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Des systèmes de reconnaissance faciale auraient été trompés par des masques et photos

Vu ailleurs Une équipe de chercheurs aurait réussi à duper des systèmes de reconnaissance faciale pour effectuer des achats en ligne ou franchir les zones de sécurité dans un aéroport... à l'aide de masques ou de simples photos. De quoi remettre en cause l’efficacité de cette technologie, et rendre nécessaires quelques mises à jour.
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Des systèmes de reconnaissance faciale auraient été trompés par des masques et photos
Des systèmes de reconnaissance faciale auraient été trompés par des masques et photos © DR

Des masques et des photographies imprimées auraient suffi aux chercheurs de la société Kneron pour tromper des systèmes de reconnaissance faciale. Le spécialiste de l’intelligence artificielle a indiqué à nos confrères de Fortune jeudi 12 décembre 2019 avoir dupé des contrôles dans des aéroports ou dans le cadre d’un paiement en ligne en utilisant ce procédé en Chine. Les technologies conçues par les géants Alipay et WeChat seraient, par exemple, tombées dans le piège. Or la reconnaissance faciale est omniprésente dans le quotidien de la population, et présentée comme un outil très fiable.

 

Nul besoin de compétences techniques

Face à l’accélération de l’adoption de cette technologie dans un cadre sécuritaire, Kneron a cherché à se mettre dans la peau de personnes malintentionnées pour s’assurer de l’efficacité de tels dispositifs. Dans le métro de Shenzhen (Chine) comme à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol (Pays-Bas), un même résultat : un simple portrait d’une personne affiché sur un smartphone a permis à ses chercheurs de se faire passer pour elle. Un constat très alarmant, puisqu’une telle astuce est, dans les faits, applicable par n’importe qui – pas besoin de compétences techniques pour se livrer à une telle manœuvre.

 

"Notre expérimentation montre la menace qui pèse notre vie privée. La technologie nécessaire pour corriger le tir existe déjà. Mais, pour l’heure, les entreprises spécialisées ne l’ont pas intégrée à leurs systèmes… qui ne sont donc pas suffisamment sécurisés. Celles-ci empruntent des raccourcis, au détriment de la sécurité", a souligné Albert Liu, président-directeur général de Kneron. A noter que, selon l’étude, la seule technologie suffisamment mature pour ne pas se laisser berner s’est révélée être celle mise au point par Apple pour ses derniers smartphones en date, les iPhones X et 11.

 

DES ALGORITHMES TROMPEnt également LA RECONNAISSANCE FACIALE

Ces conclusions vont à l’encontre de la vision des pouvoirs publics qui, partout dans le monde, sont persuadés que la reconnaissance faciale est un moyen de renforcer la sécurité dans les lieux sensibles. Les mots de passe ou les empreintes digitales resteraient donc, à cette heure, plus sûrs… bien que ces moyens de contrôle aient aussi fait preuve de certaines limites. Par ailleurs, Kneron ne s’est pas livré à cette étude de manière désintéressée. L’entreprise, soutenue par des géants américains tels que Qualcomm ou Sequoia Capital, planche sur une technique d’intelligence artificielle déployée dans les appareils directement plutôt que dans le cloud (Edge AI)… et axée sur la reconnaissance faciale.

 

Fin octobre, Facebook a aussi indiqué travailler sur un système capable de déjouer la reconnaissance faciale. Pas question ici de costume. L’algorithme développé par le groupe de Mark Zuckerberg serait, lui, à même de créer un "masque virtuel" sur le modèle de l’application Face Swap, qui intervertit les visages. Une modification pouvant être réalisée en temps réel et qui parvient à tromper l’informatique… sans ne rien laisser transparaître aux humains. Cette "désidentification" pourrait permettre d’aider des populations traquées comme de créer davantage encore de deepfakes. Facebook est visé par une enquête aux Etats-Unis, où les autorités le soupçonnent de pratiques abusives en la matière… et mène paradoxalement une initiative anti-deepfakes avec les autres GAFAM.

 

 

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