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Amazon construit un site de production de satellites aux Etats-Unis pour sa future offre Internet

Amazon rénove des bâtiments non loin de son siège de Seattle (Etats-Unis) pour accueillir ses équipes en charge du projet Kuiper. La firme de Jeff Bezos souligne là son ambition de devenir un acteur incontournable de l'accès Internet par satellite, alors que la concurrence se fait de plus en plus rude dans le secteur... SpaceX et son dirigeant Elon Musk en tête.
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Amazon construit un site de production de satellites aux Etats-Unis pour sa future offre Internet
Les futurs nano-satellites d'Eutelsat, concurrent d'Amazon Kuiper, devraient se concentrer sur les objets connectés. © Eutelsat

Nom de code : Kuiper. Amazon passe la seconde pour mettre sur pied son projet de constellation de satellites dédiée à l’accès Internet. Le géant de l’e-commerce a annoncé mercredi 18 décembre 2019 avoir acquis deux bâtiments, situés à Redmond dans l’Etat de Washington (Etats-Unis), dans la même ville que le siège de Microsoft, pour y installer le quartier général de sa future offre. Dans ces 20 000 mètres carrés, chercheurs et usiniers se côtoieront. L’ensemble de la chaîne de valeur y sera installée. Un déménagement essentiel, car "l’installation précédente ne pouvait plus accueillir tout le monde".

 

UNE CONCURRENCE BIEN INSTALLéE

Pour cette nouvelle implantation, Amazon a recruté des experts "de classe mondiale, ayant à cœur de réduire la fracture numérique". Et d’autres viendront grossir les rangs tout au long de l’année 2020. Car l’entreprise de Jeff Bezos sait qu’elle n’est pas la plus en avance sur ce créneau. Elle a donc déjà déposé des dossiers auprès de l’Union internationale des télécommunications et de la Commission des communications américaine, bien qu’aucun calendrier de déploiement effectif n’ait été communiqué. Ses concurrents sont, eux, organisés… et certains d’entre eux a opté pour la même stratégie, consistant à positionner les satellites à basse altitude pour désenclaver les zones non-couvertes. Or Amazon, qui indique ne vouloir envoyer que 3 200 engins, devra mettre les bouchées doubles pour s’imposer.

 

Cette course aux satellites suscite, en effet, les passions. De nombreux acteurs ont déjà fait part de leur projet d’émettre depuis l’espace. OneWeb déploiera ses premiers appareils courant janvier, alors que l’initiative Starlink de SpaceX veut en envoyer 30 000 supplémentaires – en sus des 7 000 pour lesquels il a obtenu une autorisation, fin 2018. Les premières grappes de satellites de la société d’Elon Musk ont d’ores et déjà été lancées, en vue d’une commercialisation d’offres Internet courant 2020. D’autres projets du genre existent aussi en Europe. L’opérateur français Eutelsat mène notamment un chantier avec Sigfox, visant à déployer une constellation de 25 nano-satellites à destination de l’IoT.

 

Extrêmement ambitieux, plutôt louables, ces projets n’en sont pas moins une source de préoccupation pour les agences spatiales. La Conférence mondiale des radiocommunications, qui s’est tenue du 28 octobre au 22 novembre 2019 en Egypte, a évoqué la réglementation encadrant la circulation des satellites. Sans pour autant la durcir, comme attendu. Résultat : leur démultiplication pourrait augmenter le risque de collisions accidentelles et, par conséquent, le nombre de débris dans l’espace. Les astronomes, par ailleurs, disent déjà leurs difficultés à observer le cosmos du fait des reflets occasionnés par les satellites. Les Nations unies devront, un jour ou l'autre, s'emparer de la question.

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