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Apple prévient que l'épidémie de coronavirus va plomber ses résultats au deuxième trimestre 2020

Apple publie un avertissement à destination de ses investisseurs, jugeant que l’épidémie de coronavirus SARS-CoV-2 aura des conséquences sur ses résultats au deuxième trimestre 2020. En cause : un arrêt temporaire des usines de ses sous-traitants et de ses propres boutiques en Chine, suivi d'une reprise qui reste laborieuse. Les médias soulèvent de plus en plus la question du business model d'Apple, largement dépendant de la Chine.
mis à jour le 18 février 2020 à 17H40
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Apple prévient que l'épidémie de coronavirus va plomber ses résultats au deuxième trimestre 2020
Apple prévient que l'épidémie de coronavirus va plomber ses résultats au deuxième trimestre 2020 © Flickr / chinnian

Apple a indiqué à ses investisseurs le 17 février qu’il s’attend à des revenus plus faibles que prévus pour le deuxième trimestre 2020. En cause : l’épidémie de maladie liée au nouveau coronavirus (Covid-19), qui a temporairement paralysé ses lignes de production en Chine et a des conséquences sur ses ventes dans le pays.

 

APPLE CONTRAINT DE REVOIR Son calendrier

La firme de Cupertino a confirmé par voie de communiqué que "l’activité reprend plus lentement qu’[elle] ne l’avait envisagé". Elle souligne qu’elle ne sera pas en mesure de fournir les 80 millions d’iPhones qu'elle a commandés pour la première moitié de 2020, un chiffre publié le 28 janvier dernier dans ses prévisions trimestrielles et depuis relayé par le Nikkei. Si l’entreprise indique que ses usines partenaires ont repris leur activité, car situées hors de l’épicentre de Covid-19, les mesures de protection sanitaire qui encadrent strictement les conditions de travail sur place – son sous-traitant Foxconn impose notamment une quarantaine de 14 jours à certains employés avant de les réintégrer – ont pour conséquence de ralentir leur production.

 

Une situation dommageable pour Apple, qui devrait se voir contraint de repousser le lancement d’un iPhone "low-cost", initialement prévu pour le printemps pour 400 dollars et potentiellement baptisé iPhone 9, selon la rumeur, voire celui d'un iPad Pro doté de caméras plus performantes.

 

LA DEMANDE A éTé TRèS AFFECTéE EN CHINE

La société américaine assure d’ailleurs avoir elle-même pris ses précautions, faisant de "la santé de [ses] collaborateurs une priorité absolue". Elle a ainsi préférer fermer l’ensemble de ses 42 Apple Store chinois pendant plusieurs semaines, tout comme de nombreux revendeurs agréés, provoquant un considérable manque à gagner. Sur cette période, son activité dans le pays reposait donc entièrement sur les commandes effectuées via son site web. "La demande pour nos produits a été affectée en Chine. Les quelques boutiques restées ouvertes ont, qui plus est, enregistré une affluence moindre durant cette période", a commenté l'entreprise, qui précise rouvrir progressivement ses magasins.

 

Selon Apple, ses résultats sur les autres marchés seront conformes à ses prévisions. L’entreprise devrait donner davantage de précisions sur la situation au mois d’avril. A noter que cette dernière a profité de cette communication exceptionnelle pour faire part de son intention de "plus que doubler" sa donation en faveur de la recherche contre le coronavirus. Si son CEO, Tim Cook, a dit sur Twitter vouloir faire ce geste dans un élan de générosité, il n’a pas précisé le montant qu’il souhaite engager pour cette cause. Parmi les autres géants technologiques à avoir promis des aides financières figurent les Américains Microsoft et Dell, ainsi que le Chinois Alibaba.

 

LA CHINE POURRAIT DEVENIR LA LIMITE DU BUSINESS MODEL D’APPLE

Comme le relève Bloomberg, cette crise de Covid-19 traduit les limites du modèle d’Apple. Sous l’impulsion de Tim Cook, pendant près de 20 ans, l’entreprise américaine s’est basée sur la main-d’œuvre chinoise de Foxconn, qualifiée et peu chère, pour bâtir sa robustesse. Grâce aux nombreux emplois qu’elle a créés en Chine, la firme de Cupertino s’est attiré la sympathie de Pékin… qui l’a finalement autorisée à vendre ses produits dans le pays. A tel point que ce dernier est devenu son troisième marché, lui rapportant 40 milliards de dollars par an, après les Etats-Unis et l’Europe. Une situation inédite et enviée par d’autres géants américains, comme Google. Et c’est qui lui a permis de se hisser au rang de société parmi les mieux valorisées au monde – actuellement à 1 300 milliards de dollars.

 

Cette force pourrait néanmoins se transformer en faiblesse pour Apple. L’an dernier déjà, la société a été contrainte d’ajuster ses revenus du fait d’une baisse de la demande sur le marché chinois. La marque à la pomme a alors pointé du doigt la guerre commerciale amorcée par Donald Trump contre la Chine peu de temps après sa prise de fonction, en 2017. Des conséquences qui se feront nécessairement sentir sur la relation qu’entretient Apple avec la Chine… et qui posent la question de la fiabilité à long terme d’une chaîne de production exclusivement basée dans ce pays.

 

Or la relocalisation de ses unités de production demandera bien des efforts et n’est pas envisageable à court terme. La firme de Cupertino pourra, cela dit, se reposer sur la diversification qu’elle a engagé ces derniers mois pour assurer sa stabilité économique. Ses services Apple TV+, Apple Music et Apple Arcade devraient dégager de nouveaux revenus et assurer un nouveau relai de croissance, au-delà de la vente de matériel.

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