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Des acteurs européens du numérique s'unissent contre Google

Ce 15 mai, l'Open internet project, regroupant 400 acteurs du numérique européen, a déposé plainte contre Google auprès de la Commission européenne. La coalition dénonce l'abus de position dominante du géant américain dans la recherche Internet. L'OIP organisait un colloque à Paris pour développer ses arguments.
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Des acteurs européens du numérique s'unissent contre Google
Des acteurs européens du numérique s'unissent contre Google © Sylvain Arnulf

A dix jours des élections européennes, l'Open internet project, coalition de 400 acteurs européens du numérique, veut lancer le débat sur l'ultra-domination de Google sur la recherche Internet. Cette nouvelle initiative a été initiée par les groupes de média Axel Springer, Lagardère active et CCM Benchmark, et relayée notamment par le Geste, syndicat français des éditeurs en ligne (qui compte dans ses rangs… Google France himself, ce qui ne manque pas de saveur) et l'ESML (Syndicat des éditeurs de services de musique en ligne). Ce 15 mai, cette association regroupant des producteurs de contenus et éditeurs de moteurs de recherche thématiques a déposé plainte contre Google auprès de la Commission européenne pour "abus de position dominante".

L'organisation n'est absolument pas satisfaite de l'accord à l'amiable conclu entre le géant américain et la Commission européenne. Pire : les engagements de Google "renforceraient encore sa position dominante", juge-t-elle. Parmi les intervenants à son colloque, ce 15 mai à la Cité internationale de Paris, l'OIP a convié l'avocat californien Gary Reback, qui s'est livré à un réquisitoire implacable contre Google, accusé d'utiliser son moteur de recherche pour favoriser ses propres services et affaiblir ses concurrents. C'est surtout contre le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia, que l'organisation est remontée : il est accusé d'avoir baissé les armes face au lobbying intensif du géant américain, dans le cadre de l'enquête européenne sur les abus de position dominante lancée en 2010.

Pour une compétition équitable

C'est donc "en citoyen autant qu'en chef d'entreprise" que Denis Olivennes, PDG de Lagardère Active et voix de l'OIP, monte au créneau.

"Le spectre qui hante l'UE, c'est l'affaiblissement durable de son industrie numérique". Un processus "lié à une forme de naïveté des autorités chargées des réglementations sur la concurrence, qui n'ont pas mis en œuvre des règles permettant une compétition équitable". Google "ne peut pas se construire sur le cimetière des entreprises et initiatives européennes qu'il aura condamnées". Mais l'OIP n'est pas lancé dans une croisade anti-Google, assure-t-il, et ne réclame pas de traitement de faveur. "Nous ne voulons pas de protectionnisme particulier ni d'aides. Nous sommes pour la concurrence, pour un Internet libre, pas contre Google, qui n'est pas un ennemi. Nous souhaitons que l'entreprise revienne dans un jeu compétitif normal et n'abuse pas de sa position. Nous combattons le 'Tina' – le 'There is no alternative', il n'y a pas de choix possible. Internet a été inventé pour éviter Tina. Il faut rétablir une situation de concurrence équilibrée".

L'OIP souhaite que la Commission frappe aussi fort avec Google qu'elle l'avait fait avec Microsoft, condamné à de lourdes amendes pour abus de position dominante sur le secteur des systèmes d'exploitation pour PC il y a quelques années. L'une de ces "mesures fortes" réclamées par l'OIP est la séparation du moteur de recherche de Google du reste de ses activités. Cela éviterait à l'entreprise d'utiliser son moteur de recherche ultra-dominant pour imposer ses autres services : comparatif de prix et de produits, cartographie, vidéo...

L'OIP a-t-elle une chance d'être entendue ? Elle compte mobiliser les citoyens européens sur le web dans les prochaines semaines. Mais c'est surtout du résultat du scrutin européen qui dépendra le sort de sa plainte.

Sylvain Arnulf

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