Recevez chaque jour toute l'actualité du numérique

x

Placé en redressement judiciaire, l'opérateur télécoms B2B Kosc a 6 mois pour trouver un repreneur

Vu ailleurs Lancée sur fonds publics en 2016, Kosc avait été pensé pour consolider le marché des télécoms pour entreprises. L’entreprise connaît néanmoins de sérieuses difficultés financières depuis 2018, après avoir perdu un procès contre SFR. Elle a obtenu son placement en redressement judiciaire du Tribunal de commerce de Paris, ce qui lui laisse une période de six mois pour trouver un repreneur… et lui évite donc un dépôt de bilan brutal.
mis à jour le 04 décembre 2019 à 15H00
Twitter Facebook Linkedin Flipboard Email
×

Placé en redressement judiciaire, l'opérateur télécoms B2B Kosc a 6 mois pour trouver un repreneur
Placé en redressement judiciaire, l'opérateur télécoms B2B Kosc a 6 mois pour trouver un repreneur © C.C. - Flickr - Twistiti

Actualisation (04/12/2019) : Proche du dépôt de bilan, Kosc Telecom a finalement obtenu mardi 3 décembre 2019 son placement en redressement judiciaire du Tribunal de commerce de Paris, ce qui lui permettra de poursuivre son activité normalement ces six prochains mois à condition de se mettre à la recherche d’un repreneur.

 

Un administrateur judiciaire s’est vu confier la mission d’organiser rapidement un appel d’offre pour inviter les organisations intéressées à se positionner dans le cadre d’un plan de cession d’actifs ou dans celui d’un plan de continuation. "La décision du tribunal de commerce d’accorder le redressement judiciaire signifie qu’il a obtenu l’assurance que les activités seront financées pendant la durée de la procédure", a souligné Antoine Fournier, directeur général de l’opérateur télécoms B2B. Pour les 60 000 entreprises raccordées à son réseau, c’est une bonne nouvelle : la coupure brutale d’accès à l’Internet s’éloigne. De premiers candidats à la reprise se seraient déjà fait connaître.

 

Article original :

C’est la douche froide pour Kosc Telecom. L’entreprise créée en 2016, dont l’ambition était d’insuffler davantage de concurrence sur le marché des télécoms pour entreprises, devrait déposer le bilan ce mercredi 27 novembre 2019 selon Le Figaro. Avant son installation, Orange et SFR se partageaient 85% d’un marché estimé à 10 milliards d’euros par an. Les pouvoirs publics ont largement soutenu l’entreprise dans son développement. Bpifrance avait notamment injecté 9 millions d’euros à son capital. Mais les complications se sont succédé… et Kosc laisse aujourd'hui une ardoise de 120 millions d’euros.

 

UN PROCèS PERDU CONTRE SFR

L’opérateur télécoms B2B a partiellement repris le réseau de Completel, une filiale dont Numéricable a été contraint de se séparer au moment du rachat de SFR. Il avait pris la forme d’un consortium, ce qui lui permettait de ne pas commercialiser d’offres en direct pour se concentrer sur l’infrastructure. Ses actionnaires, tels que l’hébergeur OVHcloud, pouvaient ainsi vendre des forfaits Internet.

 

En 2018, la Caisse des dépôts et des consignations (CDC) a promis de renflouer Kosc à hauteur de 20 millions d’euros pour lui permettre de transformer l’essai. C’était sans compter un couac : l’opérateur télécoms B2B a perdu un procès contre SFR… et pourrait devoir lui verser 21 millions d’euros. Un risque financier auquel la CDC n’a pas voulu s’exposer, préférant se retirer du dossier.

 

une CONCURRENCE RENFORCéE DEPUIS 2016

Auditionné par le Sénat au début du mois d’octobre, le président de Kosc, Yann de Prince, avait indiqué s’être lancé à la recherche de nouveaux investisseurs. Il avait alors jugé que, sans résultats dans les deux mois,  l’entreprise ne serait plus en mesure d’"éviter l’écueil de la liquidation". Au cours des questions au gouvernement, hier, les sénateurs Les Républicains Patrick Chaize et Elisabeth Lamure ont alerté le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur le risque que représenterait sa disparition pour la concurrence sur le marché des télécoms B2B.

 

Sa liquidation n’est pas encore actée. L’entreprise sera entendue au tribunal de commerce. Une procédure au cours de laquelle de potentiels repreneurs pourront se manifester. Depuis sa création en 2016, le marché a évolué. Free et Bouygues Telecom y ont fait leur entrée – bien que celle-ci reste encore timide. Soutenu par OVHcloud, ce dernier tiendrait d’ailleurs la corde en vue d’une intégration de Kosc. De quoi accélérer sur ce créneau en récupérant une dizaine de millions de lignes fibrées.

Réagir

* Les commentaires postés sur L’Usine Digitale font l’objet d’une modération par l’équipe éditoriale.

 
media