 2015 à Bordeaux, Blue Valet propose un service de voituriers digitalisé dans les gares et aéroports. Après une première levée de fonds de 2 millions d’euros en mai 2017, la start-up annonce un nouveau tour de table de 6 millions d’euros. L’occasion de faire le point sur son business model et sa stratégie de développement.

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Comment Blue Valet, le service de voiturier digital, pose ses pions en France et à l’international
Comment Blue Valet, le service de voiturier digital, pose ses pions en France et à l’international © Blue Valet

Au dépose-minute de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, impossible de passer à côté. De grands drapeaux et des voituriers en uniforme offrent une large visibilité à Blue Valet. Les voyageurs, pressés la plupart du temps, leur laissent leur voiture, leurs clés et file prendre leur avion. Tout le reste se fait en ligne. "On dit qu’on a digitalisé le métier de voiturier. Pourquoi ? Parce que tout se réserve en ligne ", résume Véronique Combaud, directrice marketing de Blue Valet, à L’Usine Digitale.

 

Un service de voiturier 100% digitalisé

Le fonctionnement est relativement simple. L’utilisateur fait sa simulation sur Internet ou l’application mobile en rentrant ses informations de voyage, ses dates de départ et de retour. Le tarif s’affiche. La réservation peut alors être finalisée. Le jour J, il suffit de déposer ses clés au voiturier et d’aller prendre son train ou son avion. Ce dernier s’occupe de faire l’état des lieux du véhicule – rapport qui est envoyé par mail ou SMS à son propriétaire – et de garer la voiture sur un parking extérieur.

Au retour, même process, la personne est avertie par sms, e-mail ou push notification du lieu de récupération du véhicule 30 minutes avant son arrivée. Le voyageur est alors prié de contacter son voiturier dès la sortie du train ou après avoir passé la zone récupération des bagages. Son voiturier l’attend, avec son véhicule. "Grâce à des API relativement simples, on suit aussi les retards des vols et des trains. S’il y a du retard on achemine le véhicule plus tard", précise Véronique Combaud.

 

 

Jusqu’à 60% moins cher qu’un parking "classique"

L’intérêt pour le voyageur ? Un gain de temps, de confort... et d’argent. " En moyenne, on est à 45% moins cher (qu’une location de parking classique, ndlr), mais ça peut aller jusqu’à 60%. Par exemple, sur Paris, on est en moyenne à 90€ sur une semaine. A Bordeaux, on est à 49 € pour 7 jours", détaille Véronique Combaud.
 

Pour garantir des tarifs intéressants, Blue Valet vise les parkings d’hôtels ou d’entreprises sur des durées et des quantités variables. Elle signe également des partenariats avec les aéroports pour disposer de places dans l’aéroport, "Cela nous coûte un peu plus cher, mais cela nous permet d’avoir des places à proximité et en complément", confie Véronique Combaud. Enfin, dernière solution : l’achat de parking, comme à Bordeaux. "Le sourcing de parking, c'est le nerf de la guerre", confie-t-elle.

 

Viser les gares et les aéroports

"A Bordeaux, 80% des passagers viennent en voiture à l’aéroport. Et je pense qu’il y a plein d’aéroports où c’est le cas. Il y a de moins en moins d’aéroports où on peut prendre les transports en commun. Donc dès qu’on identifie une pénurie en termes de parking, où on identifie un besoin, on déploie avec le même modèle", expose Véronique Combaud.

"On essaie de couvrir la majorité des gares et des aéroports français, le but étant d’être présent dans le plus d’endroits possible pour couvrir un maximum de voyageurs, mais aussi répondre aux entreprises qui ont des besoins pour faire voyager leurs collaborateurs afin de leur offrir une solution présente partout", poursuit-elle. Et pour une meilleure visibilité, Blue Valet a signé des partenariats avec des comparateurs de parking – comme OnePark, Travel Car, Holydays Extra ou Looking for Parking – ainsi qu’avec des agences de voyage  de type SBT (Self Booking Tools).



Après la France, l’international

Si le service de voituriers des voyageurs est bien ancré à Bordeaux – sa ville natale – la start-up créée en 2015 s’est depuis largement développée sur le reste du territoire. Trois ans après sa création, Blue Valet couvre 10 villes en France, soit 25 gares et aéroports. "Plus de 200 000 voyageurs et plus de 600 entreprises voyagent avec nous", expose Véronique Combaud. Mais la start-up ne compte pas s’arrêter là et s’attaque maintenant à l’international.  "Notre volonté est d’être leader en France et en Europe", annonce-t-elle.

Pour cette expansion hors de l’Hexagone, Blue Valet mise notamment sur une deuxième levée de fonds de 6 millions d’euros, annoncée le 5 décembre 2018. Après l’ouverture de la Belgique en septembre 2018, sur deux sites, elle vise une implantation dans 21 pays d’ici à 3 ans. Avec une approche : "viser les hubs de mobilité où il y a énormément de passagers".


"Sur chaque pays européen, on va d’abord commencer par les capitales, aéroports et gares, et ensuite déployer sur d’autres villes. On va dupliquer le modèle français à l’étranger", indique Véronique Combaud. Prochain pays prioritaire : l’Espagne.  "La présence nationale, c’est bien, mais pour de nombreuses entreprises, la présence internationale est nécessaire aussi pour proposer une solution globale", poursuit-elle.


La clientèle B2B, cible majeure pour Blue Valet

C’est le deuxième axe de développement de Blue Valet : la clientèle Business, qui représente 50% du chiffre d’affaires. "Nous avons recruté une équipe 'Sales' de 7 personnes pour le B2B, avec une directrice des ventes qui vient d’Easyjet", précise Véronique Combaud. Son rôle : déployer Blue Valet for business (BVB), une plateforme professionnelle qui permet aux entreprises de proposer le service de voiturier à leurs collaborateurs, avec un accès individuel et la possibilité de gérer des droits d’accès différents. "Les entreprises ont ainsi la main sur une facturation globale", exprime-t-elle.
 

Parmi ses clients, la start-up compte déjà plusieurs grands groupes, PME et TPE. "La politique de voyage est souvent restrictive et vient pénaliser des collaborateurs par des montants de dépenses plus stricts. En intégrant des solutions comme la nôtre, qui permettent des économies et du confort et l’accès à un service de luxe, cela apporte une valeur ajoutée pour le collaborateur et notion de réduction de coût pour l’entreprise", argumente Véronique Combaud. Et de préciser : "Un salarié sur deux est stressé par son voyage. Il faut répondre à ces problématiques."

 

Entretien, révision… des services additionnels

Au-delà d'un tarif de l'ordre de 30% moins cher qu'Ector, son concurrent principal, Blue Valet propose un service clients multilingues et disponible 7/7j, et multiplie les "petites attentions", comme la mise à disposition d’une bouteille d’eau personnalisée, et autres petits produits marketing.


La start-up déploie aussi des services additionnels, comme l’entretien (lavage intérieur et extérieur), la recharge et la révision du véhicule ou le changement de pneus. Et réfléchit également à des services plus larges type pressing et livraison de courses dans la voiture, mais rien encore de signé. "On veut accroître au maximum l’offre connexe pour prolonger l’expérience", commente Véronique Combaud.
 

Recrutements en cours

Autant de développements qui  nécessitent de faire évoluer et adapter le socle technique. "Nous allons structurer une équipe informatique en interne pour pouvoir proposer une plateforme évolutive", explique Véronique Combaud qui annonce le recrutement en cours d’un CTO (Chief Technical Officer) et de plusieurs développeurs, soit une dizaine de personnes à court terme.


En cours également, le recrutement d’un Directeur administratif et financier et d’un comptable pour structurer aussi la partie finances. Un poste non négligeable pour assurer une croissance saine de l’entreprise...

 

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