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Qualcomm gagne sa bataille juridique contre Apple, Intel arrête les modems 5G pour smartphones

Qualcomm et Apple ont finalement trouvé un accord après deux ans d'un contentieux légal amer autour des droits de licence demandé par le fournisseur à son plus gros client. Un accord dont le vainqueur semble être Qualcomm, qui se solde par un paiement de la part d'Apple et un contrat de six ans pour les futurs produits du constructeur. En parallèle, Intel, qui fournissait les modems 4G des iPhone et iPad depuis deux ans, annonce qu'il se retire du marché des modems 5G pour smartphone.
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Qualcomm gagne sa bataille juridique contre Apple, Intel arrête les modems 5G pour smartphones
Qualcomm gagne sa bataille juridique contre Apple, Intel arrête les modems 5G pour smartphones © Julien Bergounhoux

Apple et Qualcomm ont annoncé mardi 16 avril avoir trouvé un accord à l'amiable dans le contentieux les opposant sur les frais de licences demandés par Qualcomm pour l'utilisation de ses technologies. Apple versera un unique paiement à Qualcomm pour rattraper les sommes qu'il lui doit, et paiera ensuite des royalties en échange d'un droit de licence sur les technologies du fournisseur. Ce nouveau contrat court sur six ans à partir du 1er avril 2019 et contient une option d'extension de deux ans. Un contrat pluriannuel d'approvisionnement en puces a également été signé.

 

L'annonce a eu lieu quelques heures à peine après l'ouverture d'un énième procès opposant les deux entreprises, cette fois à San Diego, en Californie (ville où se situe le siège de Qualcomm). La bataille légale entre les deux entreprises, qui durait depuis deux ans, avait atteint un niveau mondial, avec des procès dans plusieurs autres pays, dont l'Allemagne. Elle a désormais pris fin au niveau global.

 

Qualcomm victorieux

Le montant du paiement et des royalties n'a pas été dévoilé (Qualcomm a sans doute revu ses prix à la baisse), mais le consensus suite à cet accord est qu'il représente une victoire pour Qualcomm face à Apple. Le cours de Bourse de Qualcomm a d'ailleurs connu sa plus forte augmentation depuis 20 ans.

 

Le contentieux était né des frais de licence importants demandés par Qualcomm à ses clients et notamment Apple, que ce dernier jugeait abusifs. Qualcomm les calcule en effet à partir du coût de l'appareil embarquant ses technologies (avec un plafond), plutôt que par un coût fixe. Les iPhone étant positionnés sur le segment premium, Apple se retrouvait à payer des milliards de dollars par an. Qualcomm de son côté justifie ses coûts par une décennie d'investissements massifs en R&D pour mettre au point ses technologies.

 

Apple se considérait à juste titre comme étant dans une position privilégiée pour faire pression sur Qualcomm, car il était l'un de ses plus gros clients. Ces actions légales ont été un coup dur pour le fournisseur, et une défaite devant les tribunaux lui aurait coûté très cher. D'autres manœuvres avaient également eu lieu en coulisses, dont un projet de rachat de Qualcomm par Broadcom déjoué par le gouvernement américain.

 

Apple ne peut pas se priver du marché de la 5G

Mais la firme à la pomme a sûrement été trop gourmande en voulant écraser son ancien fournisseur. Qualcomm est en effet le leader incontesté du modem sans fil (qui permet aux smartphones de se connecter aux réseaux cellulaires), et s'en passer à l'orée du boom de la 5G n'était probablement pas tenable pour le fabricant de l'iPhone. Samsung, qui reste son principal rival, sortira par exemple un premier smartphone 5G cette année (en série limitée) grâce à Qualcomm, tandis que Huawei, le troisième grand acteur mondial, s'appuie sur ses propres modems développés en interne.

 

Intel hors jeu

Apple s'était rabattu depuis le début des hostilités sur des modems 4G conçus par Intel, dont ce n'est historiquement pas la spécialité. Sur le papier, Intel déclarait aussi avoir des plans solides pour la 5G, même encore il y a deux mois lors du Mobile World Congress. Les premiers modems devaient sortir en 2020.

 

Le géant américain a cependant publié un communiqué dans la foulée de l'accord, annonçant son retrait du marché des modems 5G pour smartphones. Bob Swan, le nouveau CEO d'Intel, y déclare ne pas y voir de profitabilité pour son entreprise. Intel va également passer en revue les opportunités pour la 4G et la 5G dans les PCs, l'IoT et les datacenters. L'entreprise continuera cependant d'investir dans l'infrastructrure réseau 5G.

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