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Comment la police américaine utilise les données récoltées par les voitures pour résoudre des enquêtes

Vu ailleurs Les voitures renferment de précieuses preuves pour les policiers qui utilisent régulièrement les données récoltées par ces véhicules pour résoudre des enquêtes. Or, d'après une étude, ces informations sont beaucoup nombreuses qu'on ne le croit. 
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Comment la police américaine utilise les données récoltées par les voitures pour résoudre des enquêtes
Comment la police américaine utilise les données récoltées par les voitures pour résoudre des enquêtes © Randy Tarampi/Unsplash

Les voitures aspirent plus de données qu'on le pense, révèle une étude publiée par NBC News. Le média américain a examiné les quantités d'informations collectées automatiquement par ces engins et la manière dont elles peuvent être exploitées par les forces de l'ordre dans le cadre d'une enquête.

Les voitures sont davantage connectées
Bien évidemment, le nombre et la nature des données récoltées dépendent de l'année de construction de la voiture concernée. Plus elle est récente, et donc connectée, plus elle collecte des informations. Ainsi, plusieurs entreprises technologiques et constructeurs automobiles, tels que Volvo et Bosch, ont développé des caméras orientées vers le conducteur pour détecter s'il faisait attention à la route. Bien que les fonctionnalités soient conçues pour la sécurité, elles pourraient également être une riche source de preuves potentielles.

NBC News cite l'exemple de Joshua Wessel, un homme qui a été inculpé de meurtre parce que le camion de la victime possédait un enregistrement de sa voix au moment de l'infraction. Il a été arrêté et attend actuellement son procès sous réserve d'une évaluation psychiatrique.

Un logiciel d'extraction de données
Certaines sociétés se sont même spécialisées dans ce domaine, à l'image de Berla Corp. Cette entreprise technologique basée dans le Maryland a développé un logiciel d'extraction de données qui fonctionnait à l'origine sur 80 modèles en 2013. Il est désormais capable d'en cibler 14 000, y compris des véhicules de General Motors, Ford, Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz. "Cela aide à condamner les personnes ou à prouver leur innocence", explique le fondateur de la société, Ben LeMere.

Ce logiciel, qui aurait même permis de retrouver des corps selon son fondateur, est capable de lire les identifiants uniques des appareils Bluetooth et Wi-Fi qui se connectent au système d'infodivertissement d'une voiture, ainsi que les journaux d'appels et les contacts. Le dispositif peut également consulter les journaux de bord tenus par l'ordinateur interne du véhicule et le journal de localisation à partir de son GPS intégré.

On comprend aisément l'intérêt d'accéder à de telles informations pour la police. Mais ce n'est pas la seule à pouvoir les consulter. En effet, NBC News mentionne un Australien qui a utilisé une application pour accéder aux données en direct de la Land Rover de son ex-petite amie. Non seulement il a pu accéder à des informations en temps réel, telles que sa localisation géographique, mais il a également pu la contrôler, l'allumer et l'éteindre à distance et ouvrir les vitres.

Un flou juridique aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, aucune loi fédérale ne réglemente ce que les constructeurs automobiles peuvent collecter ou faire avec la grande majorité des données de conduite. Le Driver Privacy Act, adopté en 2015, régule simplement l'enregistreur de données d'évènements de la route, un système qui stocke en temps réel des informations avant, pendant et après un accident.

Cependant, les militants de la protection de la vie privée demandent que les garde-fous s'étendent aux données collectées par de nombreux autres ordinateurs d'une voiture, y compris le système d'infodivertissement.

A ce sujet, en 2016, la Federal Trade Commission (FTC) – en charge de l'application du droit de la consommation et du contrôle des pratiques antitrust aux Etats-Unis – a mis en garde contre les risques pour la vie privée associés aux systèmes d'infodivertissement des voitures de location. L'agence s'inquiétaient que ces données soient librement "accessibles par des tiers, y compris les futurs locataires, les employés de location de voitures voire des hackers", à moins qu'elles ne soient supprimées.

Les constructeurs doivent respecter le RGPD
En France, c'est le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui s'applique pleinement aux données récoltées par les véhicules. Ainsi, sera par exemple qualifié de "responsable de traitement" le fournisseur de services qui traite les données du véhicule pour adresser au conducteur des messages d’info-trafic, d’éco-conduite ou des alertes sur le fonctionnement du véhicule, précise la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) dans un rapport. L'autorité précise également que, sous certaines conditions, les forces de l'ordre ont le droit d'accéder à ces informations dans le cadre d'une enquête.

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