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L'analyse des données sur les réseaux sociaux, nouvelle arme contre la fraude

Fraude à l'assurance, évasion fiscale… Pour lutter contre la triche, les Etats et les entreprises utilisent une nouvelle arme efficace : l'analyse des données publiques publiées sur les réseaux sociaux, avec de nouveaux logiciels capables de scanner le web. 
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L'analyse des données sur les réseaux sociaux, nouvelle arme contre la fraude
L'analyse des données sur les réseaux sociaux, nouvelle arme contre la fraude © Shadowsun7 - Flickr - CC

Pour lutter contre la fraude, les entreprises et les Etats commencent à utiliser les informations publiques qu'ils trouvent sur les réseaux sociaux. Un assureur peut par exemple scanner le profil Facebook de l'un de ses clients, qui a déclaré un sinistre sur une grosse voiture, et s'apercevoir qu'il était à une soirée arrosée le jour de l'accident, ce qu'il avait omis de mentionner.

"Pour obtenir ces informations, les sociétés d'assurance font un travail de traçage des données qui circulent sur le web grâce à des logiciels dédiés. Elles explorent les connexions entre les individus, les organisations et recoupent les informations obtenues. Le client de l'assureur n'a pas forcément posté lui-même des photos ou des verbatims ayant trait à cette soirée, mais ses amis peut-être", explique Patrick Bensabat, PDG et fondateur de la société Business & Decision, spécialisée dans le conseil et l'intégration de systèmes informatiques pour les entreprises.

Expérimentations en interne

"Depuis un an et demi, nous travaillons avec le secrétaire d'Etat belge chargé de la lutte contre la fraude sociale et fiscale, pour détecter les fraudes à la TVA organisées par certaines entreprises. Nous analysons en détail les liens entre des organisations installées en Belgique et à l'étranger, notamment grâce aux relations qu'entretiennent leurs membres sur les réseaux sociaux. Ces informations, recoupées avec des renseignements venant d'autres, sources permettent parfois de conclure que certains groupes apparemment distincts sont en fait une seule et même entité. Le nombre de fraudes a baissé de 95% depuis que nous avons commencé à collaborer", se félicite le patron.

Cela fait trois ans que les entreprises et les Etats commencent à s'intéresser à ce type d'approches, qui demandent un travail d'analyse poussé de ces data non structurées (ce sont souvent des morceaux de phrases, difficiles à comprendre pour un programme informatique). "Pour l'instant, les groupes intéressés effectuent des expérimentations en interne", indique Patrick Bensabat.

Lélia de Matharel

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