Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La start-up française Teemo (ex-Databerries) acquise par le groupe américain Near

Teemo (ex-Databerries) a annoncé jeudi 19 novembre passer sous le giron du groupe Near, spécialiste de la collecte de données à des fins publicitaires. Une issue de bon augure pour l’ancienne pépite de la French Tech, épinglée en 2018 par la Cnil pour des manquements au Règlement Européen sur la Protection des Données.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La start-up française Teemo (ex-Databerries) acquise par le groupe américain Near
La start-up française Teemo (ex-Databerries) acquise par le groupe américain Near © Unsplash / Przemyslaw Marczynski

Le groupe américain Near, spécialiste de la donnée, absorbe le Français Teemo (ex-Databerries). Le montant de l’opération, officialisée ce jeudi 19 novembre, n’est pas divulgué.

L’acquisition de Teemo, plateforme de marketing spécialiste des solutions drive-to-store, dote Near de "solutions data et de capacités de ciblage et d'adaptation à l'audience avancées", ainsi que d’un accès au marché européen. Benoit Grouchko, cofondateur et dirigeant de Teemo, rejoint l'équipe de direction de Near en tant que responsable de la protection de la vie privée.

Les deux entreprises vont "mettre à profit leurs connaissances respectives du comportement physique et online des consommateurs afin de fournir aux marques du monde entier l'intelligence dont elles ont besoin pour accélérer leurs initiatives de transformation numérique", expliquent-elles. Elles affirment observer, malgré le contexte, "une croissance significative en 2020, qui continue de s’accélérer".

Une mise en demeure publique aux nombreuses conséquences
Ce rachat s’inscrit dans un contexte très particulier. Fondée en 2014 sous le nom de Databerries, la pépite adtech devient rapidement la référence des outils drive-to-store en France. Elle conquiert rapidement les distributeurs (Carrefour, McDonald's, Decathlon et bien d’autres) et collectionne les investisseurs – comme les récompenses délivrées par les experts du secteur – avant de se retrouver en juillet 2018 au cœur d’une enquête qui fera grand bruit dans l’écosystème retail tech.

Quelques mois après l’entrée en vigueur du RGPD, en mai 2018, et au côté de trois autres start-up du secteur que sont Singlespot, Fidzup et Vectaury, elle est mise en demeure, publiquement, par la Cnil pour des manquements liés au consentement des personnes dans l'utilisation de leurs données dans les kits de développement qu'emploient les applications mobiles des enseignes partenaires.

A l’époque, le gendarme de la vie privée reproche à la start-up et ses partenaires de ne pas informer les utilisateurs, lors du téléchargement de ces applications mobiles, que son SDK, qui collecte leurs données notamment de localisation, y est intégré. La Cnil reprochait également à Databerries d’avoir conservé les données de localisation des personnes pendant 13 mois, "ce qui est contraire à l’obligation de définir et de respecter une durée de conservation des données proportionnée à la finalité du traitement". De son côté, la société se défend en arguant de flous juridiques et d'une profonde immaturité du marché.

Après une mise en conformité de sa solution et la levée de la mise en demeure, la société change de nom pour Teemo et décide de se concentrer sur le marché américain, qu’elle a investi un an auparavant après une levée de fonds de 15 millions d’euros. Mais cette affaire laisse des traces, la pépite Fidzup mettant quant à elle la clé sous la porte.

Un marché à surveiller
Le rachat de Teemo par Near, qui traite les données de plus de 1,6 milliard d'utilisateurs mensuels dans 44 pays, apparaît donc comme une opportunité pour la société française. Si les deux sociétés affirment vouloir "concevoir des solutions respectueuses de la vie privée", la route est encore longue pour évangéliser un marché loin d’être irréprochable.

En décembre 2019, le New York Times révélait l'existence d'un fichier contant 50 milliards de données de géolocalisation de 12 millions d'Américains. Ce fichier ne provenait non pas d’un géant de la tech, mais d'une société de collecte de données de géolocalisation via un logiciel glissé sur les applications de téléphonie mobile, et dont le nom est resté confidentiel.

La collecte et la vente de données à des fins publicitaires ne sont pas interdites mais elles répondent selon les pays à des réglementations précises liées à la protection des consommateurs. Aux Etats-Unis, seule la Californie s’est dotée d’une loi sur la protection des consommateurs, baptisé California Consumer Privacy Act (CCPA), et entrée en vigueur le 1er janvier 2020 dernier.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media