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A San Francisco, Orange développe un réseau d’innovation

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Il y a treize ans, l’opérateur français Orange a ouvert un laboratoire d’innovation à San Francisco. Embarqué dans la Silicon Valley, il s’inspire des start-up de la high-tech et des pure players du numérique pour revoir son modèle et ses produits. Reportage.

A San Francisco, Orange développe un réseau d’innovation
A San Francisco, Orange développe un réseau d’innovation © D.R.

En plein quartier des affaires de San Francisco, Orange Silicon Valley (OSV) dispose d’une vue imprenable sur le pont de Bay Bridge. Une manière d’inciter ses 54 employés à voir toujours plus loin. Si le géant français des télécoms a installé ce centre de développement dans la Silicon Valley il y a treize ans, c’était pour se diversifier et trouver de nouveaux revenus. Notamment via la création de services innovants valorisant ses infrastructures.

Aujourd'hui, c’est son réseau qu’il veut développer en tirant partie du meilleur écosystème au monde rassemblant start-up, fonds d’investissement, brillantes universités et géants du numérique. Il échange avec 400 entreprises chaque année. Son ambition ? "Etre humble et rencontrer les gens qui peuvent changer le futur, afin de préparer Orange à affronter ce qu’on ne peut pas rater ! Car l’histoire et les technologies changent si rapidement qu’il devient très difficile pour ceux qui n’appartiennent pas à l’industrie de la high-tech, et même pour nous, de suivre l’innovation", explique l’intarissable et passionné patron d’OSV, Georges Nahon.

Pour s’approprier plus rapidement les innovations et suivre l’émergence de nouvelles technologies, Orange Fab a été fondé en mai 2013. Il s’agit d’un accélérateur de start-up proposant à quatre à six pépites américaines de les soutenir dans leur développement et leur activité (lire l’encadré). Alors qu’il s’apprête déjà à sélectionner la quatrième promotion, OSV a convaincu de grands partenaires de participer au projet : Visa, LG, Hilton, Leroy Merlin, Safran, Fnac, Moët Hennessy et Axa.

Aider Lagardere Media ou Airbus à trouver ici de nouveaux paradigmes

Cybersécurité, expérience client, big data, cloud computing… Les aires d’intérêt d’OSV sont multiples. Tout comme les initiatives qu’il met en place. Think tank, centre de formation, mais aussi "studios", des équipes de quelques personnes qui planchent durant plusieurs mois sur des sujets qu’Orange souhaite mieux comprendre, comme la nouvelle génération d’accès internet à haut débit que Google teste.

"Insight Onsite" est un programme de partage de projets et de propriété intellectuelle avec d’autres grands groupes, qu’il accueille dans ses vastes locaux, aux multiples espaces chaleureux pour favoriser les interactions, afin de leur faire profiter de l’écosystème local. Si Orange fait les yeux doux au laboratoire pharmaceutique Roche, il a déjà convaincu Lagardère Media de faire appel à ses services pour réfléchir à un nouveau modèle de radio, ou encore Airbus…

Suivre de près Amazon, Verizon, et le "gang des six"

De San Francisco, le roi français des télécoms peut observer les prises de décision des grands acteurs américains de son secteur. Comme l’opérateur Verizon, qui a décidé de se passer définitivement du cuivre d’ici à 2020 en misant sur la 4G/LTE. Ou qui développe avec les studios hollywoodiens des contenus aux formats courts (quinze à vingt minutes), que les clients de son réseau pourront visionner sur leurs téléphones…

Ou encore Amazon, qui a ouvert sa propre usine au Texas pour fabriquer des microprocesseurs moins consommateurs d’énergie. Un géant qu’Orange suit d’ailleurs de près puisqu’Amazon s’est lancé, tout comme Facebook, dans les smartphones. La dernière tendance pour laquelle se passionne Georges Nahon ? Suivre l’évolution du "nouveau gang des six" : les dénommés Horowitz, Netflix, Tesla, Uber, Square, Box…

Gaëlle Fleitour

"Orange Fab" s’ouvre aux start-up et à de nouveaux partenaires
En mai 2013, le centre de développement d’Orange à San Francisco a lancé "Orange Fab", un accélérateur de start-up "disposant d’un produit existant qui transforme la vie des gens", insiste Georges Nahon. Dotées de 20 000 dollars, les start-up bénéficient des locaux et des compétences des dirigeants d’Orange, mais aussi d’experts, de designers et d’entrepreneurs réputés de la Silicon Valley. La première moisson avait donné lieu à des produits dans les domaines du très haut débit, du paiement mobile, du cloud ou de la gestion des données personnelles. Grâce à ses nouveaux partenaires (Leroy Merlin, Visa…), Orange Fab devrait explorer de nouveaux secteurs. 22 entreprises ont déjà été soutenues. Lorsqu’Orange est vraiment bluffé, il n’hésite pas à remettre la main au portemonnaie lors de leurs levées de fonds suivantes. Ce qui ne l’a pas empêché de s’être fait souffler, cette année, une de ses start-up qu’il voulait racheter…

 

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