Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

La France, terreau fertile pour les deep tech ?

Les deep tech sont des start-up un peu particulières qui développent des technologies de rupture provenant souvent de la recherche. Mais n'est pas deep tech qui veut, car cet écosystème a ses propres caractéristiques. La société de gestion française Supernova Invest s'est spécialisée dans le financement de ces jeunes pousses atypiques. Son président Pierre-Emmanuel Struyven en est persuadé : la France est un terreau fertile pour les deep tech.
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

La France, terreau fertile pour les deep tech ?
La France, terreau fertile pour les deep tech ? © Unsplash/Science in HD

Qu'est-ce qu'une deep tech ? Pour Pierre-Emmanuel Struyven, président du fonds d'investissement français Supernova Invest, c'est une start-up qui travaille sur "une technologie de rupture très souvent issue de la recherche fondamentale ou appliquée".

 

N'est pas deep tech qui veut

Interrogé par L'Usine Digitale, il estime que l'innovation est une composante de la deep tech mais absolument pas un synonyme. "On peut avoir un business model ou un accès au marché innovant sans être une deep tech", explique-t-il. Autre caractéristique des deep tech : elles travaillent sur des problématiques comme la santé publique ou l'énergie qui ne peuvent se régler avec des "réponses low tech".

 

Supernova Invest est une société de gestion française qui gère cinq fonds d'investissement pour un total de 260 millions d'euros. En 1999, elle commence par travailler pour le fonds stratégique du CEA. En mars 2017, la société prend son indépendance. "Nous avons aujourd'hui un actionnariat beaucoup plus diversifié avec le CEA, des partenaires de la société de gestion et la société de gestion d'actif Amundi", détaille Pierre-Emmanuel Struyven. Supernova Invest a investi dans une centaine de sociétés depuis le début des années 2000 et a une cinquantaine de sociétés en portefeuille.

 

Quatre secteurs de prédilection

"Nous faisons du capital innovation. Nous prenons des entreprises depuis le début, en amorçage, explique le président. Notre ambition est de les suivre en capital et de les accompagner par notre présence au board jusqu'à la rentabilité". La société de gestion est présente dans quatre secteurs : la santé et les sciences de la vie, l'industrie 4.0, l'énergie et l'environnement, et les technologies du digital.

 

Par ailleurs, Supernova Invest accompagne cinq start-up qui figurent dans le classement FT 120 : Aledia, qui travaille sur les technologies d'affichage LCD et OLED, Afyren, qui est spécialisée dans les biomiolécules issues de la revalorisation de biomasse non-alimentaire, Diabeloop, à l'origine d'un pancréas artificiel, Keranova, qui offre des solutions de robotiques ophtalmologiques, et Microphyt, spécialiste des solutions naturelles à base d'algues pour la nutrition et le bien-être. "C'était une satisfaction pour elles et pour nous de voir qu'elles étaient valorisées comme des membres importants de la communauté des entrepreneurs", se félicite Pierre-Emmanuel Struyven.

 

Pour lui, la France est sans aucun doute un terreau fertile pour les deep tech car elle a une "recherche très active", avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Centre d'énergie atomique (CEA), l'Institut national de la recherche en informatique et en automatique (Inria)…"Nous avons également des grandes écoles avec des incubateurs qui se créent", relève-t-il.

 

Un tissu économique mieux réparti sur le territoire

"La deep tech constitue un tissu d'entreprises mieux réparties sur le territoire français que les start-up digitales classiques. Dès qu'on parle de robotique dans l'agriculture, de chimie ou d'électronique, on a des bassins de start-up un peu partout en France et pas seulement concentrées sur la région parisienne", explique Pierre-Emmanuel Struyven. Les technologies médicales et la micro-électronique sont les deux domaines dans lesquels il voit le plus de créations d'entreprises et reçoit le plus de dossiers. 

 

Mais tout n'est pas gagné. "Maintenant ce qui est important c'est de financer correctement ces entreprises, et notamment de financer leur phase de croissance pour leur permettre de passer de start-up à scale-up, puis à PME/ETI voire licorne", préconise-t-il. Le développement des deep tech repose sur un cycle long, car l'idée peut provenir de la recherche fondamentale et se trouve de facto bien loin d'un produit industrialisable. D'où l'importance d'apporter des financements à des phases stratégiques. "Il y a un moment clé où le premier produit est mûr et les premiers chiffres d'affaires sont là. Il faut alors investir dans le déploiement commercial et des outils de production", résume le président de Supernova Invest.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

1 commentaire

Grégory Maubon
09/03/2020 08h04 - Grégory Maubon

En effet, comme le précise la personne interviewée, il est important de pouvoir financer ces entreprises dans la phase de croissance. Hors en France, il est compliqué de trouver des financement pour cette phase précise, deep tech ou pas. Etant moi même dans la deep tech en biotechnologie, je mesure encore mieux le retard français qui semble à la fois du à une méconnaissance des évolutions du secteur (cela peut s'arranger) et une vraie aversion au risque (c'est plus grave). Aujourd'hui, pour rester sur mon exemple, après avoir fait le tour des investisseurs nationaux, nous sommes assez pessimistes sur la possibilité de lever en France. Cela pourrait venir de nous mais comme nous avons les mêmes échos de plusieurs collègues en deep tech et que nous recevons des propositions de Suisse et d'Asie, nous sommes enclins à penser que c'est plutôt l’écosystème du financement national qui pèche :)

Répondre au commentaire | Signaler un abus

 
media