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Les Etats-Unis offrent 5 millions de dollars contre des renseignements sur les hackers nord-coréens

Le gouvernement américain annonce un budget de cinq millions de dollars pour récompenser les personnes ou organisations qui lui livreront des renseignements sur les pirates informatique à la solde du régime nord-coréen. Ces derniers représentent, selon les Etats-Unis, une menace tant pour le système financier que pour l'ordre mondial.
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Les Etats-Unis offrent 5 millions de dollars contre des renseignements sur les hackers nord-coréens
Les Etats-Unis offrent 5 millions de dollars contre des renseignements sur les hackers nord-coréens © Roman Harak CC Flickr

L’exécutif américain s’est dit prêt à offrir 5 millions de dollars en échange d’informations au sujet des hackers nord-coréens et de leurs activités récentes. Dans un rapport publié mercredi 15 avril 2020, les départements d’Etat, du Trésor, de la Sécurité intérieure ainsi que le FBI commencent à lister les récentes cyber-opérations menées par le régime de Pyongyang sur la base de documents établis par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’agit d'empêcher le pays de Kim Jong-un d'exploiter l’informatique pour contourner les importantes sanctions économiques qui pèsent sur lui pour violation des droits de l’Homme.

DES MÉTHODES relativement VARIÉES

Selon le rapport des quatre institutions gouvernementales américaines, plusieurs méthodes seraient couramment employées par la Corée du Nord. Les attaques informatiques dirigées contre les banques et les bourses d’échange de devises cryptographiques seraient les plus courantes. Ce qu’on appelle le "cryptojacking" vise à compromettre des serveurs dans le but d’en extraire de la cryptomonnaie. Diverses campagnes d’extorsions sont également menées, à travers des ransomwares par exemple. Il arriverait même régulièrement que les hackers de Pyongyang soient payés par des tiers pour pirater les sites web de leur choix… et qu’ils fassent payer à certains clients des missions de conseil pour leur apprendre à ne plus se faire pirater.

A en croire les renseignements du gouvernement américain, l’essentiel des activités menées par les pirates du régime nord-coréen ont visé le secteur de la finance. Ils auraient, de cette façon, détourné puis blanchi de l’argent à hauteur de 2 milliards de dollars. C’est pourquoi les Etats-Unis réagissent, jugeant que ces piratages représentent à date "une menace importante pour l'intégrité et la stabilité du système financier international". Le rapport publié mercredi appelle les entreprises, peu importe le secteur, à renforcer leurs mesures de protection contre ces groupes actifs. Cela passe par une sécurisation de leurs infrastructures informatiques, qui doivent permettre de détecter et lutter contre les méthodes employées par la Corée du Nord.

PYONGYANG LÈVE DES FONDS POUR SON PROGRAMME MILITAIRE

A travers la publication de ce rapport, l’intention de la Maison-Blanche consiste également à dissuader toute collaboration entre des entreprises occidentales et les hackers nord-coréens. Un avertissement clair, auquel sont adossées les futures sanctions en vigueur – dont la saisie de fonds et d’actifs, par exemple. Les Etats-Unis n’en sont d’ailleurs pas à leur première action contre les cybercriminels qu’ils estiment être à la solde de Pyongyang. En septembre 2019, le département du Trésor a sanctionné trois groupes – Lazarus, Andariel et Bluenoroff – qui sont accusés d’avoir volé des centaines de millions de dollars en 2017 et 2018. En mars 2020, deux ressortissants chinois ont été inculpés dans le cadre d’une affaire de blanchiments de fonds dont la provenance a été liée à Lazarus.

Au-delà des vols à répétition, qui fragilisent le système financier capitaliste américain, ce sont des conséquences bien plus palpables que redoutent les Etats-Unis. Courant 2019, l’exécutif a assuré que le pays de Kim Jong-un se sert des sommes subtilisées pour financer de grands programmes militaires. Il espère là couper court aux essais nucléaires nord-coréens, devenus réguliers. Cette semaine encore, plusieurs tirs de missiles ont été repérés en mer du Japon. Pour rappel, Microsoft a annoncé en décembre 2019 avoir démantelé un réseau de hackers nord-coréens baptisé Thallium et notamment à l'origine d'attaques dirigées contre des experts du nucléaire.

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