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Pour rebondir, la SNCF a l'ambition de devenir "le plus digital des transporteurs"

mis à jour le 21 octobre 2013 à 10H39
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A l’occasion du séminaire annuel de la SNCF face à la presse, la direction a dévoilé les objectifs pour les sept prochaines années dans le cadre de son plan Excellence 2020. Numérique, Ile-de-France et international sont au menu de l’opérateur ferroviaire historique.

Pour rebondir, la SNCF a l'ambition de devenir le plus digital des transporteurs
Pour rebondir, la SNCF a l'ambition de devenir "le plus digital des transporteurs" © DR

"L’horizon est clarifié. La réforme ferroviaire a été adoptée en Conseil des ministres. Le tout TGV est vraiment fini. Priorité au réseau existant et à l’Ile-de-France. Une seule chose n’est pas claire. C’est la concurrence. On attend le quatrième paquet de Bruxelles." Voilà  la situation du ferroviaire française selon le président de la SNCF résumés en quelques mots par Guillaume Pepy, à l’occasion du séminaire presse annuel. La SNCF a défini trois axes essentiels dans son plan de développement pour les prochaines années. "La première priorité est l’Ile-de-France, la seconde est de faire passer l’international de 23 à 30 % et la troisième concerne le développement du digital."

Porte à porte

Le projet d’entreprise se manifeste par une ambition : l’excellence. Il passe par l’accélération du digital. "Nous sommes plutôt bien. Mais on doit être le plus digital des transporteurs", soutient Guillaume Pepy. Surtout, la SNCF modifie son logiciel du voyageur. "Ce ne sera plus un service de gare à gare, mais de porte à porte", a t-on entendu à maintes reprises lors du séminaire lyonnais, au gré des interventions des membres du Comex. La SNCF n’est plus un opérateur ferroviaire, mais un opérateur multimodal qui prend en compte le voyageur d’un bout à l’autre de son trajet. C’est donc un voyage personnalisé et connecté en permanence qui lui est proposé. Le développement de la possibilité de billets NFC incorporés aux smartphone commencera en janvier 2014 sur 7 régions. Il doit être terminé en 2015.

La priorité aux "transports du quotidien" passe également par le numérique avec un Plan haut débit en zone urbaine dense, mais l’élément clé est le réseau francilien. Pourtant, consacrer une grande partie des moyens à l’Ile-de-France ne sera pas la tâche la plus facile. "90 % des élus pensent que tout est fait pour l’Ile-de-France alors que c’est totalement le contraire depuis des années. En dix ans on peut y arriver. La réforme se joue d’abord en Ile-de-France. On n’attendra pas 2015", prévient le président de la SNCF.

La SNCF fait un geste pour la TVA
La TVA sur les transports publics va passer de 7 à 10 %, alors que le précédent gouvernement l’avait déjà remontée de 1,5 point. Une bien mauvaise nouvelle pour les usagers et les collectivités. Une hausse qui pourrait précipiter certains utilisateurs quotidiens des transports publics vers leur automobile qui restait chaudement au garage. Cette hausse de 3 points sera répercutée sur les billets et les abonnements, y compris chez l’opérateur historique. La SNCF va tout de même faire un geste. Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages, a annoncé que "la SNCF renonçait à augmenter les prix en 2014".
Achat de drones

La dette doit descendre à 5 milliards d’euros en 2020 (contre plus de 7 milliards aujourd’hui). Cela passe par une croissance de 3 % par an. Vu la situation française, le développement à l’international est inévitable, notamment avec la filiale Keolis, qui espère gagner au moins un gros appel d‘offre au Royaume-Uni dans les prochains mois.

"Tous nos investissements seront financés sans 1 euro de dette supplémentaire", prévient Guillaume Pepy. Une des pistes est de produire moins cher pour vendre plus. Les petits prix devront être plus nombreux. Leur part va doubler. Produire moins cher, c‘est aussi mieux utiliser le matériel, lutter contre les vols. A ce sujet, une décision sera prise avant la fin de l’année 2013 sur l’achat de drones pour surveiller les lignes. Un achat qui pourrait se faire seul ou avec d’autres entreprises comme EDF.

Mais la SNCF doit aussi faire des économies. Cela commence par une baisse des frais de structures de 700 millions d’euros. Mathias Emmerich, le directeur général adjoint aux finances, donne le détail : "300 millions sur les achats qui atteignent actuellement 11 milliards d’euros, 200 millions sur les frais de siège social, établissements et régions, 150 millions d’euros sur les services informatiques et 50 millions d’euros sur l’immobilier". La SNCF devra également économiser 1,3 milliard d’euros à trouver sur chaque activité : vente, services en gare, escales, TER,… et sans doute les effectifs. Si tous les objectifs sont tenus, la SNCF sera prête en 2020 pour affronter la concurrence sans trembler.

Olivier Cognasse

Le fret SNCF sort du rouge écarlate

Le retour à l’équilibre de Fret SNCF, c’est pour 2015-2016. La crise a retardé cet objectif. En 2013, la situation s’est légèrement améliorée. La perte nette ne devrait pas dépasser 300 millions d’euros (450 millions en 2011) et la marge opérationnelle sera de -200 millions. C’est un peu mieux que les dernières années, mais pas de quoi pavoiser… En 10 ans, la dette cumulée atteint 3 milliards d’euros. Pour rendre les résultats moins douloureux, les responsables de la SNCF ne manquent pas de rappeler que la situation est difficile pour tous les opérateurs historiques. En France, les opérateurs privés, malgré un avantage concurrentiel lié à l’organisation du travail, ne gagnent pas non plus d’argent. Dans le projet Excellence 2020, les volumes de frets transportés qui ont atteint leur point le plus bas (22 milliards de tonnes-kilomètres), doivent inverser la tendance avec une progression annuelle de 2 %.

 

 
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