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Et si réglementation était synonyme d'innovation pour les fintechs ? Axelle Lemaire le pense

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Selon l'ancienne secrétaire d'Etat en charge du numérique, Axelle Lemaire, la réglementation permet aux start-up, et particulièrement aux fintechs, d'accéder à de nouveaux marchés et d'apporter de nouveaux services. Lorsqu'elle est trop contraignante, les sandbox (ou bacs à sable) apparaitraient alors comme une bonne alternative... à condition qu'elles soient saines. 

Et si réglementation était synonyme d'innovation pour les fintechs ? Axelle Lemaire le pense
Et si réglementation était synonyme d'innovation pour les fintechs ? Axelle Lemaire le pense © Flickr - CafeCredit

La réglementation n'est pas qu'une contrainte pour les fintechs (et les start-up en général), cela peut même être une opportunité. Voilà en somme le message qu'a passé Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d'Etat en charge du numérique et désormais partner au sein du cabinet de conseil Roland Berger, lors de l'événement Fintech Revolution, qui se tenait mardi 10 avril 2018 à Station F.

 

Réglementation = protection + liberté 

"La réglementation rencontre l'innovation car la réglementation, ce n'est pas que la protection, c'est aussi la liberté. La réglementation concurrentielle sert à ouvrir le marché", a-t-elle affirmé en s'appuyant notamment sur l'exemple du crowdfunding. "En 2014, la France a été le premier pays à créer un cadre réglementaire pour le crowdfunding. Ce qu'on constate, c'est que cela a favorisé l'essor de plateformes de financement participatif". Sur les 270 fintechs que compte l'Hexagone, au moins 60 seraient des plateformes de crowdfunding et de crowdlending.

Même raisonnement pour la nouvelle directive européenne relative au paiement (DSP2), qui oblige les établissements bancaires à rendre accessibles les mouvements liés aux opérations effectuées sur les comptes courants sous la forme d'API. "Cette nouvelle réglementation permet aux agrégateurs de comptes de se positionner sur le marché pour offrir de nouveaux services", a commenté Axelle Lemaire. "C'est vrai aussi pour la RGPD (nouvelle réglementation européenne sur la protection des données personnelle, ndlr)", a-t-elle poursuivi. "Pour les start-up, être dans l'esprit et la lettre de la RGPD sera un avantage concurrentiel".

 

De la sandbox à la soundbox

Et quand la réglementation est trop contraignante à l'égard des start-up, Axelle Lemaire prône le concept des sandbox (bacs à sable). "Les regulatory sandbox consistent à créer des bulles pour permettre aux start-up de mener des expérimentations en parallèle d'une réglementation existante. Les start-up bénéficient alors de privilèges car elles sont soumises à une réglementation allégée le temps qu'elles fassent leurs preuves".

Utile, l'alternative des sandbox ne doit toutefois pas virer au dumping réglementaire, prévient Axelle Lemaire. Elle encourage le régulateur français à opter pour un juste équilibre entre l'approche néerlandaise et la position allemande "same risk, same regulation". "Je suis pour une soundbox, au sens 'réglementation saine'", a conclu Axelle Lemaire. D'après elle, cet équilibre à la française pourrait aussi très bien s'appliquer au domaine de l'intelligence artificielle et de la conduite autonome.

 

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