Après trois ans d’attente, Revolut décroche enfin sa licence bancaire au Royaume-Uni

La fintech britannique disposait déjà d’une licence bancaire européenne, mais pas sur son premier marché. Il s’agit d’une “autorisation avec restrictions”, d’une durée maximale d’un an, le temps que Revolut soit prête à déployer ses services.  

Revolut
Près de six ans après l'obtention d'une licence bancaire européenne, la fintech Revolut acquiert une certification similaire au Royaume-Uni.

La néobanque Revolut a annoncé le 25 juillet avoir obtenu une licence bancaire au Royaume-Uni, où est situé son siège, “avec restrictions”. L’autorisation a été accordée par la Prudential Regulation Authority (PRA), le gendarme bancaire britannique, cinq ans après l’obtention d’une licence européenne. Avec cette étape majeure, Revolut compte s’imposer comme “la banque de choix pour les clients britanniques”, a déclaré Nikolay Storonsky, CEO et cofondateur de la fintech.

Une étape intermédiaire pour répondre aux interrogations des régulateurs

Ces restrictions visent à s’assurer que la société soit prête à déployer ses services au moment voulu. “Revolut entre désormais dans une phase de ‘mobilisation’, une étape habituelle pour de nombreuses banques au Royaume-Uni”, explique la fintech. Un jalon intermédiaire qui peut durer jusqu’ à douze mois, pour “permettre aux nouvelles banques d’achever le développement de leurs opérations bancaires avant de se lancer sur le marché”.

Pendant cette période, la néobanque devra aussi répondre aux interrogations des autorités de régulation. D’après la PRA, les établissements peuvent bénéficier d’investissements, recruter du personnel et renforcer leurs capacités informatiques, mais le montant des dépôts qu’ils peuvent accepter reste limité. À l’issue de cette phase, Revolut pourra ainsi fournir des prêts, des produits d’épargne et des découverts bancaires à ses 9 millions de clients britanniques.

45 millions d’utilisateurs dans le monde

Revolut a connu une croissance exponentielle de son nombre de clients, avec 45 millions d’utilisateurs à travers le monde (3,5 millions en décembre 2018, au moment de l’obtention de la licence bancaire européenne). La France constitue son deuxième marché après le Royaume-Uni, avec près de 3 millions de clients. Suivant son rapport annuel publié au début du mois, la fintech a quasiment doublé son chiffre d’affaires en 2023, à 1,8 milliard de livres sterling (2,1 milliards d’euros), et a réalisé un bénéfice net de 344 millions de livres (407 millions d’euros). Elle pourrait atteindre une valorisation de 45 milliards de dollars (41,4 milliards d'euros) à l’occasion d’une future vente d’actions.

La fintech avait toutefois fait parler d’elle en raison de délais désastreux pour la publication de ses comptes annuels. Ceux de 2022 avaient été rendus publics fin 2023, et ceux de 2021 en mars 2023. La société affirme avoir réalisé des progrès en la matière, même si les comptes 2023 ont été publiés début juillet.

Revolut face à une hausse des litiges avec ses clients

En outre, selon le Financial Ombudsman Service (FOS), médiateur britannique chargé des relations entre les établissements financiers et leurs clients, Revolut aurait fait preuve de négligence sur les remboursements de ses clients victimes d’escroqueries. Au premier semestre, l’organisme a enregistré plus de 2200 réclamations provenant de ses utilisateurs, en hausse de 35%. À titre de comparaison, les signalements ont augmenté de 1% chez HSBC et baissé de 10% chez Barclays.

La BCE ferait aussi pression sur Revolut, rapporte Bloomberg, en plaçant la fintech sous supervision directe depuis le début d’année. Elle a notamment demandé à la fintech d’améliorer ses contrôles et sa gouvernance en matière de criminalité financière. Une surveillance en partie motivée par la croissance rapide de Revolut dans le secteur bancaire en Lituanie, pays à partir duquel elle peut exercer dans la zone euro.

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