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Libérez vos objets connectés avec l'open source et l'open hardware

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L’open source n’est pas nouveau dans l’embarqué, mais il prend son essor. Conséquence de l’apparition de nouveaux usages et de contraintes, objets connectés en tête. Preuve que ses avantages sont bien réels. Enquête.

Libérez vos objets connectés avec l'open source et l'open hardware
Arduino, intiateur du mouvement open hardware, fournit des plates-formes ouvertes de prototypage électronique.
Pourquoi choisir l’open source

Transparence du code, limitant les bugs

Réduction des coûts en mutualisant le développement

Écosystème de développeurs

Mise à jour régulière du code

 

L’open source est une véritable opportunité pour les systèmes embarqués en 2016. Si les industriels ont traditionnellement tendance à privilégier le secret et les développements internes, la pression économique et concurrentielle les engage à se tourner peu à peu vers des solutions commerciales. L’objectif ? Rester compétitifs. "C’est une logique financière, explique Cédric Vatier, directeur stratégie digitale chez Accenture. Car les industriels restent encore souvent dans la logique du secret, de la fabrication en interne."

 

Il existe une solution qui combine les avantages du développement interne et de l’apport d’un acteur extérieur : l’open source. Elle réduit les coûts, car le développement est mutualisé et ne repose pas que sur les ressources internes de l’entreprise. Cela implique une plus grande facilité de mise à jour et davantage de transparence au niveau logiciel ; les équipes savent alors exactement comment fonctionnent leurs produits. Et rien n’empêche d’ajouter ses propres développements et services par-dessus ces briques ouvertes. Car la culture du "fait maison" n’est pas qu’une question de coût ou de secret de fabrication, mais aussi de maîtrise de la solution. Et contrairement à une solution commerciale, où la dépendance envers les solutions et les prestataires choisis est absolue, le constructeur reste ici aux commandes. D’autant qu’il ne s’agit pas forcément de mettre de l’open source sur les aspects critiques d’un système. Ils peuvent venir en support d’une fonction propriétaire, par exemple pour gérer la couche de communication.

 

L’essor de l’open source est aussi une question de transition générationnelle et culturelle. La conséquence d’un changement qui se produit dans l’industrie des systèmes embarqués. "Il y a quelques années, personne ne parlait d’objets connectés, mais aujourd’hui on en voit partout sur les salons spécialisés", remarque Teodor Bobirnila, chef de produit senior pour les plates-formes open source chez Wind River.

 

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’utilisation de technologies libres est beaucoup plus répandue au sein de jeunes acteurs tels que les start-up. En utilisant de l’open source sur toutes les couches, sauf celles qui génèrent de la valeur, elles conservent leurs ressources pour se concentrer sur l’essentiel. Après tout, pourquoi innover à tout prix quand des solutions éprouvées existent déjà ?

 

De nombreux acteurs de grande envergure

Quant à la peur de ne pas déceler d’interlocuteur fiable sur les solutions open source, elle est largement infondée. De Red Hat, Suse et Wind River sur les couches logicielles et les systèmes d’exploitation à Smile, Accenture et Octo Technology dans le conseil et la réalisation, il existe de très nombreux acteurs de grande envergure dans ces domaines. "Il est aujourd’hui possible de gérer en open source l’intégralité des couches logicielles d’un produit, et ce dans tous les secteurs, même les plus critiques comme l’énergie, les transports ou la défense", explique Olivier Viné, le directeur d’Open Wide Ingénierie au sein du groupe Smile. À titre d’exemple, le pôle de compétitivité Systematic regroupe en Ile-de-France plus de 120 membres spécialisés dans le logiciel libre : 13 grandes entreprises, 92 PME-ETI et 20 établissements de recherche. Rien qu’en France, le marché du libre représentait plus de 3 milliards d’euros en 2015 et sa croissance dépassait 30 %.

 

Des interlocuteurs fiables
Accenture Ce géant du conseil informatique implanté en Irlande est présent dans les systèmes embarqués, en particulier dans le secteur de l’automobile. Même si son cœur de compétence est dans les systèmes propriétaires, il est aussi impliqué dans l’open source.
Octo Technology Cabinet parisien de conseil et d’ingénierie comptant 300 salariés, il aide les entreprises dans toutes les phases des projets d’objets connectés. Il mobilise une équipe de dix personnes sur le sujet, privilégiant l’offre open source pour microcontrôleurs STM32 de STMicro.
Smile Open Wide Ingénierie, désormais chez Smile, se focalise dans la conception de systèmes embarqués open source depuis 2001. Spécialisé sur le noyau Linux et le matériel industriel à l’origine, il a élargi son périmètre à des projets applicatifs et pour devenir un systémier.
Wind River Cette filiale indépendante d’Intel est une grande spécialiste des OS embarqués. Elle fournit des services qui vont du développement et de l’intégration de solutions spécifiques jusqu’au déploiement et à la gestion de flotte à long terme.
Mais le libre ne s’applique pas qu’au logiciel. Le mouvement open hardware, initié par la fondation Arduino dans les ordinateurs monocartes, s’est rapidement étendu au monde professionnel, porté par des acteurs comme Sierra Wireless ou STMicroelectronics. Ils fournissent des plates-formes ouvertes – certes s’appuyant sur un cœur propriétaire, fabriqué par des acteurs comme STMicroelectronics, Atmel ou Freescale sur une base ARM, ou par Intel avec ses propres technologies – qui offrent une modularité hors du commun pour la R & D et le prototypage. Cette flexibilité est l’un des bénéfices clés du libre. Preuve de son succès, l’open hardware s’applique aussi désormais aux équipements réseaux et télécoms, porté par le projet Open Compute de Facebook.

 

Nouveaux usages et nouveaux marchés

"Lorsque nos clients conçoivent un premier prototype, cela prend systématiquement plus de temps que prévu, explique Olivier Beaujard, le vice-président market development de Sierra Wireless. C’est pourquoi nous avons développé MangOH, fondé sur notre communauté de développeurs." L’un des bénéfices les plus flagrants de cette approche est la création d’un écosystème autour de ces technologies ou­vertes. C’est ce qui a motivé Sierra Wireless à s’inscrire dans cette démarche. La mise en place par l’entreprise d’open API (interfaces de programmation ouvertes) permet à ces tiers de créer leurs propres services en plus de ceux que propose le fabricant, ce qui rend la plate-forme plus attractive. Ils peuvent lui trouver de nouveaux usages, voire de nouveaux marchés en imaginant des scénarios que les équipes internes n’avaient pas envisagés. Ils apportent aussi un retour d’expérience souvent très pointu dès la création du produit, ce qui offre la possibilité d’itérer rapidement en vue de l’améliorer. Et leurs précieux conseils sont aussi utiles à la création de futurs produits ! Enfin, ils peuvent faire la chasse aux bugs, améliorant l’expérience tout en renforçant la sécurité.

 

Des coûts de maintenance réduits grâce à l’open source

Ici encore, l’approche collaborative prouve sa supériorité. À l’heure de l’hyperconnectivité des appareils, il existe une augmentation exponentielle des attaques contre tous types d’objets connectés, de la voiture à l’avion en passant par les systèmes de contrôle industriels ou les jouets connectés. Et la sécurité par l’obscurité, qui consiste à garder secrètes les technologies employées pour minimiser les attaques, a depuis longtemps prouvé qu’elle était inefficace. L’open source, lui, met à l’épreuve les principes de sécurité dès la conception. Et si des failles existent, comme dans tout système, la communauté se charge de les réparer rapidement et régulièrement. Au-delà de la sécurité elle-même, l’intérêt économique peut vite devenir colossal sur des systèmes complexes qui s’appuient sur toujours plus de briques technologiques.

 

"À l’horizon 2020-2025, l’empilement de couches technologiques sera particulièrement élevé, assure Cédric Vatier, d’Accenture. Le financement des mises à jour et des changements deviendra une question clé. Ne serait-ce que pour le véhicule connecté, des centaines de millions, voire des milliards d’euros seront dépensés chaque année pour la maintenance." S’il ne l’élimine pas, l’open source réduit très largement ce coût. D’autant que pour profiter d’un écosystème, nul besoin d’en être l’acteur central !

 

L’open source promeut l’inter­opérabilité autour de standards communs, ce qui permet de créer de larges communautés d’acteurs sans liens directs, parfois même en concurrence. Le projet d’environnement de développement Yocto l’illustre. "Avec ce projet, nous avons monté une collaboration internationale pour créer un environnement Linux commun et standardisé pour l’embarqué, qui n’existait pas auparavant. Il procure la prédictibilité nécessaire à ce type d’usages", explique Teodor Bobirnila. Preuve de l’attractivité de l’open source, de grands acteurs connus pour leurs solutions propriétaires, comme IBM, Microsoft, Google et Apple, ouvrent eux-mêmes certaines de leurs technologies. L’indication qu’ils ont compris ses avantages. Et vous ?

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